CSI : des militant-e-s "Unité & Action" prennent position

samedi 10 mars 2007

AVERTISSEMENT : nous publions ici des textes de militants de la tendance "Unité & Action" (la tendance majoritaire de la FSU). Ils/elles sont, comme nous, hostiles à l’entrée de la FSU (et donc de ses syndicats) dans la CSI.
Nous avons un certain nombre de divergences sur d’autres sujets importants, mais nous sommes d’accord sur cette question sans forcément partager l’intégralité de l’argumentation.
Par conséquent, il ne faut pas voir ici une "récupération" de leurs positions par Emancipation, et pas non plus l’inverse d’ailleurs : il s’agit de deux orientations syndicales qui convergent à un moment donné sur cet important sujet.

1) CSI : IL EST URGENT D’ATTENDRE !

La CSI a été créée en novembre 2006, sous l’impulsion de la CISL (Confédération Internationale des Syndicats Libres) et de la CMT (syndicalisme chrétien) qui se sont dissoutes pour l’occasion. Lors du congrès FSU de Marseille, il était question d’y adhérer immédiatement et de demander la validation par les syndiqués ensuite !

Un âpre débat a donc logiquement eu lieu et le texte final du Congrès a reconnu la nécessité d’un débat et d’un vote des syndiqués avant une éventuelle adhésion.

La CISL et la CMT n’ont mené aucune action revendicative importante depuis 40 ans. On peut chercher longtemps les occasions où ces deux confédérations internationales ont infléchi les structures du pouvoir dominant… Quelle naïveté de croire qu’on peut créer un vrai pouvoir en additionnant des organisations impuissantes ! Le nombre ne fait pas tout.

Depuis sa création, la CSI n’a pris encore aucune décision, sauf de revendiquer un « travail décent pour une vie décente ». En revanche, elle reconnaît dans ses statuts « la gouvernance effective et démocratique de l’économie mondiale ». De plus, la CSI refuse la référence claire à la laïcité que réclamait un syndicaliste français lors de son 1ercongrès à Vienne. A quelles conditions pourrions-nous même y rester, alors que les statuts de la CSI précisent que les membres « ont la responsabilité de prendre en compte, dans la formulation de leur politique, les décisions du Congrès et des organes directeurs de la Confédération » ? Les déclarations d’intention de la CSI indiquent une conception d’un syndicalisme d’accompagnement et d’aménagement des politiques libérales, fort éloigné du syndicalisme que représentent le SNES et la FSU.

Les statuts de la CSI expliquent que son action sera menée par ses « organisations régionales ». Pour l’Europe, l’organisation régionale de la CSI reposera essentiellement sur la CES(Confédération Européenne des Syndicats) ! La CES participe à la rédaction des politiques européennes, stratégie de Lisbonne, directive service, TCE ! Elle a fait campagne pour le Oui au TCE et continue à pratiquer du lobbying dans ce sens. Avec du recul, les critiques contre la CSI s’accumuleront et seront de même nature que celle contre la CES.

Allons–nous dès maintenant entrer dans cette organisation et y porter la parole de la FSU… avec pour seul représentant pour la France au bureau exécutif… François Chérèque ?

Il est surtout urgent d’attendre.

Karine VANWYNENDAELE et Philippe LESTANG, Académie de LILLE.
(texte publié dans le cahier de contributions préparatoires au congrès national du SNES).

2) Quelques remarques sur la CSI

Lors du Congrès de Marseille, il est heureux que la FSU ait reculé quant à son adhésion à la CES (en espérant que ce refus sera définitif). Celle-ci a fait ses preuves dans son rôle d’accompagnement du libéralisme :
- elle a participé à la rédaction du TCE
- elle a déclaré en Octobre 2004 : « Il y a une position commune entre la BCE et la CES sur la question des salaires  : la hausse des prix du pétrole ne doit pas entraîner une surenchère des revendications salariales… »
- en Juillet 2006 : « La CES fera valoir que les syndicats doivent jouer un rôle plus actif dans l’émancipation et la gestion des restructurations. »
- en Novembre 2006, elle se réjouit du vote par le parlement européen de la « nouvelle » directive Bolkenstein…

En ce qui concerne la CSI….Pourquoi cette volonté d’y enter au plus vite ? Pourquoi ce manque de recul et de critique ?

