Motion générale thème 1 : "éducation, formation, recherche : enjeux d’avenir"

samedi 10 mars 2007
par  QD, Administrateur

Le texte sur le thème 1 adopté par le congrès national est disponible sur le site de la FSU : http://congres-2007.fsu.fr/article.php3?id_article=28
Ci-dessous le texte général alternatif déposé par Emancipation.
Nous avons aussi déposé d’autres textes au vote. Ces textes (et les résultats des votes) sont téléchargeables dans l’autre article sur le thème 1.

MOTION Émancipation

Pour : 35 ( 9,02%)
Contre : 344 (88,66%)
Abstention : 9 ( 2,32%)
Refus de vote : 101

Contre l’école libérale, une autre école
dans une autre société

De la maternelle à l’université, l’ensemble du système éducatif a subi depuis 2003 tout un ensemble d’attaques et de régressions pour le soumettre aux nouveaux impératifs du système capitaliste :

- Régression sur le budget, le nombre de postes et les moyens octroyés aux établissements établissements, aggravée avec la mise en place de la LOLF  ;

- Régression sur les conditions de travail et les statuts des personnels, avec le développement de la précarité, les remplacements à l’interne et la réforme du statut de 1950 dans le second degré, les projets de transformation des écoles en établissements du premier degré et de leurs directeurEs en chef d’établissement...

- Régression sur la laïcité, avec l’enseignement du "fait religieux", le statut d’agent public de l’Etat reconnu aux personnels de l’enseignement privé, l’obligation pour les communes de résidence de financer la scolarité des élèves dans une école privée située sur une autre commune…

- Régression sur la structure éducative avec la remise en cause de la scolarité dès 2 ans, la contractualisation (PPRE), l’orientation précoce, l’alternance et l’apprentissage dès 14 ans, la réforme LMD à l’université…

- Régression sur la pédagogie avec le "socle commun" minimal et utilitaire, la réduction des horaires disciplinaires, le Conseil Pédagogique dans le second degré, la circulaire De Robien sur l’enseignement de la lecture, la note de "vie scolaire" en collège...

Face à ces attaques multiples et multiformes, la FSU considère que les attitudes de résistance locale ou de boycott, pour nécessaires qu’elles soient, ne peuvent suffire ; elle prend l’engagement de travailler dans l’unité intersyndicale à la construction de la lutte centralisée indispensable pour obtenir l’abrogation de toutes les lois, le retrait de tous les projets qui organisent le démantèlement du service public d’éducation.

Le rapport préparatoire à notre congrès réaffirme que "la FSU se prononce pour une école pour tous, plus juste, plus égalitaire". Mais on ne peut espérer mobiliser un mouvement social en faveur d’un système éducatif réellement démocratique en proposant seulement d’aménager le système actuel pour accompagner les évolutions de la société : face à une conception utilitariste de l’école au service du patronat, c’est un véritable contre-projet inscrit dans une perspective de rupture avec le capitalisme qu’il faut élaborer et opposer à ce qui n’est déjà plus un projet gouvernemental, mais une réalité que nous avons laissée s’imposer, faute de luttes conséquentes.

Ce contre-projet, nous voulons l’asseoir sur quelques principes fondamentaux :
- L’éducation est un droit, tous les enfants et les jeunes, jusqu’à l’actuelle fin du lycée, doivent y avoir un égal accès sur tout le territoire.
- L’école, le collège, le lycée, ne sont pas seulement des lieux laïques d’éducation, de construction et d’acquisition des savoirs, ce sont aussi des lieux de socialisation.
- La mission du système éducatif est de donner à tous les jeunes, sans distinction d’aucune sorte, les repères culturels et les méthodes de la raison critique qui leur permettront d’agir librement sur le monde, c’est-à-dire de devenir des hommes et des femmes émancipéEs.
- Les enfants et les jeunes ont des droits, qui doivent être respectés à l’école, au collège et au lycée.

Un système éducatif laïque, national et unifié

Pour la mise en pratique de ces principes, l’éducation doit d’abord rester laïque et nationale, le dualisme scolaire doit disparaître. Le service public d’éducation doit rester indépendant de tout groupe de pression, qu’il soit religieux, politique ou économique. Cela signifie non seulement l’interdiction de tout signe d’appartenance religieuse, mais aussi l’interdiction de toute démarche publicitaire visant les enfants et les jeunes. L’Education doit rester nationale pour garantir à la fois l’indépendance du système éducatif vis à vis des politiques locales et l’égalité sur tout le territoire des conditions d’accès à une culture partagée et formatrice de citoyenEs libres et autonomes.

