Le mille-feuille libanais

samedi 23 juin 2018

“Vivre ensemble dans l’égalité des droits”, c’est un des enjeux pour venir à bout de nos sociétés racistes et discriminatoires en ce début de XXIe siècle. Au Liban, on ne vit pas exactement ensemble. On vit plutôt côte à côte. Et pas vraiment à égalité, la stratification sociale crève les yeux et est une réalité dans chacune des 17 communautés religieuses officiellement reconnues.

Le 16 mai 1916, en pleine boucherie de 1914-18, les impérialismes français et britanniques se partagent l’empire ottoman, allié de l’Allemagne impériale, alors qu’ils s’apprêtent à envoyer leurs troupes au Proche-Orient. Ce sont les accords Sykes-Picot. Ils resteront longtemps secrets avant d’être révélés par les Bolcheviks juste après la Révolution d’octobre.

Merci la France coloniale !

La zone d’influence française comprend la Syrie et le Liban. Comme les populations locales à qui on a promis l’indépendance ne semblent pas vraiment convaincues par les “bienfaits” de l’Occident, la France va envoyer ses troupes : les grandes villes syriennes sont conquises dans le sang en 1920.

La France compte beaucoup sur les ChrétienNEs du Proche-Orient, particulièrement nombreux dans les montagnes libanaises. Ces ChrétienNEs parlent arabe. À l’exception des maronites, les ChrétienNEs d’Orient avaient assez mal accueilli les Croisés, ceux-ci étant avides de pillage. Mais depuis le XVIe siècle (un accord entre l’empereur ottoman Soliman le Magnifique et le roi François Ier), la France a le statut de “protectrice des Chrétiens d’Orient”. Elle va donc découper une frontière pour fabriquer un territoire où les ChrétienNEs sont, à l’époque, légèrement majoritaire.

Et notre bon pays laïque va fabriquer pour le Liban, à la veille de son indépendance, une constitution abracadabrantesque : 17 communautés religieuses sont reconnues. Le Président de la république doit être maronite, le Premier ministre sunnite, le Président du Parlement chiite, le vice-président grec orthodoxe, le général en chef de l’armée maronite… Si le Liban se dote d’un Sénat, il est déjà écrit que son président sera druze ! Et bien sûr, la communauté religieuse est écrite sur la carte d’identité avec une quasi-impossibilité d’en changer ou de n’en mettre aucune.

Un mélange qui remonte à la Haute Antiquité

Le pays est tout petit : un peu plus de 10 000 km² (l’équivalent de deux départements français), avec de hautes montagnes bien arrosées qui atteignent 3 000 m de haut et un haut plateau à l‘Est (la plaine de la Bekaa). Il a toujours été une zone de passage entre l’Afrique et le Proche-Orient. On trouve à Byblos les traces d’une urbanisation vieille de 10 ?000 ans. Les cèdres de la montagne libanaise ont servi aux grandes civilisations antiques (Égypte, Mésopotamie… ).

Le pays a connu les influences ou les conquêtes égyptienne, hittite, mésopotamienne, perse, grecque, romaine, byzantine, avant l’arrivée des Arabes au VIIe siècle. On retrouve aujourd’hui, sur de magnifiques sites antiques (Byblos, Baalbek, Tyr… ) les traces de ces influences mélangées où des cultures et des religions différentes ont cohabité.

Les Phéniciens, du nom antique de la population de ce territoire, ont été très tôt marins et commerçants. Ils ont établi des comptoirs dans les îles méditerranéennes, à Carthage, en Espagne et jusqu’au Portugal. Leurs descendantEs ont poursuivi cette tradition. Il y a deux fois plus de LibanaisEs hors du Liban qu’au Liban. On les retrouve sur to us les continents.

La région a été très tôt christianisée, mais jamais unifiée au plan religieux. Les Byzantins, entre le IVe et le VIIe siècle après Jésus-Christ, se sont rendu très impopulaires en pourchassant les fidèles d’Églises chrétiennes concurrentes qui ont quasiment disparu ailleurs : Nestoriens, Syriaques, Chaldéens… auxquelles se sont rajoutées plus tard les Églises copte et arménienne.

