Brèves féministes (avril 2017)

mardi 2 mai 2017
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Sexisme et spécisme dans la littérature enfantine

Végétarienne depuis maintenant vingt ans, j’ai toujours lié cette cause à mon féminisme, sachant que l’idéologie qui sous-tend le machisme est la même que l’idéologie spéciste (domination d’une espèce sur une autre).

On en trouve la preuve dans la littérature enfantine où les mécanismes sont identiques.

Ainsi la femme, figure maîtresse des contes oraux, est dans les contes écrits, la plupart du temps, sorcière, marâtre ou nunuche peu dégourdie mais belle et bonne ménagère. C’est ainsi que l’on “prépare” (!) les futures femmes à leurs rôles de boniches !

De même, qu’il s’agisse de justifier la chasse dans le Petit Chaperon rouge ou la consommation de viande dans Le petit Poucet, rien n’est laissé au hasard. Il faut amener l’enfant empreint de bienveillance à l’égard des animaux à réaliser et à accepter l’utilisation et l’exploitation qu’en font les humains.

On retrouve les mêmes mécanismes de pouvoir et les mêmes manipulations. Il faut instaurer une hiérarchie sous couvert de nécessité pour justifier la domination et la souffrance que l’on fait subir aux femmes comme aux animaux. Être spéciste c’est instaurer au même titre que le machisme une hiérarchie.

Manger de la viande est faire preuve de virilité ! Ainsi dans les milieux végétariens les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes !

Donc, mesdames messieurs, osez le végétarisme : on a tout à y gagner, un bien-être intérieur, une action écologique et humanitaire puisqu’on ne “déshabillera plus Pierre pour habiller Paul” (à savoir paupériser les trois quarts de la planète sans compter qu’on la bousille !) et surtout une forme physique olympique (et mais chut c’est juste entre nous mesdames, une belle réflexion bien sexiste et bien viriliste : les hommes végétariens ils assurent au lit !)

Isabelle Quinton

La BNP Paribas condamnée pour discrimination envers un salarié homosexuel

La grande banque devra payer plus de 600 000 euros à un ex salarié homo, en raison du “comportement machiste et sexiste” de ses collègues, créant “un environnement de travail particulièrement oppressant”.

Embauché en 2004, l’ex salarié est devenu responsable d’affaires en 2009. L’employeur apprend son homosexualité et commencent alors les moqueries des collègues, un harcèlement continu par l’envoi de mails à caractère sexuel de deux supérieurs hiérarchiques... L’ambiance devient de plus en plus oppressante, d’autant plus que la banque offre à ses salarié-es des soirées “chaudes” (établissements de striptease ou avec des prestations à caractère sexuel !). La victime tient jusqu’en 2012, date à laquelle il quitte la banque via un plan de départs volontaires...

La victime a pu prouver qu’il y a bien eu un décalage de carrière et de rémunération depuis 2012 par rapport à ses ex collègues. Les juges de la Cour d’appel considèrent que la rupture (et les indemnités, qu’il doit rembourser) liée au “départ volontaire” est nulle puisqu’elle est le résultat de cette discrimination.

Extrait de D genréEs D sexualités n°4,

bulletin de la commission Genres Sexualités de Solidaires