L’institution scolaire doit, seule et en toute indépendance, délivrer des validations et certifications reconnues par tous les acteurEs sociaux sur tout le territoire national. C’est pourquoi la carte scolaire doit être strictement respectée pour empêcher toute mise en concurrence des établissements. Si le cadrage national doit laisser des espaces de liberté aux équipes pédagogiques et aux projets collectifs, il ne saurait avoir vocation à s’adapter aux besoins du patronat local. L’Education Nationale ne doit pas être décentralisée, et tous ses personnels doivent rester, redevenir ou devenir fonctionnaires d’Etat. Pour cela il faut en finir avec la précarité et titulariser tous les personnels précaires, qu’ils/elles soient actuellement employéEs ou qu’ils/elles aient été licenciéEs, sans conditions de délais, de concours ni de nationalité. Il faut aussi unifier le système éducatif par la nationalisation laïque sans indemnité ni rachat des écoles privées, confessionnelles ou patronales.

Le temps libre, un espace éducatif spécifique L’éducation est la résultante de l’action de plusieurs co-éducateurEs de l’enfant : parents, enseignantEs, animateurEs… chacun gardant sa fonction propre.

Le temps libre peut ou approfondir les inégalités sociales ou les réduire, il s’agit là d’un enjeu éducatif essentiel pour la construction de l’enfant comme être unique développant ses propres capacités et comme être social. Tous les enfants doivent avoir accès en dehors du temps scolaire à des loisirs de qualité, leur permettant de découvrir des activités diverses et de les pratiquer dans une démarche citoyenne où ils/elles deviennent acteurEs de leur temps libre.

L’éducation populaire a joué et joue un rôle irremplaçable comme mouvement d’influence éducative et de transformation sociale. Elle doit pouvoir disposer de fonds publics suffisamment conséquents et pérennes afin de remplir sa mission première dans le champ qui est le sien : le temps libre dans le cadre des formations, de l’accompagnement, du conseil .

Il est indispensable que, sur tout le territoire, chaque enfant puisse disposer d’un espace ludique éducatif, complémentaire de l’école.

L’intervention éducative durant les périodes péri et post scolaire procède du service public et ne doit pas dépendre de la richesse locale ou de la volonté politique des décideurs locaux.

Les animateurEs professionnels doivent être titulaires de la fonction publique et disposer d’une formation, les étudiantEs n’étant employéEs qu’occasionnellement durant les périodes de congés.

Il faut ainsi mettre fin aux délégations de service public qui conduisent des associations à gérer pour compte de tiers avec du personnel souvent précarisé.

Une culture émancipatrice garantie à touTEs les jeunes Une scolarité jusqu’à 18 ans ne relève d’une démocratisation que si c’est une scolarité sans ruptures ni orientations jusqu’à l’actuelle fin du lycée. Des parcours variés, non pénalisants pour l’avenir, doivent être possibles au sein des écoles mais aussi ensuite, au sein d’un établissement secondaire (collège-lycée unique), sans paliers d’orientation, et où chaque enfant, chaque adolescentE, chaque jeune pourra œuvrer à son rythme pour l’acquisition d’une même culture commune de savoirs diversifiés. Chaque enfant doit pouvoir s’attarder dans les domaines où il/elle est en difficulté tout en pouvant continuer sa progression dans les domaines où il/elle réussit. Cela suppose par exemple la remise en cause du redoublement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, une organisation non plus centrée sur le groupe classe traditionnel, mais sur des groupes de base hétérogènes qui éclatent à certains moments de la journée et de la semaine en petits groupes de besoin ou en groupes de projets. Cela suppose un aménagement des niveaux pour dissocier classe d’âge et classe d’apprentissage, l’organisation de véritables cycles pluriannuels dans le Secondaire comme dans le primaire où l’expression de cycle recouvre actuellement la traditionnelle rupture des classes (GS CP CE1 CE2 etc.), un enseignement permettant un parcours personnel dans le cadre de programmes officiels.Un lieu unique de socialisation, de formation, d’émancipation

Pour garantir une culture émancipatrice à touTEs les jeunes, il faut un enseignement polyvalent et polytechnique, où savoirs et disciplines ne sont pas hiérarchisés. Il faut mettre fin à la coexistence actuelle de trois voies de formation séparées : voie générale, voie technologique, voie professionnelle, qui justifie aujourd’hui l’orientation précoce. Les déclarations d’intentions de “revalorisation” des voies technologique et professionnelle, leur “mise sur un pied d’égalité dans les plus brefs délais”, depuis longtemps répétées, ne peuvent être suivies d’effet tant que ces trois voies continueront d’être séparées, l’environnement économique et social se chargeant de toute façon d’opérer cette hiérarchisation. Il faut donc supprimer les trois voies de formation actuelles et les remplacer par un cursus unique.

