Cachan : un logement, des papiers, une école, pour tous

jeudi 5 octobre 2006
par  QD, Administrateur

(article publié dans la revue "L’Emancipation syndicale et pédagogique", numéro 2 d’octobre 2006)

(article téléchargeable en PDF avec le reste de la revue à cet endroit)

Cachan : un logement, des papiers,

une école, pour tous

Depuis presque quatre ans, un bâtiment de la Cité Universitaire de Cachan (94) était occupé par des familles principalement africaines. Beaucoup de personnes étaient en situation régulière, travaillaient, les enfants étant scolarisés Ce squat "des 1000 de Cachan" constituait une convergence exemplaire des luttes pour la régularisation des Sans papiers, du droit au logement et contre les discriminations.

Fortement organisés, les occupants avaient élu des délégués travaillant avec un comité de soutien. De difficiles négociations avaient commencé avec la préfecture sur le relogement.

L’expulsion de la Cité Universitaire
A la demande du recteur d’académie de Créteil, le 17 août dernier, plus de 600 CRS et gardes mobiles envahissent le bâtiment F. Les justifications "d’insécurité", "d’exposition à l’amiante" et "de risque de saturnisme infantile" sonnent faux. En effet, le bâtiment construit en 1959, dispose de trois cages d’escalier, et de larges couloirs de distribution, il n’y a de l’amiante qu’au sous-sol, et la peinture au plomb est interdite depuis 1948. L’avant-veille, le Ministre de l’Intérieur avait annoncé son intention d’expulser les sans papiers rejetées par les préfectures. Les "1000 de Cachan" sont en réalité les victimes de la politique répressive du gouvernement et de Sarkozy.

Les forces de police procèdent à l’évacuation en triant d’une part une cinquantaine de célibataires sans titre de séjour, placés en centre de rétention et d’autre part les familles avec enfants. Celles-ci sont conduites dans des hôtels réquisitionnés directement par le ministère de l’Intérieur. Des familles ont refusé les hôtels proposés par le préfet aux quatre coins de l’île de France. En effet comment vivre dans des chambres de 9m² à 5 ou 6, loin des commerces et des lieux de travail et des écoles, sans pouvoir cuisiner. De plus, l’hôtel c’est la dispersion loin des solidarités et c’est la menace d’être arrêtés comme cela s’est produit pour plusieurs expulsés aujourd’hui reconduits sans ménagement dans leur "pays d’origine".

Un groupe de 120 personnes occupe le trottoir devant le bâtiment. Le lendemain, la police tente une brutale intervention de dispersion. La détermination est telle qu’après négociations avec la préfecture, le maire de Cachan propose un hébergement provisoire dans un gymnase proche.

La situation actuelle
Ainsi, depuis plus d’un mois, la situation est bloquée. Les occupants refusent les propositions d’hébergement pour les familles régularisées par solidarité avec les autres sans titre de séjour.

Cette unité est une des forces de ce mouvement. Le maire de Limeil-Brévannes (94) propose l’utilisation de bâtiments sur sa commune, les "1000 de Cachan" sont d’accord, le Préfet refuse. La justice est saisie en vain. A ce jour, 6 personnes sont en grève de la faim depuis plus de 40 jours.

Une forte solidarité de proximité s’est installée. Un comité de soutien très large intervient. Le Conseil Général et des communes voisines sont fortement impliqués. Plusieurs manifestations dont une nationale ont été organisées.

Les conditions de vie dans et aux alentours du gymnase sont très dures : promiscuité, problèmes sanitaires, problèmes des enfants. Les occupants subissent quotidiennement un harcèlement policier : contrôle des papiers, violences, arrestations y compris devant les écoles. Un accompagnement des élèves s’est imposé.

Un enjeu politique réel
Par cette opération, le ministre de la chasse aux enfants et du déménagement du territoire a voulu faire un signe fort vers la frange droite-droite de son électorat potentiel. Il a échoué, cette opération ne se solde que par 11 expulsions hors des frontières et les "1000 de Cachan" sont toujours là. Nous ne pouvons pas accepter, qu’à des fins électorales, il utilise l’appareil d’Etat pour créer désordres et illégalité accrue. Il stigmatise une partie de la population qui vit dans notre pays et dont les enfants sont dans nos classes. Nous ne pouvons pas laisser faire ça. Cet été, la mobilisation autour de la régularisation des familles avec enfants scolarisés a permis de faire reculer le gouvernement et de mettre en débat ces sujets. Les solidarités se sont considérablement élargies particulièrement localement. Le soutien national pour les "1000 de Cachan" est une étape dans la lutte contre les discriminations et la répression.

Exigeons avec le collectif des "1000 de Cachan" la régularisation des sans papiers, la libération des personnes toujours détenues, le relogement de tous les squatteurs du bâtiment et le respect du droit à l’école dans de bonnes conditions pour les enfants.

Les "1000 de Cachan" sont très déterminés, car leur vie et l’avenir de leurs enfants en dépendent. Il faut sortir de l’impasse créée par l’Etat et le gouvernement. Notre solidarité est la meilleure réponse. Passez au gymnase, proposez votre aide, participez aux prochaines manifestations…

Signez la pétition en ligne : http://www.squatcachan.ras.eu.org/

Envoyez vos chèques de soutien financier à l’ordre de la L.D.H. 34 rue Jean Jaurès 94240 L’Haÿ les Roses.

Votre soutien sera décisif pour pousser le Préfet et le gouvernement à accepter les demandes légitimes des expulsés.

Annick CHAMPEAU

Val-de-Marne


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