À l’abordage : on remet ça !

Nantes : semaine de résistances
lundi 13 mars 2017

Du 20 au 26 février, la semaine des résistances a été rythmée par des discussions et des échanges sur les pratiques et les perspectives de luttes.

Depuis plusieurs semaines maintenant, la campagne présidentielle bat son plein. Petites phrases insignifiantes, sondages hasardeux et stratégies obscènes s’étalent déjà à longueur de journaux et d’émissions. La présidentielle, c’est un navet que l’on nous repasse en boucle tous les cinq ans, le point d’orgue de la vie politique française.

Plus rien ne semble exister en dehors de ce remake qui finit toujours par l’effacement des enjeux politiques derrière les ambitions politiciennes. En période de campagne, le tintamarre du cirque électoral parviendrait presque à recouvrir tout ce qui l’excède. Pour que démarre ce muppet show, il aura donc fallu mettre en sourdine tout ce qui a fait l’intensité politique de ces derniers mois.

Il aura fallu éteindre, tant bien que mal, les braises du mouvement contre la loi travail, à Nantes comme ailleurs, en pacifiant les rues où se retrouvaient chaque semaine la jeunesse révoltée et le syndicalisme de combat. Il aura fallu renoncer à une opération d’expulsion de la ZAD, pourtant promise de longue date, craignant de faire face à des mois de résistance déterminée, susceptible de reléguer au second plan le spectacle électoral.

Pour autant, nous n’avons pas l’intention de laisser le monopole du politique aux candidats à l’élection présidentielle dans les mois qui viennent. Le politique, pour nous, ne se réduit ni aux gesticulations des plateaux télévisés, ni à la solitude de l’isoloir. C’est une manière de se retrouver dans la rue, dans son quartier ou son village, de s’organiser pour lutter, ou pour vivre tout simplement, sans rien attendre d’un quelconque gouvernement...

Cet été, il aura suffit – dans la foulée du mouvement contre la loi “travaille !” – que l’on se retrouve, avec l’ambition de bloquer l’université d’été du Parti socialiste pour que celle-ci soit annulée. Il y a peu, Manuel Valls renonçait à un meeting à Rennes par crainte des troubles que susciterait immanquablement sa présence. Allez, encore un effort pour que l’élection présidentielle n’ait pas lieu !

La dernière semaine de février à Nantes, nous donne une belle occasion de jeter le trouble sur ce début de campagne. Le 26 février, Marine Le Pen a été la première candidate à faire le déplacement à Nantes pour un meeting électoral. Au même moment où se tenait, comme chaque année depuis le 22 février 2015, la semaine des résistances.

C’est donc le Front national qui a ouvert le bal des guignols ! Il ne faut pas s’y méprendre, celui-ci est devenu le principal pilier de la politique classique. Loin du groupuscule fascisant absolument marginal des origines, il joue désormais le rôle principal dans le spectacle électoral, assurant une double fonction. D’un côté, il est le principal prescripteur d’idées que les candidats de tous bords s’empressent de reprendre à leur compte voire d’appliquer une fois aux manettes. De l’autre, il est un épouvantail commode, le spectre invoqué par tous les autres pour justifier qu’il faille encore voter pour eux afin de “faire barrage au fascisme”.

En somme, le FN, parti soit disant “antisystème”, est devenu la clef de voûte de l’équilibre du système politique.

En appelant à perturber le meeting du FN, c’est en réalité à tous les candidats à la présidentielle que nous adressons ce message : “Vous n’êtes pas les bienvenus à Nantes !”

La semaine s’est achevée par un weekend d’actions contre le meeting du Front national. Alors tous et toutes à Nantes pour la première étape d’une contre-campagne qui ne fait que commencer !

Transmis par Emmanuelle Lefevre

Programme des débats. Territoires ingouvernables

En ouverture de la semaine de résistances, le Taslu, bibliothèque de la ZAD, a proposé de partir à sa rencontre.

Vendredi 17 février, il y a eu L’Intervention, lectures de textes d’époque au sein d’un montage sonore et vidéo théâtralisé.

Puis, samedi 18 février, la rencontre croisée entre Alessandro Stella qui vient de publier chez Agone Années de rêves et de plomb et les traducteurs et lecteurs de l’Orda D’oro, épopée du mouvement écrit par deux de ses protagonistes et tout juste traduit aux éditions de l’Éclat.

Tout au long de la semaine, les débats ont été riches :

Lundi 21 février : devenir ingouvernables, au café Le Chat Noir, 13 Allée Duguay Trouin, Nantes.

Mardi 22 février : espoirs, désillusions : la gauche au pouvoir, Grèce, Espagne, France, à la Maison des Citoyens du Monde, 8 Rue Lekain, Nantes.

Mercredi 23 février  : déjouer l’état d’urgence, lutter contre l’état d’exception : regards croisés Turquie-France. Le confédéralisme démocratique, ou comment vivre sans État, au Centre Culturel Kurde, La Rabotière, Saint-Herblain.

Jeudi 24 février  : Comment se maintient le régime ? Une histoire de la police, au Café L’Annexe, 36 Rue Léon Jamin, Nantes.

Vendredi 25 février : Mai 68 : la “Commune” de Nantes, au Café Les Docks, 1 Boulevard Léon Bureau, Nantes.


Brèves

26 juin - Mardi 27 juin - Rassemblement et meeting unitaire - 12 h - Paris - Invalides

Pas de code du travail sur ordonnance !
Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, (...)