L’Église majoritaire au Liban est l’Église maronite, du nom d’un ermite nommé Maron qui a vécu au Ve siècle.

Au moment de la conquête arabe, seule une partie de la population s’est convertie à l’islam, les autres restant chrétienNEs.

Très vite, la scission entre sunnites et chiites a eu des répercussions au Liban où ces deux courants religieux ont sensiblement au départ le même poids. Les Druzes, les Alaouites et les Ismaéliens (qui sont issus du chiisme) existent aussi au Liban. Les Druzes (du nom d’un prédicateur du XIe siècle nommé al-Darazi) sont majoritaires dans la montagne du Chouf. Ils n’ont ni liturgie, ni lieu de culte. Seule une minorité connaît la doctrine. Les autres sont druzes par transmission héréditaire. La religion n’est pas prosélyte. Sous l’empire ottoman, ce sont souvent des Druzes qui ont exercé le pouvoir.

Parmi les 17 communautés religieuses, il y a aussi les Juifs/Juives. Ils/elles étaient quelques milliers avant la guerre civile. Il en reste 300 et la synagogue de Beyrouth est fermée.

La guerre civile (1975-1990)

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Parmi toutes les causes de cette guerre, il y a la question palestinienne. Il y a 12 camps de réfugiéEs au Liban qui ont été créés dès 1949. De tous les pays arabes, le Liban est celui qui, à toute époque, a le plus maltraité les réfugiéEs palestinienNEs. Ceux-ci sont des sous-citoyens et la plupart des métiers leur sont interdits. Ils n’ont eu aucune opportunité pour s’intégrer dans la société libanaise.

Après la défaite de 1967, l’OLP a tenté de mener des attaques à partir des pays voisins d’Israël. Les PalestinienNEs ont affronté les troupes du roi Husseïn de Jordanie et celui-ci l’a emporté au moment du massacre de “Septembte Noir” (1970). L’OLP s’est alors repliée sur le Liban.

Les dirigeants israéliens ont cherché des alliés au sein de la mosaïque libanaise et ils en ont trouvé un : les Phalanges Libanaises, parti, fondé par Pierre Gemayel, dont le nom évoque clairement le fascisme et qui recrute principalement dans la communauté maronite. La guerre civile commence avec le mitraillage d’un car palestinien à Beyrouth, le 13 avril 1975, par la milice des Phalanges. Il y a 26 morts.

Très vite, deux camps se forment.

D’un côté, les Phalanges réussissent tant bien que mal à unifier une partie du camp chrétien (les ArménienNEs, qui forment 3 % de la population, refuseront jusqu’au bout d’être enrôlés). Ce camp s’enracine à Beyrouth-Est (le bastion étant le quartier d’Achrafieh), sur la côte au nord de Beyrouth et dans le Mont Liban.

En face, la gauche libanaise et les Druzes dirigés par Kamal Joumblatt s’allient aux PalestinienNEs. Ils tiennent Beyrouth-Ouest, le Chouf, la plaine de la Bekaa, le sud (Saïda et Tyr) et au nord la région de Tripoli. Mais pour aller de Tripoli à Beyrouth-Ouest, il faut prendre le bateau et passer par Chypre.

Des combats terribles ont lieu dans le centre de Beyrouth où les miliciens se tirent dessus à l’arme lourde depuis les tours et les grands hôtels. Des centaines de milliers d’habitantEs fuient les régions tenues par la faction ennemie.

Dans ce combat, la “gauche” semble en mesure de l’emporter. Le dictateur syrien Hafez el-Assad envoie alors ses troupes… au secours du camp chrétien (juin 1976). Il rêve d’annexer le Liban.

Le 12 août de la même année, les miliciens phalangistes utilisent cette aide pour massacrer 2 000 civilEs dans le camp palestinien de Tel al-Zaatar. L’armée syrienne occupe une partie du Liban dont la plaine de la Bekaa. Elle assassine Kamal Joumblatt (16 mars 1977).

