Solidarité avec le peuple syrien : la réalité des faits

mardi 31 janvier 2017

La journée de mobilisation du 10 décembre 2016, en soutien à la révolution populaire syrienne, est une illustration de la difficulté à laquelle doivent faire face les militants révolutionnaires syriens réfugiés en France pour s’exprimer librement, hors du contrôle du gouvernement et de ses nombreux amis.

Au tout début du mois de décembre, le mouvement Nasskoune, impulsé par Fadwa Souleimane, lançait un appel à un rassemblement “Sauvez Alep, Sauvez votre humanité”. L’appel était envoyé à plusieurs organisations et une demande de rassemblement était déposée pour le samedi 10 décembre 2016, devant l’Hôtel de ville à Paris. Mais l’autorisation ne fut alors pas accordée, sous prétexte que “c’était les fêtes”. Le mardi 6 décembre, une réunion publique se tenait dans la mairie du 2ème arrondissement à Paris, en présence de Brita Hagi Hasan, un représentant de la ville d’Alep-Est, présent en France pour expliquer la situation à Alep. Alors que la moitié des quartiers libres d’Alep-Est avait été repris par les forces liées au régime de Assad, au prix, notamment, de multiples massacres de civils, celui-ci s’étonna qu’aucune grande mobilisation ne fut prévue. Avec l’aide de l’intervention de Fadwa Souleimane, présente dans le public, soutenue par de nombreux militants, des notables durent promettre qu’ils feraient en sorte d’obtenir une autorisation pour le rassemblement du samedi 10, place de l’Hôtel de ville, et de nouvelles organisations s’engagèrent dans ce rassemblement.

L’autorisation fut cette fois-ci obtenue. Mais, bien qu’il fut reconnu que Nasskoune était à l’origine du rassemblement, ce mouvement culturel et artistique ne fut pas inscrit dans le tour de paroles, lors du premier projet de déroulé de rassemblement. Plusieurs interventions permirent finalement d’obtenir que Fadwa Souleimane puisse prendre la parole, accordée en tant que “réfugiée”.

Fadwa prit ainsi la parole, en annonçant que le début de son message serait un film-court : “Message to”, réalisé par le chorégraphe Rami Hassoun. Elle lut ensuite dans sa langue natale un texte de Nasskoune, retranscrit ci-contre, tandis que Rami lut la version en français.

Ce samedi 10 décembre, ce fut la première fois que, sur une place de France, un mouvement culturel et artistique, né en Syrie, né de la Révolution syrienne, dans lequel se reconnaissent des Syriens de Syrie (à Alep notamment), des Pays-Bas, de France et d’autres pays, prit la parole en public. Ce fut par la voix de Fadwa Souleimane, une Syrienne qui s’est notamment retrouvée en 2012 à la tête des manifestations à Homs, et qui, alors qu’Alep n’était pas encore entrée dans la révolution, appelait les habitants de cette ville au soulèvement contre la dictature du régime de Bachar al-Assad.

Le 18 décembre, après des massacres innommables, l’expulsion de plus de 200 000 civils des quartiers d’Alep et tandis que 50 000 Alépins se retrouvaient assiégés dans 2km2, Nasskoune érigea sur la place de la République, en collaboration avec Nuit Debout, deux murs recouverts de photos : “le mur de la honte, le mur des assassins”, et “le mur de la dignité”. Sur nombre de photos on pouvait lire “Les fêtes de l’ONU et des gouvernants”, “Les fêtes des assassins”, “#Sauvez_Alep”, “#Sauvez_votrehumanité”.

L.J.


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