LEURS POLITIQUES, LEUR “MORALE”, NOS LUTTES !

Édito
mercredi 8 février 2017

Le chamboule tout électoral traduit le désir d’en finir avec des politiques, mais aussi avec des accommodements avec l’honnêteté, la fidélité à une ligne ou le respect des engagements – avec des valeurs morales donc.

Hollande, élu pour en finir avec Sarkozy, sa politique d’agression et ses casseroles judiciaires, a été éjecté avant même les élections, pour avoir aggravé les attaques de Sarkozy, piétiné ses engagements et attesté d’un incommensurable cynisme.

Les primaires auront au moins permis d’éliminer les candidats les plus haïs pour leur politique et aussi pour leur immoralité, à droite confirmation pour Sarko et à gauche rappel à Valls de la loi travail, du 49-3, de ses emprunts au fond de commerce de la droite et du FN…

Et d’ailleurs l’affaire semblait entendue. La gauche parlementaire avait suffisamment privilégié le patronat et le capitalisme mondialisé, et prouvé qu’elle ne lavait même pas plus blanc, avec son député phobique administratif au point de ne pas déclarer ses revenus et son ministre du budget aussi inflexible avec les petits contribuables que compréhensif vis-à-vis de ses turpitudes.

La confrontation semblait inéluctable entre la droite et un FN à l’image écornée par l’accusation d’emplois fictifs sur fonds européens, et par le fait d’être les obligés de Poutine... Assurée de gagner, la droite s’est payé le luxe de désigner un outsider, metteur en œuvre de la politique de Sarkozy et d’ailleurs immédiatement soutenu par lui, mais à sa différence fleurant bon le réac du terroir et le moraliste chrétien, donc a priori plus préoccupé de l’intérêt général que du sien. Et patatras. Voilà que le candidat si vertueux se voit à son tour accusé de détournements de fonds publics, d’abus de biens sociaux et de népotisme.

Mais que font les hautes instances chargées de faire respecter la loi, le droit… et la morale ?

Qu’on se rassure… Le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État veillent à ce que toutE impétrantE au niveau des plus hautes fonctions doive déclarer son patrimoine et que des référentEs déontologie soient misEs en place dans tous les services de la Fonction publique… Seules exceptions à ces principes, leurs doctes cénacles, par définition au dessus de tous soupçons. L’Assemblée nationale prétend ne pas s’accommoder de ces exceptions, mais elle serait plus crédible si elle n’avait oublié, lorsqu’elle a supprimé les régimes particuliers de retraite, d’en faire autant pour le sien et si son référent déontologie – tout comme celui du Sénat – trouvait quelque chose à (re)dire sur l’affaire Fillon. Peut-être s’agit-il là aussi d’emplois fictifs…

N’oublions surtout pas l’Institut qui, en les associant, confère un caractère “scientifique” à la morale et à la politique. Les membres de l’Académie des Sciences Morales et Politiques (dont sont membres Denis Kessler chercheur en “démontage méthodique du programme du Conseil National de la Résistance”, Joseph Ratzinger ex-pape spécialiste de la contraception et de l’homophobie, Jean-Claude Juncker aussi fin connaisseur des affaires européennes que de celles des Luxembourg Leaks, Wolfgang Schäuble adepte du retour à la Grèce antique…) devraient réagir dans les années qui viennent au vu de leur denier vœu, unanime, contre le mariage de personnes de même sexe datant de 2013… Emplois fictifs ?

À l’international, Trump semble bien parti pour rendre des points aux deux dernierEs responsables du FMI dans la synthèse entre la défense du capitalisme le plus ravageur et l’amoralité la plus libérée.

MORALE : le système capitaliste choisit sans aucun état d’âme ses larbins, pour confisquer le pouvoir aux peuples, racler les salaires, la protection sociale, la santé, l’éducation, la sauvegarde de l’environnement, au détriment du plus grand nombre et pour le bénéfice de quelques unEs. Il leur octroie d’énormes gratifications officielles et couvre les officieuses.

C’est donc en combattant ce système, dans les entreprises, dans la rue, dans les choix sociaux et de consommation, dans les pratiques et instances de contrôle populaire, comme amorcé dans le mouvement contre la loi “Travail”, qu’on peut limiter ce genre d’abus. Continuons !

Olivier Vinay


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