Les Phalanges se montreront ingrates vis-à-vis du dictateur syrien. Elles préfèrent l’allié israélien. Celui-ci va une première fois attaquer en 1978, en profitant de la “neutralité” de l’Égypte, uniquement intéressée par la restitution du Sinaï. Les Israéliens envahissent le Sud Liban et y installent l’ALS (Armée du Liban Sud), une milice de collabos. L’ONU installe au Sud-Liban la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban), mais celle-ci n’interviendra que pour empêcher les PalestinienNEs d’attaquer Israël et jamais pour arrêter l’envahisseur israélien. Les Israéliens aident les Phalangistes à essayer de s’implanter dans la Bekaa à Zahlé.

La guerre civile s’étend à l’intérieur de chaque camp. Les Phalangistes liquident en 1978 la famille Frangié qui n’acceptait pas l’alliance avec Israël. La milice chiite Amal commet de nombreux massacres contre les PalestinienNEs.

1982 est l’année du grand basculement. Israël envahit le Sud-Liban qui sera occupé pendant 20 ans. Cette région, majoritairement chiite, avec une minorité chrétienne, sera soumise au colonialisme, beaucoup d’habitantEs travaillant en Israël pour survivre. Les Israéliens attaquent Beyrouth et provoquent le départ d’Arafat et de l’OLP vers le nord du Liban. Les Phalangistes avec l’aide israélienne massacrent plusieurs milliers de civils dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila. Le film allemand Massaker montre les auteurs de ce massacre partir en villégiature à Eilat.

Les Phalangistes pensent avoir gagné dans leur rêve de dominer un État chrétien allié d’Israël. “Leur” président Bachir Gemayel est assassiné (probablement par des militants du Parti Populaire Syrien), mais Beyrouth est occupé par Israël et le Parlement élit comme président le frère Amine Gemayel. Les troupes françaises et les Marines états-uniens débarquent à Beyrouth.

La montée du Hezbollah

Les Chiites représentent aujourd’hui la communauté la plus nombreuse (plus du tiers de la population, 40 % disent certains) et ils ont été écartés du pouvoir. Cette communauté est majoritaire au sud, depuis la banlieue de Beyrouth jusqu’à la frontière israélienne, et dans la plaine de la Bekaa. Le Hezbollah va naître à la fois d’une résistance à l’occupation israélienne et d’une rupture avec le parti qui représentait traditionnellement cette communauté : le parti Amal (dirigé par Nabih Berri) qui s’est attaqué aux camps palestiniens. Les combats entre Amal et le Hezbollah feront des centaines de morts en 1988.

Le Hezbollah va constituer dès le début un axe avec la République Islamique d’Iran et avec la Syrie par laquelle transite son armement. Cet axe n’a jamais cessé de fonctionner depuis.

En 1983, le Hezbollah est l’auteur de plusieurs attentats qui font plus de 300 morts contre les troupes françaises et états-uniennes. Ces troupes quittent le Liban, le Hezbollah gardera le prestige de les avoir chassées.

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La guerre civile continue avec son cortège d’atrocités. Les troupes syriennes pourchassent l’OLP, assiègent Tripoli où Arafat s’est réfugié et obtiennent le départ de l’OLP depuis le Liban vers la Tunisie. Il s’agit d’une défaite majeure pour les PalestinienNEs.

Dans le Chouf, les milices druzes font un véritable nettoyage ethnique meurtrier contre les villages chrétiens, accusés d’avoir collaboré avec les Israéliens.

Petit à petit, un partage du Liban se fait : 20 % sont occupés par Israël avec une résistance menée par le Hezbollah. Le reste est dominé par la Syrie. Le dernier à s’opposer à cette mainmise est le Général Aoun, ancien général en chef de l’Armée libanaise. Il lance ses troupes pour chasser les Syriens. Il est vaincu en 1990 et exilé en France. Les accords de Taëf, patronnés par l’Arabie Saoudite et la Syrie, mettent fin à une guerre civile qui a tué 7 % de la population (l’estimation est de 250 000 mortEs). Cette guerre n’a pas épargné les dirigeants : Kamal Joumblatt, Bachir Gémayel, Tony Frangié, le Premier ministre Rachid Karamé y ont laissé la vie. D’autres suivront après la guerre : Élie Hobeika et Rafik Hariri. La vie politique est souvent clanique au Liban et, dans bien des cas, les fils ont succédé aux pères assassinés. Aucune femme ne joue un rôle central dans la scène politique libanaise.

