L’égalité au travail : c’est pô gagné !

Tribune féministe
samedi 21 avril 2018
par  Catherine

Contrairement à ce qu’on pourrait penser et malgré une légère amélioration ces dernières années, l’égalité femmes/hommes au travail est loin d’être un acquis sur lequel les femmes peuvent compter, que ce soit dans le domaine du salaire ou dans celui des emplois proposés entre autres…

Salaires : les inégalités sont tenaces !

Même si les inégalités se réduisent depuis la fin des années 2000, elles sont encore tenaces. Si l’on fait référence à la Bretagne qui s’en sort plutôt bien par rapport au reste de la France, celles-ci sont passés de 24,4 % en 2009 à 21,1 % en 2015. Une partie de cet écart s’explique hélas par le fait que les femmes travaillent en majorité à temps partiel puisque cela concerne 30 % de femmes et seulement 5 % d’hommes. Du coup, le différentiel se réduit mais reste tout de même conséquent : 18,7 %. En Bretagne, les femmes s’en sortent plutôt bien, si l’on peut écrire cela puisque les hommes bénéficient d’un salaire moindre que dans les autres régions de France.

C’est dans le Sud de la France et à l’Est que les écarts sont les plus importants puisqu’ils avoisinent les 21 %.

Mais que l’on se rassure, les jeunes générations sont beaucoup moins concernées : l’écart n’est que de 7 % pour les moins de 25 ans tout du moins pour celles et ceux qui trouvent du travail !

Et en matière d’emploi ?

Les femmes travaillent autant que les hommes : l’écart entre le taux d’emploi des femmes et celui des hommes n’est que de 4,5 points. Et merci le gouvernement, les femmes travaillent de plus en plus longtemps ! Parmi les 55-64 ans, 40,2 % des femmes exercent un emploi contre 43,1 % des hommes. Elles partent de plus en plus tard à la retraite puisque la majorité quitte son travail à 62 ans.

Et le chômage ?

Là, l’égalité est gagnée. L’écart est pratiquement inexistant !

L’injustice de telles discriminations

42 % des femmes ont des diplômes d’enseignement supérieur contre 33 % des hommes. Or elles ont beaucoup de mal à avoir accès à des métiers les rétribuant à hauteur de leurs compétences et se retrouvent la plupart du temps cantonnées dans des métiers dits féminins à savoir à caractère médico-social. 90 % des emplois d’aide à la personne, la plupart mal rémunérés voire payés à coups de lance-pierres, sont réservés aux femmes.

Rassurons-nous, l’État va mettre en place une série de mesures qui pénaliseront les entreprises de plus de 50 salariéEs. Elles subiront une pénalité financière qui pourra aller jusqu’à 1 % de leur masse salariale. Cette mesure sera mise en place en 2022 ! Et les contrôles seront multipliés : cela pour nous rassurer bien sûr.

L’inégalité dans le travail entre les femmes et les hommes a encore de “beaux jours devant elle” !

Isabelle Quinton

L’Émancipation syndicale et pédagogique – 3/04/2018 - page II (10)


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