Un mois dans le monde

dimanche 25 juin 2017
par  Catherine

Prisonniers palestiniens

Honte absolue à la plupart des médias français, publics ou privés qui ont parlé pour la première fois de cette grève le jour où, après 20h de négociations, les prisonniers ont décidé de la suspendre. 1600 prisonniers ont fait 41 jours de jeûne. Contre eux, l’extrême droite a organisé des barbecues aux fenêtres des prisons. La chaîne de restaurants Pizza Hut a utilisé l’image de cette grève pour sa publicité. Les gardiens ont multiplié les fouilles, les mesures d’isolement, la confiscation du sel. Des ministres ont préconisé de faire comme Margaret Thatcher contre Bobby Sands et ses camarades. Finalement dans l’unité, Marwan Barghouti (Fatah), Ahmed Saadat avec d’autres dirigeants du FPLP, Abbas Sayyed (Hamas), Zaïd Bseiso (Jihad islamique), Wajdi Jawdat (FDLP) et les autres prisonniers réussissent à faire plier l’administration pénitentiaire qui avait affirmé son refus absolu de négocier. Mais il y a peu d’avancées concrètes.

Israël/Palestine

En visite en Israël, Sigmar Gabriel, ministre des Affaires étrangères allemand, avait prévu de rencontrer deux associations israéliennes de défense des droits de l’homme : B’tselem et Breaking the silence. Du coup, Nétanyahou a refusé de le recevoir sans que cela provoque des protestations.
Le 7 mai, Fatima Hajiji, 16 ans, a été tuée porte de Damas à Jérusalem. La version israélienne dit qu’elle avait un couteau. Des soldats ont longtemps filmé le cadavre pour envoyer les photos sur les réseaux sociaux. Le 12 mai, un jeune de 20 ans, Saba Nidal Obaid, a été tué par balles à Nabi Saleh, un des villages de Cisjordanie coupé en deux par le mur. Et le 16 mai, un pêcheur gazaoui de 23 ans, père de famille a été tué par les tirs de la marine israélienne. Il était près de la côte et pêchait juste pour vivre. Dans le désert du Néguev, le village d’al Araqib a subi sa 113e destruction. La télévision publique israélienne ne risquait pas d’en parler. Le 10 mai, la première chaîne de télévision a été fermée sur ordre de Nétanyahou dans le cadre d’une “réforme” de l’audiovisuel public.
Vous vous souvenez du gaz orange utilisé par les troupes américaines au Viêt-Nam et qui continue de tuer 50 ans plus tard ? Les troupes israéliennes ont entrepris de déverser des herbicides sur les terres agricoles de Gaza qui jouxtent la barrière de séparation. Les paysans sont “chargés” de protéger leurs cultures au-delà des 300 m.
Quand on dénonce les crimes israéliens, s’il y a un sioniste dans la salle, il va instantanément vous parler de la charte du méchant Hamas qui veut détruire Israël. Ce discours va devoir changer. Comme le Fatah, le Hamas reconnaît Israël dans ses frontières de 1967. C’est bien sûr Israël qui ne reconnaît pas la Palestine. Pourquoi cette évolution ? Sans doute à cause d’un événement dont on a peu parlé et qui a mis le Hamas en difficulté. L’Autorité palestinienne a provoqué une crise grave en diminuant drastiquement les salaires des fonctionnaires de Gaza. Confronté à une impopularité certaine, le Hamas essaie de reprendre l’initiative.

Trump

Al Capone était tombé pour une histoire d’impôts et Nixon pour une affaire de plomberie. Les bookmakers commencent à parier sur un “impeachment” de Trump piégé par ses rapports avec Poutine.
En attendant, et sans réaction notable, Trump a supprimé tout financement public aux cliniques pratiquant l’avortement.
Derrière ses incohérences, Trump a montré sa vraie nature en Arabie Saoudite. Il est avant tout un marchand d’armes. Il désigne le bien et le mal et vend ses armes aux partisans du “bien” pour combattre le “mal” avec des armes américaines. Les féodaux saoudiens héritent donc d’un vrai pactole pour massacrer le peuple yéménite et, si possible, attaquer l’Iran. Le roi Salman, avant de monter sur le trône, s’était fait connaître en finançant successivement les Talibans et al Qaida. Il est érigé aujourd’hui en allié privilégié de l’empire.
En Israël, le passage de Trump a déchaîné les manifestations d’amitié des colons. Rien ne s’est passé à Ramallah. Silence radio sur la grève de la faim des prisonniers. Il semble que Mahmoud Abbas ait proposé à Trump un “plan de paix” où il abandonnait une partie importante des territoires palestiniens. Sans succès.

Brésil

En s’appuyant sur Michel Temer pour renverser Dilma Rousseff et pour généraliser l’austérité, la bourgeoisie brésilienne n’a peut-être pas fait le bon choix. Fin avril, le pays a connu une grève générale contre des mesures qui plongent une partie de la population dans la grande pauvreté.
On savait Temer corrompu (comme une bonne partie des députés qui ont renversé Dilma Rousseff). On en a eu la preuve grâce à un enregistrement. Bien que démasqué, Temer a donné l’ordre à l’armée brésilienne (de sinistre réputation) de tirer à balles réelles sur les manifestants. Le scandale de la compagnie Petrobras qui touche Temer s’ajoute à celui sur la vente de sous-marins français au Brésil qui a occasionné d’importantes “rétrocessions”.
La gauche brésilienne est divisée entre ceux qui se battent pour le retour de Dilma Rousseff et ceux qui exigent des élections anticipées.

Venezuela

Les médias du monde entier font campagne pour la chute du gouvernement Maduro, successeur d’Hugo Chavez. Il est sûr que le pays connaît une crise économique terrible, conséquence d’une structure économique absurde que le chavisme n’a pas modifiée : le pays dépend entièrement du pétrole et ne produit pas grand-chose. Pire, ceux qui ont de l’argent sont incités à importer et à spéculer contre leur propre monnaie. Ce que les médias ne disent pas, c’est que les violences (déjà 60 mort-e-s le 28 mai) ne sont pas unilatérales : la droite a une stratégie clairement putschiste. Et le chavisme n’a jamais remis en cause la propriété de l’économie et des médias qui appartiennent toujours à une bourgeoisie revancharde.

Whirlpool

Un fait a été masqué dans la fermeture de l’usine d’Amiens. Whirlpool déménage à Lodz en Pologne, mais les salaires proposés aux ouvriers sont tellement bas que les candidats polonais se font rares. C’est la présence en Pologne d’environ un million et demi d’Ukrainiens (en partie chassés par la guerre et qui ne sont pas en situation d’exiger des salaires décents), qui permet à ce dumping social d’être possible.

Renzi, le retour

Matteo Renzi, c’est un mélange de Blair et de Macron. Au pouvoir, il avait modifié le code du travail en Italie : le Jobs Act avait permis de supprimer des centaines de milliers de chômeurs des statistiques officielles, pas en leur donnant du travail, mais en les considérant comme précaires. Son retour à la tête du parti démocrate a provoqué des démissions parmi les nostalgiques de la gauche italienne.
Cette gauche existe pourtant : 100 000 manifestant-e-s ont défilé à Milan pour défendre les droits des migrant-e-s.

Grèce

Les concessions de Tsipras ne lui servent à rien : il a tout accepté de l’Europe et a dû affronter une n-ième grève générale. Ses créanciers refusent de lui débloquer une aide : rien ne doit gêner la réélection de Merkel.

Pierre Stambul

L’Émancipation syndicale et pédagogique – 6/06/2017 page 19


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