Brèves féministes (avril 2018)

mardi 1er mai 2018
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Femmage à Marielle Franco, figure du militantisme brésilien

Un assassinat politique révèle deux choses : qu’il est des vies dont on juge qu’elles sont moins dignes, moins importantes que d’autreset qu’il est des combats qui dérangent, qui n’ont pas leur place dans le monde actuel où règnent capitalisme, corruption et domination. L’exécution de Marielle Franco, militante noire, lesbienne et féministe, en est le tragique exemple. Jeune militante des droits de l’homme, défenseure des minorités – politiques, ethniques, socio-économiques, de genre – Marielle Franco représentait au Brésil la montée en puissance d’un mouvement contestataire, déterminé à lutter contre toutes les formes d’oppression. Sociologue et membre du Conseil municipal de Rio de Janeiro comme représentante du Parti socialisme et liberté (PSOL) depuis janvier 2017, sa première mesure avait consisté à rendre possible l’extension des heures d’ouverture des crèches, afin de permettre aux mères travaillant loin (et notamment les femmes se déplaçant dans les quartiers aisés – parfois à près de deux heures de transport de chez elles – où elles sont employées pour les tâches ménagères) de faire garder leurs enfants tard le soir.

Mais la première de ses luttes, celle qui l’avait menée à l’activisme, était dirigée contre les corruptions et violences policières et miliciennes. Elle dénonçait notamment avec force la décision d’une intervention militaire pour sécuriser Rio, qui, sous couvert de remédier à l’augmentation des violences liées au trafic de drogue, ne viendrait que renforcer les violences policières déjà trop présentes sur le territoire.

Et en effet, ça n’est pas une balle perdue qui a tué Marielle Franco. Sa mort est politique et c’est ce qui pourrait faire émerger et s’étendre la révolte des opprimé-es qu’elle défendait et qui commencent à s’organiser depuis son meurtre.

Karine

Cantat et autres consorts

Bertrand Cantat a pignon sur rue : alors qu’il a tué sa compagne Marie Trintignant et que sa femme s’est pendue suite aux violences qu’il lui a fait subir, cet homme continue en toute tranquillité à sévir dans les milieux musicaux. Il est considéré comme psychologiquement immature ! Comment peut-on cautionner le comportement de ce genre d’individus ? Sous couvert de liberté d’expression on accepte que des personnes dangereuses parlent de leur mal-être et on oublie les femmes qui sont mortes sous leurs coups !

On oublie tout pareil les textes ignobles de la Chanson “J’aime pas la Saint valentin” du rappeur Orelsan (Mais ferme ta gueule ou tu vas t’faire Marie Trintignier), suivis quelques temps plus tard par une autre chanson tout aussi nauséabonde “Sale pute”. À deux reprises, le chanteur sera accusé d’incitation à la haine et à la violence contre les femmes par plusieurs associations féministes.

C’est le même rappeur qui vient d’être nominé aux 33e victoires de la Musique de février dernier… On connaît déjà l’impact auprès des jeunes (et pas que) que peuvent avoir les réseaux sociaux, sur lesquels circulent ses clips et ses chansons mais avec ces récompenses, on est devant une “consécration” du chanteur. C’est pour le moins consternant, même si, paraît-il, son dernier album ne s’inscrit pas dans la continuité des précédents.

Les incitations aux violences contre les femmes ne pèsent visiblement pas bien lourd et on les oublie bien vite... C’est triste et choquant de constater que des femmes cautionnent ces comportements et au lieu de soutenir les féministes qui dénoncent la violence de ces agissements soutiennent ces machistes sous couvert de liberté d’expression !

Isabelle


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