Violences policières, que faire ? Mais que fait la police ?

mercredi 20 septembre 2017

Les violences d’État, dont font partie les violences policières, vont toujours croissant depuis les années 80, dans notre pays. Elles s’exercent en particulier sur les jeunes, les migrant-e-s, les “indésirables”, les résistant-e-s à l’ordre établi.

Une frontière a été franchie dans les années Sarkozy puisque la police a été dotée d’armes létales, notamment les fameux flashball remplacés par des “Lanceurs de balles de défense” , plus puissants, plus précis.

Une police toute puissante

Ces LBD permettent à des policier-es, cagoulé-es d’être dans une toute puissance pour menacer de mutilation, de mort, qui bon leur semble. Quand on a le doigt sur la gâchette, on est toujours dangereux-se ! Il s’agit désormais, non plus seulement de disperser, d’éloigner les personnes mais bien de terroriser, de blesser, d’éborgner, de tuer.

Cette arme a notamment été expérimentée (!) sur des lycéens en mouvement contre la LRU, le 27 novembre 2007, à Nantes (1).

Depuis, et durant la gouvernance “socialiste”, ces armes ont continué de faire de nombreux blessés graves, en particulier dans les quartiers populaires, et dans les manifestations.

L’état dit d’urgence instauré depuis bientôt deux années, et en passe de devenir l’état permanent, n’a eu aucune efficacité concernant le “terrorisme”, en revanche il a permis à l’État de transgresser les dispositifs juridiques démocratiques pour assigner, réprimer et de fait il a donné un signal réactivé aux “forces de l’ordre” concernant leur impunité, quel que soit leur non respect des règles déontologiques propres à leur profession.

Les très nombreux/ses blessé-es, parfois gravement, lors du mouvement contre la “loi travail” illustrent cela, et l’appareil judiciaire suit l’appareil policier dans presque toutes les situations : il condamne les manifestant-es et renonce à poursuivre, ou prononce des non-lieux contre les policiers et gendarmes violents. Pour illustration, la décision odieuse et inique concernant Rémi Fraisse, tué par un gendarme, à Sivens. De même le parquet de Nantes a prononcé un non lieu après que trois personnes aient été éborgnées par la police lors de la manifestation du 22 février 2014 contre l’aéroport de NDDL...Est-ce acceptable ?

Quelles réactions syndicales et associatives ?

Le texte “sécurité publique” passé en février 2017, en procédure accélérée à l’Assemblée alors majoritairement “socialiste”, et ce en présence de quarante députés sur 577 (seuls cinq d’entre eux s’y sont opposés...) consacre désormais la “légitime défense” à tout coup, y compris pour “protéger un territoire”, autrement dit, il serait permis de tuer sur les ZAD, sans être inquiété d’aucune manière par la justice (2) !

Face à cela, en cette rentrée 2017, il semble que la société civile soit majoritairement atone, installée dans une forme de consentement orchestrée par les médias dominants, et il semble que les contre-pouvoirs syndicaux et associatifs ne soient plus en capacité de réagir et d’intervenir de manière vigoureuse et efficace.

L’ACAT, association chrétienne pour l’abolition de la torture, a porté une campagne vigoureuse contre cette politique et ces pratiques liberticides, mais cela n’a pas suffi pour stopper cette logique anti démocratique qui est véritablement “en marche” !

S’organiser collectivement

L’Assemblée des blessé-es par la police, en lien avec différents collectifs et personnes, travaille depuis plusieurs années à s’organiser : ne pas rester isolé-e, s’épauler pour les démarches juridiques, échanger les conseils médicaux, systématiquement photographier, filmer, écrire, recueillir des témoignages, être en lien avec les “street medic”. Il y a aussi le projet de faire vivre un réseau des bars solidaires contre les violences policières, et celui d’une caravane d’informations et d’actions.

L’interpellation des élu-e-s, du défenseur des droits, qu’il faut continuer, a cependant montré ses limites.

S’organiser pour porter plainte collectivement, directement au Parquet, comme cela a été fait le 1er juillet 2016 par onze blessé-es à Nantes où le Parquet vient de répondre qu’il n’y a avait pas motif à poursuivre, malgré les preuves fournies.

Luc Douillard avait adressé une lettre-pétition à Mme Taubira, restée sans réponse. Il y demandait l’ouverture systématique d’enquêtes en cas de suspicion de violences policières, confiées à des juges d’instruction indépentantEs. C’est toujours d’actualité !

L’Assemblée des blessé-es par la police est présente chaque été au rassemblement à Notre-Dame-des-Landes, et invite tout le monde à s’impliquer davantage dans cette bataille, là où on est, sans attendre, s’organiser, recueillir des témoignages, ne pas accepter l’inacceptable. Voilà un site ressource : https://assembleedesblessés.antirep.net

L’Assemblée des blessé-es 44

(1) voir numéros de la Revue qui en parle et livre l’Arme à l’œil !

(2) voir le texte-pétition resté sans écho : “stopper les armes c’est cela l’urgence”.