Une reconstruction mafieuse

L’homme “providentiel” de l’après-guerre est Rafik Hariri. Ce sunnite, qui a fait fortune en étant l’homme à tout faire des féodaux saoudiens, va mélanger pendant toute sa période au pouvoir le budget de l’État et ses intérêts d’homme d’affaire. Beyrouth va devenir un gigantesque chantiers. Les entrepreneurs liés à Hariri vont préférer les démolitions massives à la réhabilitation des logements endommagés. Cette reconstruction va aggraver les inégalités, mais permettre aussi l’apparition de nouvelles grandes fortunes.

On voit partout dans Beyrouth les cicatrices des destructions, une des plus spectaculaires étant la carcasse de l’immeuble qui abritait le quotidien L’Orient-l.e-Jour

Le port de Beyrouth est devenu un parc privé pour riches avec des yachts luxueux. Cette éclosion d’affairistes a accéléré la déliquescence des services publics. De 2015 à 2017, suite à la fermeture d’une décharge, Beyrouth et d’autres villes ont été envahis par des montagnes de déchets. Il y a eu de gigantesques manifestations, toutes communautés confondues, et une solution provisoire, pas vraiment écolo, a été trouvée : entasser les déchets dans des décharges à ciel ouvert en pleine montagne, sans les traiter.

Le pays vit à crédit. Le système bancaire prête facilement, mais est souvent au bord du krach. Le pays vit sous perfusion.

Le système routier est asphyxié, les routes et les autoroutes étant très insuffisantes. L’entrée ou la sortie de Beyrouth (qui concentre avec la banlieue 40 % de la population) est chaotique. Un nuage de pollution stagne en permanence au-dessus de l’agglomération.

Il n’y a plus de voies ferrées, mais un système efficace de minibus permet des transports faciles dans tout le pays.

La défaite israélienne

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Après les accords de Taëf, le Hezbollah a continué à mener son combat pour libérer le Sud-Liban occupé. Yitzhak Rabin est assassiné en 1995 en Israël et son successeur, Shimon Pérès, va faire bombarder la ville de Cana, provoquant la mort de 102 civilEs réfugiéEs dans un camp de l’ONU. Malgré cela, les troupes israéliennes subissent des pertes importantes et leur allié, l’ALS se désagrège. Finalement en mai 2000, l’armée israélienne se retire et 1 ?600 combattants de l’ALS partent en exil en Israël.

Une alliance se dessine alors pour exiger le départ de l’armée syrienne. En 2005, plusieurs assassinats ont lieu. Le plus emblématique est celui de Rafik Hariri (l’attentat fait 18 morts) mais il y aura plusieurs militants de la gauche laïque, dont Samir Kassir et le communiste Georges Hawi, qui seront aussi assassinés.

Qui a commis ces crimes ? L’opinion désigne les services secrets syriens. C’est probable, mais pas certain. En tout cas, les troupes syriennes (14 ?000 hommes) doivent quitter le Liban (26 avril 2005).

Le gouvernement israélien pense alors que l’heure est venue de prendre sa revanche et d’en finir avec le Hezbollah.

Dans cette guerre de 33 jours (12 juillet-14 août 2006), l’aviation israélienne va pulvériser le sud du Liban. Mais elle va échouer à tuer Hassan Nasrallah, le dirigeant du Hezbollah. Elle n’arrivera pas à empêcher celui-ci de lancer des roquettes meurtrières sur le territoire israélien. Et la tentative d’invasion terrestre tournera au fiasco. Au bout du compte et malgré de lourdes pertes, le Hezbollah sort renforcé. On voit un peu partout, à Tyr, à Baalbek, dans les mosquées chiites, les photos des “martyrs”.

