Pas de justice, pas de paix... !

jeudi 1er décembre 2016

Tout acte touchant à l’intégrité, à la vie d’un autre être humain nous sort de l’Humanité, nous fait entrer dans la violence véritable, qui a bien peu à voir avec des bris de glace, jets de peinture et autres tags.

De ce point de vue, ce qui s’est passé dans l’Essonne : le fait qu’un être humain, en l’occurrence un policier, ait été gravement blessé par un autre être humain, est inacceptable et nous sort de l’Humanité.

Hélas, face à cela des syndicats de police répondent, une fois de plus, par des revendications qui ne peuvent qu’alimenter la stratégie de la tension, la montée de la violence : ils demandent à être dotés de plus d’armes de guerre, ils demandent d’obtenir le permis de tuer ou de blesser gravement au motif de la “légitime défense” qui pourrait être invoquée quasi systématiquement.

Ne serait-il pas plus urgent de s’interroger sur les raisons de la montée de l’hostilité vis-à-vis des forces de l’ordre dont la mission affichée est de “protéger” ?

Ne faut-il pas enfin travailler sur les causes ?

En effet, cette hostilité est le résultat d’une politique sécuritaire — ne conduisant certainement pas à plus de sureté pour toutes et tous, bien au contraire.

Cette politique a été menée successivement par les différents gouvernements depuis une dizaine d’années, alors que les tensions et les injustices sociales vont croissantes.

Rappelons l’usage illégitime de la force, les tirs sur la foule au lanceur de balles, les techniques d’arrestations meurtrières par suffocation, la mort d’Adama Traoré l’été dernier, celle de Rémi Fraisse en octobre 2014, les risques de drame programmé en cas d’expulsion à Notre-Dame-des-Landes.

Alors, comment recouvrir notre humanité ? Comment s’interdire absolument de blesser, de tuer l’Autre, quelLE qu’il ou elle soit ?

C’est sur cela qu’il faut travailler : c’est en refusant d’obéir à des ordres contraires à sa conscience,en refusant d’obéir pour des intérêts contraires au bien commun, c’est en parlant,en ne se laissant pas envahir par des pulsions violentes, de vengeance, de mort que l’hostilité générée par les injustices pourra se transformer en mouvement collectif pour la justice.

La peur doit changer de camp” déclarait un policier... Non : c’est en baissant les armes, c’est en faisant en sorte que la peur ne soit plus aux commandes que l’on gagnera toutes et tous à être des êtres humains.

Emmanuelle