De l’argent ? Il y en a...

mercredi 21 décembre 2016

Pourquoi parler du CICE, du pacte de responsabilité dans un journal syndical ? Tout simplement parce que la question des choix budgétaires est liée au nombre de postes dévolus à l’Éducation nationale, à la Santé et à toutes les Fonctions publiques. La dotation budgétaire que nous demandons pour le 94 et pour l’Éducation prioritaire nécessitera des enveloppes budgétaires… En général l’Inspection académique, le Rectorat et le Ministère nous disent que l’on ne peut pas faire autrement. Voyons, ce qu’ils font et nous verrons si on ne peut pas faire d’autres choix…

En 2012, Gattaz président du MEDEF promettait la création d’un million d’emplois. Montebourg, alors ministre du Développement durable en espérait deux millions.

Pour cela le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) a coûté 20 milliards, auxquels il faut ajouter 21 milliards de réductions de cotisations “patronales” au titre du pacte de responsabilité. Ces 41 milliards ont été financés par des baisses de dépenses publiques. Ces baisses de dépenses publiques, ce sont moins d’emplois dans l’éducation, la santé, la prévention etc. Moins de profs, d’infirmières, de médecins scolaires, de postes RASED, etc. Ce sont aussi moins de dotations budgétaires pour les collectivités territoriales : moins d’écoles, de collèges, de lycées et de personnels territoriaux dans ces établissements.

Si on faisait un bilan ?

Selon différentes évaluations, ces dispositifs auraient permis de créer ou sauver 125 000 à 160 000 emplois. La Poste, qui fait des bénéfices, et qui est le premier bénéficiaire du CICE, continue de supprimer des emplois : 19 000 en trois ans… Carrefour, premier employeur privé, continue d’augmenter les dividendes de ses actionnaires. Une distribution de dividendes équivalente à 700 % des résultats nets. Le salaire de son PDG est passé à 7,1 millions d’euros par an, soit 19 500€ par jour !

En 2014, la rémunération des actionnaires a augmenté de 30 % et celle des salarié-e-s de 1,7 %...

Les sources syndicales estiment que 70 % du CICE va à la trésorerie, 15 % va à l’investissement productif et 15 % aux dividendes.

La seule utilité réelle pour l’emploi a été l’aide de soutien aux PME pour lancer un investissement via la Banque Publique d’Investissement (le préfinancement). Mais cela ne porte que sur 1,7 milliard d’euros en 2015.

Par comparaison, 350 000 emplois ont été créés entre 1998 et 2002 grâce aux 35h, (rapport censuré de l’IGAS). Le supplément d’allégements engendré par les lois Aubry, s’élève à près de 12,5 milliards d’euros par an.

Qui sont les assistés ?

Il serait grand temps de faire un audit syndical et citoyen du CICE, du pacte de responsabilité, du crédit impôt compétitivité, les emplois aidés et les 130 à 140 milliards d’aides publiques aux entreprises… Mieux cibler les aides risquerait de contrevenir aux règles de l’Union Européenne…

Sans même parler de la nécessaire redistribution des richesses créées par le travail, bien des ruptures sont à opérer pour se réapproprier l’argent public… Va falloir muscler notre syndicalisme….

Philippe Barre