Brèves féministes (mars 2017)

lundi 3 avril 2017
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Russie, pays des Droits des Femmes ?

Mardi 7 février, la très familialiste Élena Mizoulina, députée à la Douma et Présidente de la Commission Affaires familiales, a enfin réussi à faire promulguer la loi qui dépénalise les violences domestiques. Désormais, le père ou mari violent n’encourra plus qu’une simple amende : la famille, d’après elle, doit reposer sur l’autorité paternelle…

Cette même députée a passé l’essentiel de sa carrière politique à détricoter la loi sur l’IVG de l’ex-Union Soviétique, loi exemplaire et première votée dans le monde dès 1920, au moment-même où la France criminalisait l’avortement !

Toujours au nom de la défense de la famille, cette houri passe le plus clair de son temps à combattre l’homosexualité en multipliant les projets de loi pour “limiter la propagande” de la communauté LGBT.

Cerise sur le gâteau, elle propose également de congeler le sperme de Poutine pour encourager la reproduction !

Femmes de tous les pays, à quand le boycott de la Russie de Poutine et d’Élena Mizoulina ?

Éliane Paul-Di Vincenzo

“Intégrer” les exclus ? Le “camouflage” jésuite

Le chef d’État du Vatican critique le néolibéralisme, se fend d’une encyclique sur l’écologie, s’adresse aux “mouvements populaires”… Il dit combattre l’exclusion des clochards, des migrants, des détenus, des Roms, bref des “pauvres”… et aussi des femmes. Il célèbre un “jubilé des personnes socialement exclues”, décrète une “journée mondiale des pauvres”, appelle à “l’agir miséricordieux” auprès des “êtres sans travail”, sans “juste salaire”, “sans maison”, victimes des “discriminations pour la foi, la race, le statut social”…

Aussi, nombreux sont ceux qui voudraient nous faire croire qu’on aurait trouvé là un porte-drapeau progressiste…

Bon jésuite et caméléon, le chef d’État du Vatican procède avec les “pauvres” comme avec les “femmes”. Il faut, dit-il, les “consoler”. Il faut “intégrer” les exclus : les Roms, les migrants, les divorcés, les femmes…

Et de se “lâcher” en compliments…

“La femme est la plus belle chose que Dieu ait créée”. “Les femmes sont comme les fraises sur un gâteau : il en faut toujours plus”.

Mais, voyez-vous “l’avortement est un péché grave”. Alors, en novembre, il a “concédé aux prêtres” une faculté réservée jusqu’alors aux évêques : celle “d’absoudre du péché d’avortement tous ceux qui l’ont provoqué et qui, le cœur repenti, en demandent pardon” : “les femmes qui ont avorté, mais aussi les médecins”.

Pour distiller son idéologie réactionnaire l’Église se pare de toutes les couleurs. Elle s’est dotée d’un chef “jésuite”, qui orne ses discours de “doctrine sociale” et de “féminisme” : comme le caméléon, le chef d’État du Vatican camoufle sa véritable politique. Mais de tels propos suffisent à révéler le cœur de ce système, contre les droits des femmes en particulier.

Sachons, partout, débusquer la réaction noire que cache le “camouflage” jésuite.

Hélène Bertrand