Retour sur un passé qui compromet l’avenir...

dimanche 15 janvier 2017

Nous reproduisons ci-dessous l’édito du dernier numéro du Chahut, journal de nos camarades de l’Oise.

En ce mois de décembre, il n’est jamais inutile de tirer quelques leçons d’une année écoulée. Faisons-le à travers deux dates malheureusement passées trop inaperçues.

Depuis le 8 août 2016, l’humanité vit à crédit…

Revoici le thème récurrent de la dette “qui pèse sur les générations futures” ? Litote de presque tous les politiciens et autres bien-pensants. Rassurez- vous, Le Chahut n’a pas tourné sa veste ! Nous ne parlons pas là de la dette financière qui étrangle les peuples mais n’est qu’artifice monétaire… question qui pourrait se résoudre par de simples réquisitions après une renationalisation de cette dette publique ou, plus en douceur, par une relance de l’inflation. Mais du “Jour du dépassement” ! Laissons parler l’ONG Global Footprint Network  :

Dès le lundi 8 août 2016, l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la planète peut renouveler en une année. Elle vit au-delà de son « budget écologique ». Ce « jour du dépassement » symbolise le moment où l’humanité a épuisé les capacités régénératrices de la Terre : du stockage du CO2, de l’absorption des pollutions et déchets à la production de matières premières pour la nourriture. À partir de ce jour, nous subvenons à nos besoins en entamant le capital naturel de notre planète via l’extraction deressources qui ne sont pas renouvelables, la génération de déchets et l’émission de dioxyde de carbone (gaz à effet de serre) qui s’accumule dans l’atmosphère sans être absorbés par les écosystèmes.

Respectée et bien gérée, notre planète nous offre tout ce dont nous avons besoin pour vivre sans compromettre nos ressources naturelles et nos milieux mais lorsque la demande dépasse cette offre… l’humanité dilapide les ressources naturelles plus vite qu’elles ne peuvent se régénérer. À partir d’aujourd’hui, nous vivons donc sur une dette qui s’accumule d’année en année.

Or, vivre à crédit ne peut être que provisoire parce que la nature n’est pas un gisement dans lequel nous pouvons puiser indéfiniment”.

On comprend ainsi à quel point cette question est devenue une urgence absolue !

Précisons cependant que pour Le Chahut c’est le capitalisme qui par sa recherche effrénée des profits pour une poignée de millionnaires saccage nos vies etla planète. Mais il impose aussi un mode de vie exclusivement tourné vers cette consommation effrénée qui demande à la planète des ressources allant bien au-delà de ce qu’elle peut nous offrir !

Ce sont également les pauvres, les précaires, les excluEs... qui subiront de plein fouet tous les dérèglements qui n’ont pas déjà manqué de se manifester et ne cesseront de s’amplifier et de se multiplier. Ce constat d’ailleurs est tout aussi juste pour les individus que pour les pays. Les réfugiéEs économiques, politiques mais désormais aussi climatiques vont se multiplier !

S’il fallait un tableau pour illustrer cette situation autant insoutenable qu’intolérable, on pourrait citercet exemple : d’uncôté, les princes gaziers du Qatar, nos grands amis, confortablement installés dans leurs palais climatisés avant d’aller skier sur des pistes enneigées, sous cloche,en plein milieu du désert. Et de l’autre, des milliers de travailleurs et travailleuses, réduitEs à l’esclavage, mourant sous le travail et la chaleur pour construire les arènes des jeux du stade contemporains qu’est devenu le football et à quelques kilomètres, à Gaza tout particulièrement, le peuple palestinien crevant littéralement sous la misère.

Pour toutes ces raisons, Le Chahut inclut ce combat écologique comme une part essentielle de la lutte des classes.

Depuis le 7 novembre 2016, à 16h 34 min 7s

Les femmes ont commencé à ne plus travailler que bénévolement.

Cette constatation est la conséquence du fait qu’elles gagnent en moyenne 19 % moins que les hommes, un écart qui représente environ 38,2 jours ouvrés. Bref, ce 7 novembre a débuté la saison “des bonnes poires” !

Plus grave, la course à l’égalité a, en ces temps de régressions sociales, fortement ralenti. Aussi, estime-t-on qu’à ce rythme l’égalité salariale ne deviendrait une réalité que dans 170 ans ! Bref, les femmes devraient “prendre leur mâle en patience” : c’est insupportable !

Non ! Cette question n’est nullement étrangère à celle du “jour du dépassement” puisque les femmes demeurent les premières productrices de richesses dans le monde. Et que toutes les études prouvent irréfutablement que leur accès aux droits, par exemple celui à la scolarisation, l’éducation… est le levier le plus déterminant du développement !

Bref, des combats à mener sans relâche, avec toujours plus de détermination mais en se penchant sur les vraies questions… et les vraies dates !

Le Chahut, décembre 2016