Notre librairie (décembre 2016)

mercredi 28 décembre 2016

La Tricontinentale

La Conférence de solidarité avec les peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, plus connue sous le nom de “Tricontinentale” s’est tenue à La Havane, le 3 janvier 1966. Regroupant des représentantEs de tous les mouvements de libération et de toutes les organisations luttant contre “le colonialisme, le néocolonialisme et l’impérialisme”, l’objectif était de coordonner les luttes sur les trois continents. Cinquante années se sont écoulées mais l’espoir d’un nouvel ordre économique et politique mondial plus solidaire entraperçu alors, retentit encore aujourd’hui dans les dynamiques latino-américaines et au delà. Les questions posées lors de la Tricontinentale restent d’une grande modernité ; la connaissance de cette période, peut nous aider dans les luttes d’aujourd’hui.

La Tricontinentale, les peuples du tiers-monde à l’assaut du ciel , Saïd Bouamama, éditions Syllepse, octobre 2016, 192 p., 15 €.

Un boycott légitime

Pour les deux auteurEs de ce livre,la principale, source d’exportation de l’État d’Israël vers l’Occident n’est pas constituée d’agrumes, ni même d’armement ou de systèmes sécuritaires : l’essentiel réside dans d’autres produits tels que la littérature, la musique, la danse, le cinéma, l’art et autres domaines culturels qui font la promotion de l’“énergie créative” de l’État israélien. Cette image ainsi que le prestige international de l’université israélienne masquent des réalités bien sombres comme les liens entre recherches universitaires et élaboration de nouveaux outils de combat ou de renseignement ou la discrimination des étudiantEs palestinienNEs. Au nom de toute cette réalité-là, dans le monde en entier, des pays s’engagent dans un mode de résistance pacifique et légitime : le boycott universitaire et culturel des “institutions” ce qui suscite de vives réactions du pouvoir israélien.

Un boycott légitime, pour le BDS universitaire et culturel de l’État d’Israël, Armelle Laborie et Eyal sivan, éditions La fabrique, octobre 2016, 200 p., 10 €.

Enquête sur la vie en transit

Cette enquête sociologique et philosophique explore la condition de migrantE. L’auteure, s’attache à analyser leur point de vue, leur vocabulaire pour se raconter et aussi les mots dans lesquels on les enferme, le prisme à travers lequel on les regarde. Elle nous dévoile ce que leur condition nous dit de la politique d’accueil et d’asile de l’État français. La situation des migrantEs qui ont décidé de quitter un endroit devenu “invivable”et qui parviennent à Calais, où on leur dit qu’ils/elles ne peuvent pas choisir un nouveau lieu de vie, interroge à plus d’un titre. Que signifie alors cette vie en transit ? Peut-on vivre sans chez-soi dans un lieu comme la “jungle” ?. Pourquoi la France, en dépit de sa longue tradition de défense des libertés et des droits humains, condamne-t-elle les migrantEs illégaux/illégales à se replier dans ces espaces ? Quelle alternative peut-on raisonnablement envisager ?

Les Migrants de Calais, enquête sur la vie en transit , Sophie Djigo, éditions Agone, octobre 2016, 216 p., 16 €.

Le dernier assaut

On sait l’intérêt de Jacques Tardi pour la Première Guerre mondiale, sa détermination à en dénoncer la violence et l’absurdité, son engagement pacifiste et antimilitariste. Avec Le dernier assaut, on retrouve avec plaisir l’univers et les thèmes chers à l’auteur, dont le graphisme traduit si bien la violence des combats. À travers l’histoire du brancardier Augustin, c’est surtout le sacrifice des régiments coloniaux, français et anglais, qui est évoqué.

Le livre est accompagné par un CD où alternent textes lus et chansons inédites, magnifiquement interprétées par Simone Grange.

Le dernier assaut, Tardi, Dominique Grange, Accordzéâm, éditions Casterman, octobre 2016, 112 p. 23 €.