La précarité n’est pas une fatalité, soutenons les luttes des hors statuts !

Dossier
mercredi 21 septembre 2016

La lutte contre la loi “travail” et son monde qui doit se poursuivre en cette rentrée montre combien le capitalisme et les instances qui le servent ou le jugent indépassable sont prêts à tout pour encore accroître les profits et les dividendes aux actionnaires. Il leur faut absolument faire travailler plus et payer moins de salaire direct ou de protection sociale et contribuer à moins de services publics.

Pour cela ils ne cessent d’attaquer et de contourner les garanties professionnelles et sociales qui en découlent (conventions collectives, CDI, statut de la Fonction publique, sécu, retraites, chômage, minima sociaux...), partout où ils le peuvent, ne connaissant que la limite du rapport de force imposé par la lutte des travailleurs et des travailleuses. La loi “travail” est un levier central de cette confrontation, ainsi que dans la Fonction publique, la loi “déontologie” et l’“accord” PPCR. Mais il en est un autre qui d’emblée prive de nombreux/ses travailleurs/euses, d’une bonne partie des garanties citées ci-dessus et qui, faute d’être combattu simultanément, rend les luttes d’ensemble beaucoup plus difficiles. Ce levier, c’est la précarité, le recours à un volant de plus en plus important de salarié.e.s corvéables à merci et jetables tels des kleenexs.

Les formes d’emploi hors-statuts ne cessent de se multiplier (voir à cet égard les tableaux de comparaison des situations précaires dans les précédents dossiers Précarité de l’Émancipation, notamment celui d’octobre 2014 qui reste d’actualité). Le travail en pièces, les petits boulots qui n’étaient d’abord qu’une forme d’attente d’un emploi à l’issue des études, concernent une partie de plus en plus importante de la jeunesse (et pas seulement) sur une durée de plus en plus longue, sans même parler des secteurs où la précarité est un mode de gestion, comme la sous-traitance, l’intérim, l’enseignement supérieur et la recherche ou les vies scolaires.

Il faut dire que la précarité présente beaucoup d’avantagespour le patronat et pour l’État : elle leur permet de surexploiter et de licencier autant que de besoin une partie de leurs employé.e.s, et aussi de renforcer au sein des collectifs de travail le nombre de celles et ceux qui hésitent à revendiquer et à se mobiliser, du fait de leur fragilité statutaire, mais également d’user du chantage et de la peur de passer de statuts un peu plus protégés, à la précarité et au chômage.

Mais heureusement, ces avantages de la précarité pour le système d’exploitation sont battus en brèche par des luttes de précaires. Ce sont des exemples de ces luttes que nous avons choisi de présenter dans ce dossier précarité. Qu’elles aient été victorieuses, comme celle des vacataires de la BNF, qu’elles se déroulent actuellement comme celle des AED, ou peinent à se structurer, comme dans l’animation, elles posent toutes la question de la solidarité des personnels sous statut et des précaires.

Dossier coordonné par Olivier Vinay