Lutter contre le FN, sur tous les fronts

Edito
vendredi 5 mai 2017

Pour la seconde fois, le FN, parti de la xénophobie, du racisme et de l’exclusion se retrouve au deuxième tour de l’élection présidentielle, avec deux millions de voix de plus qu’en 2012. Cela signifie le renforcement durable de son pouvoir de nuisance, en France comme en Europe, de banalisation supplémentaire de son idéologie de la haine, de divisions et de tensions entre catégorie sociales, au détriment des plus précaires et des minorités.

On peut s’étonner qu’une telle situation n’ait pas donné immédiatement lieu à plus de réactions comme en 2002. Les milieux d’affaires et les nombreux médias qu’ils possèdent, respirent. Après une campagne dont ils n’ont pas pu maitriser tous les rebonds notamment en ce qui concerne le sort de leur plus zélé serviteur Fillon, tout rentre dans l’ordre. Le duo “qualifié” est celui “pronostiqué” de longue date. Et ça ne fait pratiquement pas de vagues. Macron, la roue de secours du capital, va pouvoir parachever les politiques de casse des acquis des précédents gouvernements et Le Pen va servir de repoussoir pour faire plébisciter cette politique libérale. Les appels fusent à voter Macron, ou plus hypocritement à “voter contre Le Pen”.

“Pas une voix pour le FN” est plus clair, il est rarement accompagné d’une claire dénonciation de Macron et son programme… Toute la fachosphère déploie une importante activité de pour faire basculer l’électorat souverainiste, de droite, de la manif pour tous, voire Insoumis... Pendant que Macron a donné, par sa ridicule imitation de Sarkozy, l’impression, qu’il se considérait déjà élu.

Les partis de gouvernement éliminés du fait de leurs politiques au service du capital cherchent à se dédouaner à bon compte en se bornant à appeler à battre Le Pen dans les urnes. De même que la plupart des directions syndicales qui ont baissé la garde sur la défense des droits et sur la loi Travail, et qui ont désinvesti le terrain des luttes en privilégiant l’interpellation sur des programmes qui ne seront pas respectés. Ce qui est bien sûr insuffisant pour espérer stopper l’ascension du FN.

En effet la lutte contre cette ascension passe par le renforcement rapide des initiatives d’opposition directe. En contrant partout – y compris dans sa contagion à des sphères extérieures – l’idéologie du FN, ses relents fascisants derrière les slogans revendicatifs détournés, qu’il s’empresse d’ailleurs de combattre dès qu’il occupe des responsabilités. En le combattant partout, dans les villes “gagnées”, les CA des établissements, les syndicats qu’il infiltre. En traquant les affichages et pratiques ultraréactionnaires, sexistes ou homophobes que le ralliement de l’intégriste catholique Boutin et autres adeptes de la “manif pour tous” ne va pas manquerde booster. En organisant et en participant à des manifs comme celles contre le meeting parisien du 17 avril, qui aurait dû être plus massive, comme le 1er mai dont il faut faire une véritable manif contre le fascisme et les politiques au service du capitalisme qui lui préparent un état répressif “clé en main”… Donc pas une démonstration de soutien à Macron.

Combattre le FN, c’est en effet combattre les politiques libérales qui le font à chaque fois fait progresser, comme pendant les 15 ans qui ont suivi l’élection de 2002. Et contrairement à Chirac à cette époque, Macron annonce clairement la couleur : poursuite de la casse des garanties du travail, au-delà des lois El Khomri et Macron 2, par ordonnances, cadeaux aux entreprises, suppressions massives de postes, attaque des retraites et des salaires…

Il faut donc tout faire pour mobiliser sur les lieux de travail et de formation et pour conforter le million de jours de grève depuis janvier (sans compter la Guyane) contre les attaques du droit du travail et de la protection sociale, l’austérité… avec un 1er mai de manifestations, revendicatives, anticapitalistes et internationalistes dans la suite des initiatives pour le premier tour social, des AG interluttes et des mobilisations de la jeunesse.

Raymond Jousmet, 27/04/2017