Appel pour une éducation réellement prioritaire de la maternelle au Bac

vendredi 16 décembre 2016

L’AG de grève Ile-de-France, du 29/11, a voté un ultimatum à la ministre : grève le 3 janvier et reconduction de la grève, à défaut de réponses satisfaisantes sur une carte élargie de l’éducation prioritaire, sur un label garantissant des moyens pérennes et des compensations spécifiques pour les personnels. L’ouverture revendicative de la maternelle au supérieur permet d’élargir encore cette mobilisation dynamique et autonome.

Malgré les objectifs affichés par le projet de refonte de l’éducation prioritaire conduite par le ministère de Najat Vallaud Belkacem, notre système éducatif ne cesse de renforcer les inégalités sociales. À rebours de l’objectif consistant à donner plus à ceux et celles qui ont le moins, ce sont même paradoxalement les établissements des quartiers les plus favorisés qui bénéficient de davantage de moyens en concentrant les enseignant.e.s avec le plus d’ancienneté et les mieux payé.e.s.

Qu’il s’agisse des établissements soi-disant bénéficiaires de la nouvelle politique d’éducation prioritaire, de ceux qui en sont sortis ou vont en sortir ou encore de ceux qui, en dépit des difficultés quotidiennes qu’ils rencontrent, n’y sont pourtant jamais entrés, il est temps de nous mobiliser tous ensemble pour exiger une véritable politique d’éducation prioritaire et des décisions immédiates pour faire cesser la casse de l’Éducation nationale dans les quartiers populaires.

Depuis plusieurs semaines, nous, enseignant.e.s de lycées relevant de l’Éducation prioritaire ou qui devraient en relever, sommes mobilisé.e.s au sein du collectif “Touche pas ma ZEP” afin de protester contre la sortie du dispositif d’Éducation prioritaire de l’ensemble des lycées de France. Celle-ci aurait pour conséquence des effectifs par classe explosant alors que ces lycées sont le prolongement de nombreuses écoles et de nombreux collèges REP ou REP+ ; les élèves accompagné.e.s durant leurs 14 ou 15 premières années ne mériteraient plus que l’on s’y intéresse ! Par ailleurs, elle conduirait à une hémorragie générale des personnels qui, face à la dégradation de leurs conditions de travail, préfèreraient demander leur mutation, laissant les postes les plus difficiles à de jeunes enseignant.e.s sans expérience ou à des personnels précaires.

Pour les écoles et collèges qui ont inauguré le nouveau label REP ou REP +, la situation n’est malheureusement pas beaucoup plus enviable. Ce label n’est en effet contraignant ni en termes de moyens ni en termes d’effectif par classe. Par exemple, dans les écoles primaires, l’augmentation des effectifs est prévisible puisqu’un seuil plancher de 25 élèves par classe en moyenne sera désormais la norme — plus aucune ouverture de classe en-dessous de ce seuil. De plus, les collègues qui sont entré.e.s dans le dispositif REP+, censé leur accorder plus de moyens et d’attention, sont nombreux à dénoncer la poudre aux yeux de ce nouveau label, qui ne peut faire sens que lorsque les équipes déjà en place se connaissent depuis longtemps et travaillent à l’aune d’une certaine cohérence pédagogique.

Toutes ces décisions auront pour conséquence la constitution de véritables ghettos éducatifs, processus déjà entamé en raison de l’assouplissement de la carte scolaire et du recours à l’enseignement privé qui minent la mixité sociale à l’école.

De la maternelle au bac, pour nos élèves, défendons

le même accès à l’éducation dans tous les quartiers !

EXIGEONS TOUS ENSEMBLE :

  • Une nouvelle carte élargie de l’éducation prioritaire incluant les établissements du primaire et du secondaire qui ont été sortis de tous les dispositifs depuis deux ans, ainsi que toutes les écoles, collèges et lycées qui ont vocation à y entrer.
  • Des moyens humains supplémentaires, y compris dans les écoles et collèges actuellement classés en REP ou REP+, de manière à plafonner les effectifs de manière pérenne et à mettre en place les dédoublements de classe partout où cela est nécessaire.
  • Des mesures de compensation salariale pour tou.te.s les personnels des établissements prioritaires (enseignant.e.s, vie scolaire et agent.e.s) ainsi que le rétablissement des bonifications liées aux points de mutations conditionnés à une durée d’exercice minimum, de manière à rendre ces établissements réellement attractifs et à mettre fin à l’instabilité chronique des équipes.
  • La création de tous les postes requis aussi bien pour la vie scolaire, que pour les assistant.e.s sociaux/ sociales et conseiller.e.s d’orientation de manière à garantir un service public réellement égalitaire.

Le Collectif “Touche Pas à ma ZEP” invite tous les établissements et tou.te.s les personnels concerné.e.s à le rejoindre dans la lutte et à diffuser cet Appel le plus largement possible.


Tracts, affiches, agenda et revue de presse disponibles sur le site et la page facebook du collectif :

http://www.tpamz.levillage.org/

https://www.facebook.com/touchepasmazep/


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