En défense du droit de manifester

samedi 15 avril 2017

La manifestation pour la justice et la dignité du 19 mars a été une incontestable réussite. Dynamique, riche de ses attentes, de ses slogans et de ses diversités, elle a réuni une partie du syndicalisme et les mouvements sociaux, avec les familles des victimes, les quartiers, les associations, les collectifs de luttes, les dynamiques issues des luttes contre la loi “travail”. Avec des airs de manif contre la loi El Khomri, avec un “cortège de tête” elle a tranché dans cette actualité très lourde.
Dans des styles différents, les manifestations parisiennes interpro des personnels de santé du 7 mars et pour les droits des femmes du 8, unitaire cette année, ont été réussies également. Ces trois manifestations ont rappelé opportunément que la rue demeure une des meilleures réponses face aux politiques d’austérité, racistes et sexistes du pouvoir actuel, ou de tout autre à venir.

Les pouvoirs politiques entendent limiter ce pouvoir de la rue. Ils n’ont de cesse de vouloir limiter le droit de manifester, la palme revenant aux sortants qui ont utilisé les attentats pour interdire et encager des manifs, priver des militantEs du droit de manifester, réprimer sauvagement et blesser des manifestantEs, à commencer par les jeunes. Tout est fait pour décourager de manifester.

Il importe donc de défendre ce droit à manifester qui est attaqué frontalement et risque de l’être plus encore.

D’abord en en usant, surtout lorsqu’il est bafoué par des interdictions. Ces interdictions collectives (des refus de laisser manifester) ou individuelles (des arrêtés interdisant à des personnes de participer à des manifestations) sont à combattre par le refus de s’y soumettre, avec son corollaire d’assumer les suites y compris judiciaires, dans une défense collective.

Ensuite il est nécessaire de reconnaitre, défendre et valoriser la manifestation en soi. Ce qui signifie considérer chaque manifestation non plus seulement comme un moyen de populariser les revendications dont elle est porteuse, mais aussi comme un outil militant à défendre en tant que tel. En valorisant ce qui fait qu’une manifestation est une manifestation, les banderoles, pancartes, tee-shirts, drapeaux, slogans, chansons, actions de rue, mais aussi les départs en manifs sauvages ou en occupations, les points fixes de plus en plus nombreux sur le parcours et aussi les animations systématiques dans et aux abords directs des manifestations, comme les grand panneaux de Jean-Baptiste, ou les installations éphémères de Sylviane. Dans la rubrique résistances, utopies et alternatives, la Revue entend participer à cette popularisation et défense de “l’écosystème manifestation” en publiant dans ce numéro l’interview de Sylviane et dans le prochain celle de Jean-Baptiste.

Olivier Vinay


Brèves

26 juin - Mardi 27 juin - Rassemblement et meeting unitaire - 12 h - Paris - Invalides

Pas de code du travail sur ordonnance !
Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, (...)