Dans la guerre sociale, passer à la contre-offensive dès la rentrée

samedi 9 septembre 2017

Le pouvoir en place, plus que jamais au service du patronat et des actionnaires, continue la politique de guerre à l’extérieur entamée par les gouvernements précédents en même temps qu’il poursuit la répression des mouvements sociaux. Il a mis à profit la période estivale pour faire adopter la prolongation de l’état d’urgence, en attendant de le pérenniser dans le droit commun, ainsi que la nouvelle “loi travail XXL”. Pour ce faire il a usé de tous les leviers possibles pour accélérer et achever avant la rentrée le processus parlementaire, ainsi que les ordonnances, en se prévalant d’un dialogue social qui n’est qu’une imposture et à laquelle se sont prêtées la plupart des directions syndicales.

Sous prétexte de “rénover notre modèle social” et de l’“adapter au monde d’aujourd’hui et de demain”, c’est bien d’une nouvelle phase de la guerre sociale du capitalisme qu’il s’agit, opposant “ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien” (discours de Macron à Rennes), dont l’objectif est d’achever la destruction de ce qui reste des droits et des acquis sociaux commencée sous les quinquennats précédents.

Contre la mondialisation capitaliste mise en œuvre notamment par le FMI, la commission européenne, le gouvernement actuel, qui généralisent la concurrence de touTEs contre touTEs et organisent le dumping social, contre cette offensive globale qui vise toutes les catégories de la population, il s’agit d’ouvrir la perspective d’une alternative anticapitaliste, avec notamment la socialisation sous contrôle démocratique des entreprises, l’expropriation des banques et institutions financières. C’est ce que Émancipation tendance intersyndicale défend dans le mouvement social et les mobilisations, en revendiquant dans l’immédiat, pour touTEs, la défense et la conquête de droits imprescriptibles : logement, revenu décent, droit au travail, à la santé, à l’éducation, liberté de circulation et d’installation. Contre le remplacement du financement de la sécu par les cotisations salariales et patronales par un financement par l’impôt via la CSG, il faut obtenir le maintien et l’amélioration de la protection sociale gérée par les travailleurs et travailleuses : sécurité sociale à 100 ?%, arrêt et restitution des exonérations patronales, retraite à 60 ans à taux plein avec 37,5 annuités, sans décote.

La fin du code du travail

L’examen par les députéEs de la loi d’habilitation, lançant le processus de casse du code du travail par ordonnances du gouvernement Macron, a commencé dès le 10 juillet, alors même que les “concertations” avec les “partenaires sociaux” n’étaient pas terminées. Cette loi conduit à la destruction du code du travail, par l’inversion des normes qui privilégie les accords d’entreprise, même quand ils sont plus défavorables, sur l’accord de branche. L’accord d’entreprise pourra permettre de remplacer le CDI par le “contrat de projet”, ainsi que la multiplication et le renouvellement des CDD pour unE même salariéE et un même poste. Elle revient sur le compte pénibilité (prétendument arraché par la CFDT pour casser la mobilisation contre la loi Travail) en reprenant les revendications du MEDEF, la fusion des instances représentatives du personnel pour les réduire, le recours au référendum d’entreprise à l’initiative du patron pour court-circuiter les organisations syndicales. Elle prévoit également le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement reconnu abusif.

Face à ces attaques, il faut lutter pour obtenir l’abrogation de la loi El Khomri, de la loi d’habilitation et le retrait des ordonnances, ce qui doit conduire au retour à la hiérarchie des normes, au maintien des instances représentatives, au non plafonnement des indemnités prud’homales. Contre le “contrat de projet” qui ne serait qu’une nouvelle forme de CDD avec moins de garanties, contre la flexibilité et la précarité, il faut un véritable CDI pour touTEs, l’interdiction des temps partiels imposés, de l’intérim, de la sous-traitance, l’interdiction des licenciements. Il s’agit aussi de dénoncer l’acharnement contre les chômeurs et chômeuses, et de revendiquer le droit à une indemnisation pour touTEs au moins égale aux actuelles, et qui permette de vivre dignement, avec l’augmentation budgétaire que cela suppose.

Défendre les services publics c’est défendre les droits sociaux

Les attaques contre les services publics participent de la même offensive générale du capitalisme néolibéral. Sous prétexte de rembourser une dette qui vient alimenter les profits de la finance internationale, il s’agit de détruire les services publics qui ont pour mission l’accès de touTEs aux droits sociaux fondamentaux, par la baisse des moyens, la dérèglementation et la mise en concurrence généralisée. Pour les personnels cela se traduit par le démantèlement des protections statutaires, la baisse du pouvoir d’achat, la précarisation, une souffrance professionnelle croissante.

