Six ans après la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire...

vendredi 31 mars 2017

Organisé à l’EDMP, un débat public vient rappeler l’urgence qu’il y a à sortir du nucléaire.

... rien n’est résolu. Malgré tous les efforts, la centrale en ruine continue à diffuser massivement de la radioactivité dans l’air et dans l’eau, et à exposer quotidiennement les centaines de travailleurs qui assurent, souvent sans protections adéquates, les travaux de Sisyphe visant à contenir cette radioactivité. Ce qui se vérifie à Fukushima comme à Tchernobyl, c’est que l’homme n’a pas en réalité la maîtrise du monstre atomique qu’il a créé.

Pourtant l’État japonais fait tout pour donner l’apparence d’un retour à la normale. Il a rehaussé la limite de dose “acceptable”, et les travaux de décontamination, même inefficaces, lui servent d’alibi pour justifier sa politique de retour forcé en territoire contaminé des populations qui ont dû fuir, et pour lesquelles les aides vont être bientôt supprimées. Et il compte bien exploiter l’immense spectacle des Jeux olympiques de Tokyo en 2020 pour faire croire que la page du désastre est tournée.

Vivre avec la contamination radioactive, c’est bien ce que les gestionnaires du désastre tentent d’imposer aux populations des zones touchées par la catastrophe (au Japon comme, vingt-cinq ans plus tôt, en Belarus, victime des retombées de Tchernobyl). Et cela avec la collaboration active d’« autorités » nucléaires internationales, au premier rang desquelles figurent des Français (tel Jacques Lochard, directeur du CEPN et promoteur du programme Ethos). Ils cherchent à habituer les populations à l’idée qu’une catastrophe nucléaire serait gérable et une vie normale possible en zone contaminée. Car ils le savent bien, eux, que ce scénario est appelé à se reproduire ailleurs dans le monde...

Et chez nous, c’est pour quand ?

Non, ce n’est pas de la science-fiction. Réacteurs vieillissants, cuves ayant subi des malfaçons, travaux d’entretien bâclés… Tout est en place pour que l’accident majeur devienne prochainement réalité.

Même sans accident, s’acharner à poursuivre (à relancer !) le programme nucléaire, c’est de la folie criminelle. Car, on le sait désormais, le nucléaire, c’est :
- une technique qu’on ne maîtrise pas, aux conséquences ingérables : des montagnes de déchets radioactifs dont on ne sait que faire, mais qui, insidieusement, par les fuites et les transports multiples, contaminent peu à peu l’air, la terre et les eaux. Le projet Cigéo d’enfouissement des déchets à Bure, dans la Meuse, est une folie technologique qui ne ferait que multiplier gravement les sources de contamination, et cela pour des siècles.
- un gouffre financier qui plombe l’économie. 170 milliards d’euros (cour des comptes 2012) engloutis dans la construction des centrales. 75 milliards prévus pour le “grand carénage” (cour des comptes 2016) + 25 milliards de maintenance. Les chantiers d’EPR passés de 3,3 à 10 milliards. Un coût de démantèlement des centrales nucléaires impossible à chiffrer car on ne sait pas faire...
- un permanent déni de démocratie : nous a-t-on jamais demandé si nous voulions, pour prix de notre supposé confort électrique, assumer les risques immenses du nucléaire ? Et voulons-nous vraiment de la gestion militaire du territoire qui nous attend en cas de catastrophe ?

Oui, il est temps de réagir massivement et d’exiger sans détour la seule décision qui s’impose :

l’arrêt immédiat du nucléaire civil et militaire

Collectif contre l’ordre atomique

contre-lordre-atomique@riseup.net