Notre librairie (octobre 2016)

lundi 24 octobre 2016

Le plein emploi, c’est possible !


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Avec le chômage de masse et la précarité qui se développe, le patronat et le gouvernement essaient d’imposer, au nom de l’emploi, de nouvelles régressions sociales. Cette Note de la Fondation Copernic se propose de déconstruire des pseudo-solutions néolibérales : non, le Code du travail n’est pas un obstacle à l’emploi. La question de l’emploi est avant tout une question politique en lien direct avec le choix d’une logique économique. Il est indispensable de reprendre le contrôle du système financier. Relancer les investissements vers la transition écologique, relancer le processus historique de réduction du temps de travail, sont parmi les pistes proposées pour en finir avec l’austérité et aller vers plus de satisfaction des besoins sociaux.

Le plein emploi, c’est possible ! Éléments pour une politique de gauche , coordonné par Pierre Khalfa, éditions Syllepse, septembre 2016, 70 p., 5 €.

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Boulots de merde ! Du cireur au trader

L’expression est de plus en plus employée, mais comment définir ces “boulots de merde” : contrats précaires, emplois abrutissants ou dépourvus de sens et très mal payés ? Pourquoi l’expression semble-t-elle parfaitement appropriée pour désigner la corvée de l’agent de nettoyage, le labeur du livreur de prospectus mais ne s’applique-t-elle pas au travail du conseiller/ère fiscal ou du haut fonctionnaire atteléE au démantèlement du code du travail ?

Les deux auteurs, journalistes eux mêmes précaires, ont réalisé “une galerie” saisissante de ces “boulots de merde” à partir des récits de celles et ceux qui les exercent. Sans prétendre à l’analyse théorique, ils cherchent à susciter la mobilisation autour de ces “boulots” qui envahissent l’ensemble du monde du travail, nourris par la dégradation des métiers socialement utiles comme par la survalorisation des professions parasitaires ou néfastes.

Boulots de merde ! Du cireur au trader, Enquête sur l’utilité et la nuisance des métiers , Julien Brygo, Olivier Cyran, Éditions La découverte, septembre 2016, 240 p., 18,50 €.
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Grèves et joie pure

Une arme nouvelle : les occupations d’usine, 1936.

Les éditions Libertalia, nous proposent dans ce petit ouvrage, trois articles rédigés en 1936 par Simone Weil. Retour sur la période du Front populaire avec la vague de grèves spontanées qui éclatent en France. L’un d’eux publié dans la revue syndicaliste La Révolution prolétarienne, est devenu célèbre par sa description accablante de la condition ouvrière dans la métallurgie. Il constituait aussi un éclairage inégalé sur la nature et le climat de ces grèves en soulignant leur caractère inédit : les occupations d’usines. La lecture actuelle de ces articles révèle la lucidité et le génie d’une philosophe qui n’hésita pas à se faire ouvrière pour comprendre, de l’intérieur, une condition sur laquelle intellectuelLEs et révolutionnaires dissertent sans la vivre. Elle rappelle aussi que la grandeur et l’importance des combats ouvriers résident avant tout dans l’invention de nouveaux moyens de lutte pour combattre l’aliénation et l’exploitation.

Grèves et joie pure , Simone Weil, éditions Libertalia, mai 2016, 80 p., 7 €.
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Le plus vieux métier du monde… qu’ils disent


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Laurence Biberfeld, dont on connaît l’engagement anarchiste, grâce à des articles et essais tels que Apprendre à désobéir, petite histoire de l’école qui résiste, co-écrit avec Gregory Chambat s’attaque ici à un sujet de société qui fait débat : la prostitution. Cet essai reprend les arguments ordinairement employés quand on parle de la prostitution, pour mieux leur tordre le cou et montrer qu’ils sont dans la plupart des cas, erronés voire dangereux. Dans une perspective féministe et libertaire, résolument abolitionniste, l’auteure termine par une confrontation de ses propres points de vue avec ceux des syndicats de prostituées et des néo-abolitionnistes et avance des pistes d’action globales.

Le plus vieux métier du monde… qu’ils disent , Laurence Biberfeld, éditions Libertaires, juin 2016, 184 p., 14 €.