Tout reste à faire !

Édito
mardi 10 janvier 2017

2017, bonne année de lutte !”... Souhaitons le… Même si ce n’est pas des plus évidents : contre la loi Poutine plastronnent, les Fillon et Le Pen attendent leur heure. Veillons à nous y préparer.

Nous avons l’obligation de continuer, pour l’abrogation de la loi El Khomri et pour refuser pied à pied sa mise en œuvre ; de lutter contre les attaques qui, dans la Fonction publique aussi, dérèglementent le travail : ordonnance programmée par la loi Travail sur le CPA, loi déontologie/mobilité, PPCR… Et dans l’EN, réforme de l’évaluation, du collège, de l’éduc. prioritaire… Mais en même temps, travaillons à des alternatives à la casse sociale des Hollande/Valls/Cazeneuve, comme de toute “alternance” libérale, social-libérale ou fascisante.

Les luttes de 2016 éclairent celles de 2017. Les grèves reconductibles, avec AG souveraines et comités de grève, les collectifs de luttes et de quartiers, le cortège de tête en Île-de-France, Nuit debout, On Bloque Tout, les actions de blocage et les AG interpro d’après manif… constituent des acquis, des alternatives aux rituelles journées d’action syndicales “saute mouton” et aux manifestations qui ont soigneusement évité les sièges du pouvoir. Ces grèves, cette autonomie et cette convergence des luttes, ces AG et collectifs, nous devons continuer à les faire vivre dans les ZEP mobilisées, contre la réforme de l’évaluation, avec les Goodyear, les Air France… aussi bien que dans les ZAD, dans la vallée de la Roya, aux côtés de la famille Traoré et de touTEs les répriméEs.

Des directions syndicales incontournables, mais pas à n’importe quel prix. Celles-ci ont gardé la main sur le rythme des luttes… et aussi sur leur arrêt. Nous devons donc renforcer dans les syndicats les interventions contre la cogestion des contre-réformes, pour le retrait des textes qui les mettent en place et pour rassembler dans l’unité la plus large les opposantEs aux politiques ultra-libérales. Sur des revendications claires qui unifient, notamment le privé et le public mieux que ce qui s’est passé contre

la loi “Travail” : lutte contre les licenciements et la précarité, pour des augmentations uniformes de salaires pour touTEs (400 €), pour le maintien et l’extension des acquis sociaux et du droit et des garanties du travail…

Les conditions des luttes évoluent, faisons évoluer les luttes. Les répressions, administratives et professionnelles, judiciaires et d’une police de plus en plus incontrôlée, le fichage de masse, les atteintes au droit de manifester, de militer, d’être solidaire sont des outils de maintien de “l’ordre” capitaliste. Testés dans les banlieues, renforcés sous couvert des attentats, avec l’état d’urgence et de guerre et toutes les lois liberticides, ils ont servi à imposer la loi “Travail”, en étant déployés à un niveau inédit contre les jeunes, puis contre l’ensemble des forces mobilisées. Dorénavant, pour espérer gagner dans les luttes, nous devons nous protéger collectivement contre tout cet attirail. Usons des ressources du mouvement ouvrier : l’occupation de la rue, des lieux de travail et le blocage de l’économie, l’unité et la solidarité, dans les entreprises, les écoles et universités, les quartiers populaires, vis-à-vis des luttes d’émancipation (Palestine, Syrie …) et de l’accueil des réfugiéEs et sans papierEs, la résistance à tous les racismes, au sexisme… Et faisons le lien entre l’action et la défense juridique collective.

Ce sont ces ressources qui ont permis les révolutions, les grandes luttes, le gain des acquis ouvriers et sociaux… Sachons le rappeler, au moment où, pour en finir avec ces acquis et libertés arrachés par les mobilisations, les droites extrêmes rêvent de s’engouffrer dans les brèches ouvertes par une gauche parlementaire épuisée d’avoir tant trahi.

Cent ans après 1917 et bientôt cinquante après 68, tout reste à faire !

Olivier Vinay, le 4 janvier 2017