Un mois dans le monde

mercredi 30 mai 2018

Hongrie

Viktor Orban détient les 2/3 des sièges au Parlement et sa principale opposition, c’est le parti néo-fasciste Jobbik. La gauche émiettée n’existe plus qu’à Budapest. La population n’est pas résignée. Plus de 100 000 manifestantEs sont descenduEs dans la rue pour réclamer des médias pluralistes, une nouvelle loi électorale et la démocratie. Au passage, ils/elles accusent Orban de fraude.

Lula

Le coup d’État rampant n’est pas achevé au Brésil. Dilma Rousseff destituée, Marielle Franco assassinée, le président Michel Temer toujours en place malgré des casseroles impressionnantes en termes de corruption, il restait un os important : Lula. L’oligarchie a bien verrouillé les choses et il y a eu une (courte) majorité (six voix contre cinq) à la Cour suprême pour décider l’incarcération pour 12 ans de Lula. Le prétexte ? Lula et son parti, le Parti des Travailleurs ont effectivement mis les mains dans le pot de confiture. Leur stratégie n’a jamais été d’affronter l’oligarchie, mais de lui faire des sourires et de redistribuer (un peu, pas trop) les fruits de la croissance quand il y a eu croissance.

La plus grande entreprise du pays (Petrobras, qui appartient en théorie à l’État) a mis au point depuis des décennies des méthodes de corruption et de blanchiment d’argent très sophistiquées. Lula en a bénéficié comme toute la classe politique. L’oligarchie n’a eu qu’à choisir qui sanctionner : Lula est en prison, la droite et les dirigeants de Petrobras sont en liberté.

Pourquoi cet acharnement ? Malgré toutes les désillusions de la période Lula, les travailleurs brésiliens croient encore qu’il est le dernier rempart contre l’oligarchie. Les sondages montrent que, s’il peut se présenter, il gagnera les prochaines élections.

J’ai fait un rêve

Kim Jong-un et Donald Trump se rencontrent sur un bateau, le bateau coule, il n’y a pas de rescapé et l’humanité est sauvée. Réveillons-nous, ce n’est qu’un rêve. Pourquoi, après des années de rodomontades guerrières, ces deux hommes en arrivent à s’entendre ? Côté Trump, il n’a pas réussi à entraîner la Chine dans sa croisade. Il n’a pas réussi non plus à entraîner la Corée du Sud où l’ancienne présidente, corrompue, est en prison et le nouveau président est un pacifiste.

Du côté nord-coréen, c’est la victoire. Le dirigeant héréditaire de ce “meilleur des mondes” a analysé ce qui s’est passé en Irak ou en Libye. Comment éviter pour lui une telle issue ? Par le chantage : “tu ne veux pas de ma bombe atomique ? C’est simple, tu signes la garantie de ma survie”. Et ça a marché. Elle est pas belle, la vie ?

Syrie

Colère contre celles et ceux qui, y compris dans notre camp, doutent encore du caractère totalement criminel du régime d’Assad. Oui, ce régime et son allié russe ont utilisé des armes chimiques dans la Ghouta. Ce n’était pas la première fois. Ce qui s’est passé n’a rien à voir avec la fable des “armes de destruction massive” attribuées autrefois à Saddam Hussein. Que celles et ceux qui font du négationnisme sur Assad essaient d’expliquer pourquoi le camp palestinien de Yarmouk (où ne vivent plus que quelques milliers de personnes) est assiégé par les troupes d’Assad d’un côté et de Daesh de l’autre depuis des années. Depuis le 19 avril, l’armée du régime syrien, appuyée par l’aviation russe, bombarde systématiquement ce qui reste du camp.

Colère contre l’impérialisme occidental. Les pitreries des bombardements franco-anglo- américains sont tragiques. On pourrait rigoler sur les missiles français (chacun coûte 1300 salaires annuels d’une infirmière) qui se sont enrayés. Cette “riposte” n’a bien sûr rien à voir avec la morale affichée ou avec les droits de l’homme quand on sait que ce camp est celui d’Erdogan et du roi d’Arabie Saoudite. Elle a un seul sens : quand on dépècera ce qui restera de la Syrie, les impérialistes veulent leur part.

Notre ami le roi

Il s’appelle MBS pour les intimes. Mohammed Ben Salmane a été reçu en grande pompe par Macron. Ce roi est décrit chaleureusement comme un “réformateur” par les chantres de la “guerre du bien contre le mal”. “Rendez-vous compte”, s’écrie Bernard Kouchner, “il permet aux Saoudiennes de conduire” ! C’est surtout un grand acheteur d’armes et l’allié indéfectible de l’Occident, Israël compris, au Proche-Orient. Grâce à lui, suite aux bombardements massifs de l’aviation saoudienne, quatre Yéménites sur cinq ne survivent qu’avec l’aide alimentaire. Plusieurs ONG (Amnesty International, Human Rights Watch…) se sont adressées à Macron : “il ne mérite ni tapis rouge, ni légion d’honneur…”.

Touche pas à mes migrantEs

La France comme l’Italie ont des comportements totalement honteux et criminels contre les migrantEs. Dans cette ambiance de chasse aux clandestinEs, les deux pays sont entréEs en conflit. Dans leur zèle, les douaniers français ont envahi les locaux d’une ONG italienne à Bardonecchia (Italie) et ont forcé un Nigérian à un contrôle urinaire. Cette intrusion tourne à l’incident diplomatique avec plainte juridique contre l’État français. La loi permet de faire crever des NoirEs, mais pas de toucher à la souveraineté du voisin.

Israël

Le nombre de militantEs refouléEs à l’aéroport de Tel-aviv augmente. Dernière victime, le maire communiste de Gennevilliers.

Par contre, il y a des gens dont la venue est souhaitée en Israël qui ne veulent plus venir. L’actrice Natalie Portman, née à Jérusalem, a refusé d’aller en Israël pour recevoir un prix. Elle n’est pas pour le boycott, mais elle refuse de cautionner la politique de Nétanyahou : “les mauvais traitements de ceux qui souffrent des atrocités d’aujourd’hui ne sont pas en accord avec mes valeurs juives”.

Tarnac

L’imagination débordante de nos chers pandores “antiterroristes” aura eu ses limites juridiques. Souvenons-nous qu’il y a dix ans, la ministre de l’Intérieur Alliot-Marie se vantait que ses services avaient démantelé un noyau dur de l’ultra-gauche tourné vers la lutte armée. Cette fois, elle n’est même pas venue “témoigner”. La morale ? Il ne faut jamais croire les ministres de l’Intérieur.

Pierre Stambul


Brèves

8 décembre 2017 - Réunion publique - jeudi 14 décembre à 19h - Après les récentes défaites de Daesh, où va la Syrie ?

Réunion publique avec :
Joseph Daher, militant syrien originaire d’Alep
Sakher Achawi, (...)

7 juillet 2017 - RELAXE POUR ELIE DOMOTA !

Message de soutien d’Émancipation à Élie Domota
Le syndicaliste guadeloupéen Élie Domota, (...)

14 février 2017 - Réunion publique - Jeudi 23 février à 19h - Alep : un tournant ?

Résistances populaires en Syrie et manœuvres internationales
Réunion publique avec :
Ziad (...)