Littérature de jeunesse

jeudi 1er décembre 2016

Le Tapaf

Personne ne sait quand il est arrivé. Simplement, un jour, il était là : le Tapaf ! Pas plus gros qu’une pomme, armé d’un minuscule gourdin, il surgissait d’on ne sait où, pour “casser les pieds” tant au sens propre qu’au sens figuré, à tous ceux et toutes celles qui s’amusaient, plaisantaient. Au début, personne n’y prend garde. Mais il se met à grossir… C’est à ce moment-là que tout le monde commence à s’inquiéter. Et bientôt, plus personne n’a le coeur à rire…Vous l’avez compris ce Tapaf grandit et avec lui, les menaces deviennent de plus en plus oppressantes. Petit monstre enragé, le Tapaf n’est pas immédiatement pris au sérieux. Mais bientôt il grandit et la menace enfle avec lui, toujours plus oppressante. La ville sombre dans la terreur. Des lois liberticides sont placardées sur les murs : tout abus de gaîté sera réprimé ! À coups de gourdin, il sanctionne le moindre rire. Dès lors, il n’y a plus de fêtes. Heureusement, les clowns apparaissent : avec leurs grandes chaussures et leur bonne humeur. Grâce à eux et à quelques dissidentEs qui résistent avec pour armes le rire et la dérision, ce monstre de Tapaf sera vaincu. Autour de ce tyran grotesque, l’auteure compose une judicieuse allégorie pour dénoncer tous les totalitarismes. Un album très coloré, qui dit combien le rire est une chose importante et qui nous appelle à la vigilance contre les rabat-joie.

Le Tapaf , Myriam Ouyessad, illustré par Fred Sochard, éditions L’élan vert, août 2016, 32 p. 12, 70 €.

À partir de 5 ans.

Partir, au delà des frontières

Tout commence dans une ville près de la mer, où la vie est facile, heureuse. Mais la guerre survient avec toutes les terreurs qu’elle engendre. Deux enfants dont le père a été victime de cette guerre, se lancent dans un long et dangereux voyage loin de leur pays avec leur maman. Les obstacles sont nombreux, les dangers semblent infinis. Passer la frontière, traverser la mer, se cacher, sans jamais perdre espoir. Dans cet album, Francesca Sanna a su trouver des mots simples, pour expliquer les raisons qui poussent une famille à se mettre en exil. Ses illustrations traduisent à merveille les peurs et les émotions des enfants tout au long de ce périlleux voyage. Un bel album, sensible pour évoquer celles et ceux qui chaque jour prennent le chemin de l’immigration pour tenter de trouver un endroit où vivre en paix.

Partir. Au-delà des frontières , Francesca Sanna, éditions Gallimard, avril 2016, 44 p., 15,90 €.

À partir de 6 ans.

On n’est pas des moutons !

On connaissait déjà aux éditions La ville brûle, On n’est pas des super-héros et On n’est pas des poupées, l’année 2016 nous amène un nouveau titre. Avec On n’est pas des moutons ! les enfants prennent une nouvelle fois la parole pour revendiquer avec force le droit de penser par eux et elles-mêmes. Au fil des pages, ils/elles affirment n’être ni des moutons dociles, ni des autruches qui se cachent la tête dans le sable, ni des cochons gavés de burgers et de sodas, ni des perroquets, ni des toutous etc. Les illustrations très colorées présentent de drôles d’animaux anthropomorphes qui accompagnent des textes courts et percutants. Ce livre permet de dire à l’enfant qu’il/elle est un être unique et qu’il est très important qu’il/elle se construise pour lui/elle, sans suivre les préceptes que d’autres voudraient lui imposer. Être soi-même et pas ce que les autres voudraient qu’on soit, comme le nom de cette collection le rappelle si bien, il n’est “Jamais trop tôt” pour le comprendre.

On n’est pas des moutons ! Claire Cantais, illustré par Yann Fastier, éditions La ville brûle, collection Jamais trop tôt, mars 2016, 44 p., 13 €.

À partir de 4 ans.

Ah ! Quelle soupe les amis !

Une histoire de saison : la petite Lydie s’est mis en tête de cuisiner une bonne soupe de potiron au sirop d’érable. Dans la forêt, pour commencer, elle remplit son panier de myrtilles, qu’elle va troquer contre… un beau saumon, lui même troqué contre… quelques carottes, elles-mêmes échangées contre… un collier en crottes de lapin ! Sans le savoir, la fillette est accompagnée tout au long de ses rencontres par un ours et des oiseaux toujours plus nombreux que les enfants prennent un grand plaisir à rechercher dans les superbes doubles pages. Cette histoire illustre à merveille le partage et la solidarité. Comme la soupe est bonne quand elle est faite à plusieurs ! Un album drôle, poétique aussi comme la nuée de papillons qui s’échappe du chapeau du jeune homme, qui n’offrira que son “bon appétit”, doux par ses illustrations aux crayons de couleurs, revigorant comme une bonne soupe !

Ah ! Quelle soupe les amis ! Alain Serres illustré par Judith Gueyfier, éditions Rue du monde, collection Pas comme les autres, juin 2015, 36 p., 16,50 €.

À partir de 5 ans.