Le Hezbollah a trouvé un solide allié dans le camp chrétien avec le général Aoun. Il a acquis un prestige au-delà de la communauté chiite. De toutes les milices qui ont participé à la guerre civile, le Hezbollah est seul à conserver son armement. Aujourd’hui, au Sud, il y a un “musée de la résistance” qui exhibe les armes prises à l’ennemi. L’Iran a construit sur la frontière israélienne un “parc de l’Iran” d’où les réfugiéEs palestinienNEs peuvent contempler leur patrie toute proche.

L’amnistie a permis le retour de la plupart des déplacéEs de la guerre.

Et aujourd’hui ?

La guerre civile a éclaté en Syrie en 2011. Le Hezbollah a engagé sa puissance militaire au côté de la dictature et il a joué un grand rôle dans le sauvetage d’Assad. Le Front al-Nosra a tenté une incursion dans le nord de la Bekaa, mais il a été repoussé par une action conjointe du Hezbollah et de l’armée libanaise.

Parmi les 5 600 000 habitantEs du Liban, il y a (officiellement) 1 ?300 ?000 réfugiéEs syrienNEs. Ceux/celles-ci vivent très souvent dans des conditions misérables. Quand ils/elles trouvent du travail, ce sont souvent des petits boulots mal payés. Contre eux/elles, on entend tous les stéréotypes racistes habituels : “ils prennent nos emplois, sont sales et utilisent gratuitement nos hôpitaux”, nous disait une professeure maronite qui avait fait ses études en France.

Sur les marchés, on trouve de plus en plus de légumes et de fruits venus de Syrie. On a même rencontré (avril 2018) un groupe de lycéenNEs de Homs en visite dans le musée archéologique de Beyrouth.

Les PalestinienNEs sont toujours aussi discriminéEs. Ils sont 174 ?000 dans 12 camps, auxquels il faut rajouter celles et ceux qui ont pu sortir des camps. Pour la première fois depuis sept ans, la “marche du retour” a été autorisée le 30 mars (“journée de la terre”) à la frontière israélienne. C’était le jour du premier massacre à Gaza. L’armée libanaise et le Hezbollah étaient là pour empêcher les manifestantEs d’approcher de la frontière et il n’y a pas eu d’incident.

On discute beaucoup politique dans les camps. Certains animateurs du forum des réfugiéEs militent pour “un État unique laïque et démocratique”.

Il y a incontestablement une cohabitation dans le Liban. On entend l’appel du Muezzin dans le quartier chrétien d’Achrafieh. Et dans les villes chiites de Tyr ou Baalbek, il y a des filles en minijupes. Les églises sont fréquentées et on entend dans la rue la bourgeoisie chrétienne éduquer ses enfants en français.

Les religions cohabitent. On voit des femmes voilées dans les églises, car les religions chrétiennes et musulmanes ont souvent les mêmes saints.

Les élections viennent d’avoir lieu. On est loin du système “une personne = une voix”. On vote de façon très compliquée par circonscription et par communauté religieuse. Des alliances curieuses se sont créées. Avant les élections, le roi d’Arabie Saoudite avait littéralement kidnappé le Premier ministre Saad Hariri, espérant relancer une crise qui se retournerait contre le Hezbollah.

La manœuvre a échoué. Les élections ont connu une importante abstention (50 ?%). Hariri est le principal perdant (il perd un quart de ses députés). L’alliance Hezbollah-Aoun est majoritaire, mais le système confessionnel fait que tout ce joli monde doit cohabiter au pouvoir. Deux femmes se sont présentées, hors système confessionnel. Elles ont été élues.

Pour ces élections, on a vu partout les photos des assassinés (Kamal Joumblatt, Bachir Gemayel…) ou celles des assassins (Samir Geagea). Un de nos chauffeurs de taxi, aux propos inquiétants, s’extasiera devant ce portrait : “c’était mon chef”.

Les rues des grandes villes sont à l’unisson : en quelques kilomètres, on passe de la corniche Pierre Gemayel à Beyrouth-Est à la rue Hafez el-Assad à Tyr.

Aussi bancal que soit l’équilibre actuel, le visiteur qui arpente le Liban découvre un pays magnifique, charmant et surtout pluriel.

Pierre Stambul


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