Brèves féministes (février 2018)

dimanche 4 mars 2018
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

30 ans de prison pour une fausse couche

C’est la condamnation qui a été reconfirmée pour Teodora Vasquez, une jeune Salvadorienne, il y a quelques semaines, alors qu’elle a déjà passé dix ans en prison. Retour sur les faits : en 2007, enceinte de neuf mois, Teodora fait un malaise dans les toilettes à son travail. Elle appelle les urgences mais n’obtenant pas de réponse, elle est victime d’une grave hémorragie et accouche d’un bébé mort-né. Dénoncée à la police par un collègue, elle est arrêtée et condamnée pour… homicide.

Le Salvador est un des pays où les lois anti-avortement sont les plus strictes : deux à huit ans de prison sont prévus. Dans les faits, la justice condamne à des peines encore plus lourdes. Dans ce pays où l’avortement reste interdit même si la vie de la mère est en danger et même en cas de viol, la perte d’un bébé est considérée comme “homicide aggravé” ce qui entraine une peine de 30 à 50 ans de prison. Ainsi, une étudiante de 18 ans a été condamnée en 2016 à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir fait une fausse couche suite à un viol qu’elle avait subi quelques mois plus tôt.

Plusieurs organisations internationales ont apporté leur soutien à Teodora. Sa condamnation a choqué le pays et des femmes salvadoriennes ont manifesté leur colère face aux décisions des juges : “Une fois de plus nous sommes convaincues que les femmes vont continuer à se battre parce que c’est une injustice !La justice condamne tellement de femmes de manière injuste”.

Au moins 26 femmes sont emprisonnées en ce moment pour avortement ou fausse couche.

Elle a giflé un soldat ? Violez-la !

Ahed Tamimi va avoir 17 ans. Elle habite Nabi Saleh, un village de Cisjordanie balafré par le mur. Elle appartient à une famille de résistantEs.

Déjà, il y a deux ans l’inénarrable David Pujadas s’était distingué par une belle beauferie à son égard : “L’image est une arme au moins aussi efficace que les fusils. Celle-ci a fait le tour du monde. Regardez, des boucles blondes, un visage d’ange […] Héroïne ou enfant manipulée ? La fabrique d’une histoire…”.

Le 15 décembre dernier, l’armée israélienne entre dans Nabi Saleh et tire sur le cousin d’Ahed (15 ans) en le blessant grièvement. Quand l’armée entre dans la maison d’Ahed, celle-ci gifle un soldat.

Sacrilège ! Elle a osé s’en prendre à un représentant de la prétendue “armée la plus morale du monde”. Ahed est arrêtée et on lui prépare un procès qui devrait la maintenir longtemps en prison. Son nom s’ajoute aux 700 enfants, souvent très jeunes qui sont dans les geôles israéliennes.

Mais ça ne suffit pas ! Dans le quotidien Maariv, le journaliste Ben Caspit estime que cette atteinte à la “virilité” des soldats est intolérable : “Nous devrions lui faire payer le prix à une autre occasion, dans le noir, sans témoins ni caméras”.