Brèves féministes (octobre 2016)

lundi 31 octobre 2016
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Corbyn, Martinez, les apéros et le sexisme

Nous n’avons aucune empathie spéciale envers le secrétaire général de la CGT, ni le dirigeant du Parti travailliste anglais (dont cependant la réélection large contre l’appareil blairiste est à saluer). Cependant, tous deux ont attiré l’attention du public sur une question ayant trait aux inégalités hommes-femmes, à savoir la question des apéros. Philippe Martinez à la Fête de L’Humanité a reconnu lors d’un débat que “La CGT n’est pas machiste, mais il y a trop de machos à la CGT”. Et de pointer certains travers dans l’organisation : “les heures de réunion qui finissent à pas d’heure, parce que c’est pas moi qui m’occupe des gosse donc ça peut traîner [...] des apéros qui prennent plus de temps que la réunion et c’est pour ça qu’elle finit tard”. De l’autre côté de la Manche, Jeremy Corbyn a relevé que d’une manière générale l’apéro — souvent à l’initiative du supérieur hiérarchique — à la sortie du travail “favorise les hommes qui ne sentent pas le besoin de rentrer chez eux pour s’occuper de leurs enfants, et discrimine les femmes qui veulent, évidemment, être auprès des enfants”. Les débats provoqués par cette remarque ont permis à certaines journalistes de rappeler ce fait : la boisson à la sortie du travail est souvent une pratique imposée par la hiérarchie, pouvant jouer un rôle dans la (non)progression de carrière, constituant une extension de fait de la journée de travail... au détriment de la vie de couple et de la répartition égalitaire du travail domestique. Et la remarque du secrétaire général de la CGT rappelle que dans les milieux militants, les apéros et soirées arrosées ne sont pas uniquement des moments de convivialité fraternelle...

Quentin

Jusqu’où ira la très catholique Pologne ?

Avoir une des lois les plus restrictives d’Europe sur l’IVG ne suffit pas aux Polonais : c’est encore trop pour les très cathos anti IVG locaux de permettre aux femmes d’avorter en cas de risque pour la santé de la mère, de maladie grave de l’embryon ou de grossesse consécutive à un viol ou un inceste !

Le comité STOP avortement a recueilli plus de 500 ?000 signatures pour empêcher toute IVG alors que les pro-IVG n’ont pu en avoir que 215 ?000, soit moins de la moitié. Forts de ce succès, les pro-vie veulent aller jusqu’à interdire de congeler les embryons et la fécondation de plusieurs ovules à la fois, remettant aussi en cause la fécondation in vitro…

Jusqu’où laisserons-nous ces fous furieux du primitivisme naturel entraver le droit des femmes à disposer de leur corps ? Les libertés, version polonaise ou hongroise, n’ont pas l’air d’être réellement une priorité pour la très démocratique Europe !

Eliane Paul-Di Vincenzo