Résister partout

Dans les instances syndicales où elle intervient, comme dans les assemblées générales, Émancipation tendance intersyndicale milite pour la défense et l’amélioration des services publics (santé, justice, la Poste, éducation,…). Contre les suppressions de postes, elle revendique la création de tous les postes nécessaires, la titularisation immédiate de touTEs les non titulaires, sans condition de concours ni de nationalité. Contre le blocage des salaires, elle défend une augmentation uniforme pour touTEs de 400 € en points d’indice, pas de salaires inférieurs à 1700 € net. Contre la mise en concurrence des personnels, l’éclatement catégoriel et les promotions au mérite, elle demande la suppression de l’évaluation et de l’entretien professionnel, la dénonciation des accords PPCR (Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations), que le pouvoir actuel transforme encore plus en aumône. Elle milite pour un corps unique des fonctionnaires et le même déroulement de carrière pour touTEs, aligné sur le statut le plus favorable, ainsi que la baisse du temps de travail.

Pour une autre école, une autre société

Le gouvernement actuel maintient toutes les attaques des gouvernements précédents qui ont visé les personnels et l’organisation du système éducatif : loi Peillon, réforme des rythmes dans le premier degré, réforme du collège, fichage des enfants et des jeunes via le LSU, qui est prolongé par le CPA, les lois LRU sur l’autonomie et la concurrence des universités. Les récentes circulaires Blanquer ne font qu’en aggraver les conséquences en accentuant encore la dérèglementation. Il faut en exiger le retrait, combattre les projets en cours de réforme du bac et du second degré, ainsi que la remise en cause de fait du droit à poursuivre des études post bac de son choix (tirage au sort pour l’entrée en première année de Licence, sélection en Master).

Contre la territorialisation, l’éclatement des situations locales, il s’agit de défendre la liberté pédagogique dans un cadre national d’horaires et de programmes.

Contre la mise en place de la nouvelle école capitaliste qui fait augmenter les inégalités, organise de nouvelles modalités de reproduction sociale, favorise le privé et la concurrence de touTEs contre touTEs, à commencer par l’école privée contre l’école publique, une autre école est possible, réellement démocratique pour les enfants et les jeunes comme pour les personnels. Une école émancipatrice, polytechnique et polyvalente sans orientation jusqu’à la fin du lycée, qui s’appuie notamment sur l’éventail des pédagogies coopératives et le tâtonnement expérimental. Une école où les conditions de travail sont améliorées avec l’alignement des obligations statutaires de touTEs sur celles des agrégéEs, la réduction du temps de travail pour touTEs, y compris les non enseignantEs, le retour dans le second degré au statut de MI-SE, ou un vrai statut d’animateur scolaire pour les AED qui le désirent.

Dans l’immédiat il faut se mobiliser pour la baisse des effectifs de classe à tous les niveaux, plus de maîtres que de classes, des dédoublements. Mais la mise en place des cours préparatoires à 12 au détriment des instits supplémentaires, sans aucune consultation des personnels concernés, est inacceptable.

Pour gagner et reconquérir nos droits, nous n’avons pas d’autre choix que la lutte !

Seul un mouvement social massif peut-être de nature à faire barrage à l’offensive néolibérale actuelle. La tâche du syndicalisme n’est pas d’aller négocier les reculs dans des concertations ministérielles jouées d’avance. Elle est de défendre les intérêts et les revendications de touTEs, en les unifiant, de tracer des perspectives d’alternative sociale, d’informer et de mobiliser le plus largement pour enfin faire échec au rouleau compresseur néolibéral et mettre un terme à la spirale des régressions sociales. C’est pourquoi Émancipation tendance intersyndicale appelle au renforcement des mobilisations dans tous les secteurs dès la rentrée, à la tenue d’assemblées générales, à la convergence des luttes, à conforter partout la dynamique du Front Social. Réussir la journée du 12 septembre c’est la préparer et l’insérer dans une mobilisation de longue durée.

Émancipation, tendance intersyndicale, Saint-Beauzely, le 15 août 2017


Brèves

26 juin - Mardi 27 juin - Rassemblement et meeting unitaire - 12 h - Paris - Invalides

Pas de code du travail sur ordonnance !
Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, (...)