La CSI est le résultat de l’alliance entre la CMT (créée par le Vatican après la 1ère guerre mondiale…) et la CISL (créée en pleine guerre froide par une confédération états-unienne – AFL-CIO – financée entre autre par… la CIA !...). Cette dernière s’est illustrée par son soutien au coup d’état de Pinochet en 1973, et celui contre Chavez en 2002… !

Guy Ryder, lors du Congrès constitutif de la CISL, en 2006 à Vienne, a déclaré comme priorité à son action, l’obtention d’un « système minimal de protection pour garantir un système minimal de droits »…« on ne peut arrêter les délocalisations, mais on peut essayer de mettre en place des règles du jeu pour que ces changements soient acceptables ». On ne peut être plus clair quant à la casse de l’emploi.

Il est impensable que la FSU envisage de se mettre sous la tutelle d’une telle confédération. Car c’est bien de se mettre sous la tutelle dont il s’agit : à genoux devant l’Europe, que peut faire la CSI ? Nous, FSU, nous allons l’infléchir de l’intérieur ? (comme la CGT pour la CES ?). Depuis sa création, la CISL s’est contentée de revendiquer un « travail décent pour une vie décente », mais elle reconnaît dans ses statuts« la gouvernance effective et démocratique de l’économie mondiale », et refuse une référence claire à la laïcité, réclamée à Vienne par un syndicaliste français. Ses conceptions sont celles d’un syndicalisme d’accompagnement et d’aménagement des politiques libérales. Ses statuts expliquent que son action sera menée par ses « organisations régionales », celle pour l’Europe reposera essentiellement sur la CES. Entrer dans la CSI actuellement signifie y perdre notre identité

L’Europe est mortifère pour l’école publique et principalement pour la maternelle, qui sont déjà bien mises à mal. Ce ne sont pas des confédérations au service de l’Europe et du patronat qui vont la sauver – qui ignore cela à la FSU ? - . Bien au contraire, par son inertie ou sa complaisance à l’égard du capitalisme et du cléricalisme, la CSI finira de l’achever.

Bien qu’aucune information n’ai circulé à son sujet, y compris dans les textes préparateurs du Congrès ou dans notre presse, il existe au moins une autre organisation proche de nos principes : c’est la FSM (même si d’aucuns disent qu’elle a un passif….la CMT et la CISL aussi, et on ne sait pas encore tout le « bien » qu’elles peuvent faire, réunies en CSI, sur notre syndicalisme..). La FSM a tenu son 15 ème congrès le 4 décembre 2004, devant 300 organisations syndicales de 75 pays. Elle s’est prononcée :
- pour que les syndicats récupèrent le rôle qui leur revient à la tête des luttes des travailleurs
- pour les nationalisations et le développement des services publics
- pour le droit au travail.

Elle affirme que les programmes de « réajustement » des organismes financiers internationaux, les traités de libre commerce et les pratiques des transnationales aggravent l’inégalité au détriment des droits souverains des peuples et des nations

Pourquoi donc ne pas proposer l’entrée de la FSU dans la FSM, qui est tout à fait sur les mêmes principes que nous ?

En conclusion, je souhaite la mise en place d’une publication afin que toutes les infos puissent voir le jour, afin que nous puissions échanger sur cette question d’importance, et que les votes qui auront lieu d’ici la fin de l’année (puisqu’il paraît que nous devons être consultés), permette la prise de décision de nous tous avec un maximum de connaissance de cause.

Sylvie GUDUK (SNUipp 81)


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