Brèves féministes (septembre 2016)

dimanche 25 septembre 2016
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

L’impunité des violeurs au Maroc.

Elle s’appelait Khadidja, elle habitait Benguerir près de Marrakech et avait juste 17 ans. Fin 2015, elle a été violée par huit hommes qui ont filmé la scène. La gendarmerie a tardé à arrêter les agresseurs et l’un d’eux a été arrêté alors qu’il était en train de commettre un autre viol.

Immédiatement après leur comparution, les agresseurs ont été mis en liberté conditionnelle grâce à l’intervention de personnalités influentes. Ils ont immédiatement menacé Khadidja, enceinte, en menaçant de diffuser la vidéo si elle ne retirait pas sa plainte.

Khadidja s’est immolée par le feu.

Quelques mois auparavant, une autre jeune femme de 16 ans, Amina, s’était également suicidée : ses parents et ceux du violeur avaient passé un arrangement financier : elle épousait son violeur et renonçait à la plainte.

Ces deux affaires ont provoqué beaucoup d’émoi sur les réseaux sociaux où des groupes de femmes exigent la fin de l’impunité pour les violeurs.

Pérou

Ce sont les plus importantes manifestations dans le pays depuis celles qui avaient fait tomber Fujimori. Au Pérou, 7 femmes sur 10 déclarent avoir été victimes de coups, d’attouchements ou de viols. Par dizaines de milliers, elles sont descendues dans la rue le 13 août dans les principales villes du pays. Ce mouvement qui a pris le nom de “plus une seule” rappelle aussi un scandale qui s’est déroulé il y a 30 ans : la stérilisation forcée de 300 000 femmes amérindiennes.

Pierre Stambul

Kindle, le mouvement ouvrier et les femmes

Quel rapport entre Kindle et les droits des femmes ? Question saugrenue a priori, les grandes firmes capitalistes (c’est Amazon qui commercialise cette liseuse électronique) ont tout intérêt à voir perdurer les oppressions favorisant l’exploitation, la baisse du “coût du travail”, la division du salariat… pourtant, en regardant attentivement dans son offre de livres électroniques à petit prix, on peut y trouver le grand livre d’August Bebel : La femme et le socialisme (aujourd’hui difficile à trouver en version papier). Publié en 1879, de nombreuses fois réédité en plusieurs langues, il s’agit de la première analyse marxiste fouillée concernant l’oppression des femmes et leurs perspectives d’émancipation en lien avec une émancipation humaine globale. Si certaines de ses analyses sont maintenant discutables (il postule l’existence d’un matriarcat aux origines de l’humanité), d’autres montrent une ampleur de vue remarquable, pour notre époque et encore plus pour l’époque où il a été publié. Il montre aussi que le mouvement ouvrier avait (et a) des progrès à faire, Bebel devant défendre le fait que les femmes puissent s’émanciper par leur indépendance économique, puissent avoir les mêmes droits dans TOUS les domaines, puissent choisir les formes de leur sexualité et de leur vie affective… face aux préjugés réactionnaires mais aussi face à d’autres militants de la social-démocratie. Un ouvrage à (re)découvrir !

Quentin Dauphiné