Pour cela il faut créer un lieu unique de socialisation et de formation des jeunes, organisé en groupes socialement, culturellement et scolairement hétérogènes, pour permettre à chacunE l’apprentissage de la vie démocratique, de la prise de responsabilité, et la découverte des savoirs généraux, technologiques et professionnels fondamentaux, dans une progression adaptée à chaque individuE. Un tel dispositif inclurait évidemment les enfants relevant aujourd’hui de l’enseignement spécialisé, avec les moyens appropriés.

Ces lieux de socialisation et d’apprentissage doivent rester de taille modeste. Contre la concentration des jeunes dans des cités scolaires démesurées, contre le regroupement des écoles rurales en réseaux, dont l’unique but est l’économie de postes, il faut un maillage dense d’écoles communales et pour le secondaire de petits établissements, à la fois insérés dans l’environnement local et ouverts sur le quartier, la région, le monde, grâce aux techniques modernes de communication et aux échanges coopératifs.

Mettre en pratique les pédagogies émancipatricesTout cela ne peut pas se faire et n’a pas de sens si la dimension pédagogique n’est pas prise en compte. Pour réaliser l’ambition d’une culture émancipatrice pour touTEs, il ne s’agit pas de placer “au centre du système éducatif” unE élève privéE de ses droits et conçuE comme le réceptacle, même plus ou moins actif, de savoirs plus ou moins cloisonnés, empilés, qu’il faut acquérir en un temps saucissonné et sur un rythme imposé. Principale caractéristique pédagogique du système éducatif actuel, cet empilement des savoirs découpés en disciplines n’a pour seule fonction sociale que la reproduction des élites. Il faut par conséquent repenser la définition des disciplines d’enseignement, renouveler la réflexion sur les disciplines et les programmes, du triple point de vue des contenus, des cohérences interdisciplinaires et des rythmes d’acquisitions qu’ils imposent. Il faut impulser une approche des savoirs dans un cadre collectif et coopératif, par l’utilisation du processus de “ tâtonnement expérimental ” pour la construction des savoirs, par des projets collectifs et individuels ambitieux, par la maîtrise et le lien entre toutes les approches : artistique, linguistique, littéraire, manuelle, philosophique, scientifique, sociale, corporelle et technique. Parce que la réalité du monde qui nous entoure est source d’objets d’étude complexes, il faut maintenir toute la pluralité des approches disciplinaires et lui donner une cohérence globale, à l’opposé des choix excluants et mutilants d’options actuellement proposés pour les enseignements artistiques, la technologie, la LV 2, ou encore la « découverte professionnelle ».

Exercer la démocratie dans les établissementsCe qu’il faut placer au centre du système éducatif, c’est l’enfant et le/la jeune considéréEs et respectéEs dans toute leur personne, c’est-à-dire rétabliEs dans tous leurs droits. Cela suppose la mise en place d’une institution démocratique débarrassée des structures hiérarchiques et respectueuse des droits fondamentaux, précisément pour la participation aux prises de décision. Dès l’école maternelle et primaire, puis dans le cadre indispensable d’un établissement secondaire polytechnique pour tous, il faut œuvrer pour reconnaître les jeunes comme des personnes, en favorisant l’ouverture sur la vie, l’autonomie, la prise de responsabilités et la participation aux décisions. Il faut donner aux jeunes la place et la reconnaissance dont ils ont besoin en permettant l’apprentissage de la liberté au sein d’un groupe, par la participation active à la vie collective et sociale au sein de l’établissement. D’où la centralité de la coopération. Les parents et les partenaires éducatifs doivent être associés au fonctionnement démocratique. Au renforcement des pouvoirs des chefs d’établissements et au conseil pédagogique il faut opposer la direction collégiale et l’élection, l’intégration des tâches administratives dans le temps de service.

Un recrutement à hauteur des besoins, des équipes étoffées aux compétences variées

La mise en pratique d’un enseignement permettant un parcours personnel dans le cadre de programmes officiels ne peut se faire sans une augmentation significative du nombre d’enseignantEs -touTES titulaires- pour permettre des regroupements à petits effectifs dans tous les domaines et à tous les niveaux, et pas seulement dans les disciplines dites "à manipulation" comme c’est le cas actuellement dans le secondaire.

Il faut, à la maternelle et à l’école primaire, des enseignantEs supplémentaires non rattachéEs à un groupe classe précis, pour encadrer les activités en petit groupe. Il faut pouvoir accueillir à l’école maternelle les enfants dès deux ans dans des conditions adaptées à leur âge : pas de groupe de plus de 20 enfants, un espace adapté à leurs besoins. De l’école primaire au lycée, aucun groupe ou classe ne devrait dépasser 25 élèves.

