Agression du 9 juin 2015, épilogue provisoire

vendredi 23 septembre 2016

Rappel des faits

Dans la nuit du 8 au 9 juin 2015, sur dénonciation calomnieuse d’un militant franco-israélien de la LDJ (Ligue de Défense Juive) surnommé Ulcan, le RAID débarquait très violemment chez moi. L’individu avait piraté ma ligne téléphonique et affirmé que j’avais tué ma femme. Le même procédé avait déjà été utilisé à de nombreuses reprises, notamment contre des militant-e-s de la cause palestinienne.

Alors qu’instantanément nos héros du RAID pouvaient constater que la femme que j’étais censé avoir tuée était en parfaite santé, ils cassaient plusieurs portes, maltraitaient ou terrorisaient des voisin-e-s, séquestraient la “morte”, me traînaient par terre, me frappaient et me maintenaient ligoté. Au bout d’une heure, la police nationale prenait le relais et me mettait sept heures en garde-à-vue.

Un an plus tard, où en est-on ?

Le hacker de la LDJ coule des jours (heureux ?) à Ashdod au sud de Tel-Aviv. Il a continué ses “exploits” en piratant notamment le téléphone portable de Stéphane Richard, PDG d’Orange, pendant la visite de celui-ci en Israël. Il y a au moins 105 plaintes contre lui en France. Mais Israël n’extrade pas ses “nationaux”. Il a été interrogé et laissé en liberté. La technique est désormais rodée : tout délinquant français d’origine juive peut partir en Israël et jouir de l’impunité.

Si la plainte pénale contre Ulcan n’a pour l’instant pas abouti, il restait la question des violences policières.

À l’heure des manifestations encagées, de l’usage systématique des armes les plus dangereuses et de l’impunité offerte à la police de la part des ministres et de la justice (l’absence de poursuites contre les responsables de la mort de Rémi Fraisse est un scandale absolu), mon “cas” peut donner des idées.

Sur conseil de mon avocat, je n’ai pas déposé de plainte pénale contre l’État, il y aurait eu instantanément un non-lieu. J’ai porté plainte “au civil” en demandant d’énormes dommages et intérêts. Si nous avons perdu sur la demande que le procès ait lieu en urgence, du moins il n’était pas possible de classer l’affaire.

L’État était très embêté. J’ai vu deux fois le Préfet de Police de Marseille et une fois la conseillère de Cazeneuve (les ministres ont refusé de recevoir l’UJFP). J’ai eu à chaque fois des explications alambiquées : “on est désolé, mais c’est la procédure, on ne peut pas faire autrement” (ce qui est parfaitement stupide).

Finalement l’État a appliqué la loi en vigueur sur les procès “au civil” en proposant une “transaction”, ce qui est en soi une reconnaissance de la faute. Le montant de l’indemnisation a permis de rembourser tous les frais engagés (avocat, dégâts) et d’envoyer une somme substantielle à des associations de Gaza (l’UAWC, le PCHR, la radio francophone de Ziad Médoukh).

Cet épilogue pourrait donner des idées aux très nombreuses victimes de violences policières.

Pierre Stambul


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