Les équipes enseignantes doivent être constituées autour de projets cohérents mais à rebours de la polyvalence disciplinaire que l’on veut à nouveau nous imposer, elles doivent être composées au contraire de personnels qualifiés et formés, où chacunE apporte ses compétences qui, complémentaires avec celles des autres, doivent permettre au total de couvrir la multiplicité des champs d’intervention : l’apport disciplinaire le plus pointu, la dynamique de projet, et aussi l’écoute, le soutien psychologique, l’accompagnement d’enfants et de jeunes handicapéEs …

Cela suppose aussi la reconnaissance pleine et entière de la fonction éducative de touTEs les adultes intervenant dans la communauté éducative, et donc un statut unique pour tous les personnels.

Il faut également impulser ouverture, partenariat, concertation, dans un esprit débarrassé de toute velléité concurrentielle, avec tous les acteurs, travailleurs sociaux et associations de soutien scolaire et d’éducation populaire, qui organisent et prennent en charge le temps périscolaire, le suivi social et les loisirs, ce qui nécessite des recrutements à la hauteur des besoins dans ces secteurs.

Une refonte de la formation des personnelsToutes les équipes enseignantes devraient être associées, grâce à des moyens conséquents, à la gestion de l’établissement et de l’institution, dans son organisation matérielle et dans ses contenus pédagogiques. Cette redéfinition complète du métier d’enseignantE et des tâches éducatives, qu’il faut évidemment inclure dans le temps de travail, ne va pas sans une refonte complète de la formation initiale et continue.

Cette formation devrait être commune pour un corps unique de tous les personnels de l’Education Nationale et s’appuyer sur les établissements qui déjà mettent en pratique les pédagogies émancipatrices fondées sur la coopération, le tâtonnement expérimental, le projet interdisciplinaire ; elle devrait également appliquer le principe de la co-formation, où forméEs et formateurEs venant d’horizons variés (universitaires, enseignantEs, travailleurEs sociaux, personnels ATOSS…), réuniEs dans un même statut, n’auraient plus de relation hiérarchique, où tous les personnels deviendraient véritablement acteurEs de leur formation.

Une formation qui dès maintenant serait ouverte à tous les personnels, administratifs, agents ATOSS et ATSEM, MI – SE, etc., dont la dimension éducative des tâches et des interventions quotidiennes auprès des enfants et des jeunes, et l’intégration dans les équipes éducatives, seraient dès lors pleinement prises en compte, dans la perspective du corps unique.

Une université de service publicAujourd’hui, 90 % des enfants de cadres ont accès au bac général, et 45 % d’entre eux/elles obtiennent ensuite un diplôme universitaire de 3ième cycle, tandis que 45 % des enfants d’ouvrierEs ont accès au bac général et seulement 6 % obtiennent un diplôme de 3ième cycle. En allongeant la durée des études, et donc en augmentant leur coût, sans aucune mesure sociale compensatrice, l’actuelle réforme universitaire ne fera qu’aggraver la discrimination sociale. Les alibis de la modernisation cachent mal les véritables objectifs de la réforme des universités dans le cadre de l’harmonisation européenne. L’ouverture aux capitaux privés, la mise en concurrence des établissements et leur rentabilisation doivent être dénoncés.

Pour nous, l’université doit développer l’esprit libre, critique et humaniste autour de trois approches :
- formation fondamentale et professionnelle initiale et continue,
- recherche, création d’espaces de contre-expertises et de libre discussion face aux puissances étatiques et financières ;
- diffusion d’une culture en constant renouvellement et sous des formes interactives auprès de tous les publics désireux de se l’approprier.

Ces trois axes ne peuvent être menés de front que dans le cadre d’un service public national, laïque, unifié et donc non concurrentiel.

La gratuité des services sociaux : hébergement, santé, transport, études doit être assurée aux étudiantEs.

Au renforcement des pouvoirs des Présidents d’université devenus de vrais chefs d’entreprise, à l’ingérence du patronat dans les formations, à la représentation du patronat dans les Conseils d’Administration, il faut opposer la gestion démocratique par des éluEs sous le contrôle des personnels.

La création d’un système éducatif réellement démocratique et progressiste ne pourra se faire sans la mobilisation et la lutte déterminée de tous les travailleurs et des travailleuses.

Nous n’avons pas pour objectif d’optimiser le système éducatif de la société capitaliste libérale d’aujourd’hui, et tel n’est pas le rôle d’un syndicat. C’est par la lutte sociale et la rupture avec le capitalisme que nous pourrons bâtir les fondements d’une autre école dans une autre société.


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