Pour une autre société Pour une autre école

samedi 17 septembre 2016
par  Catherine

Nous publions ci-dessous le texte d’orientation présenté par l’Émancipation tendance intersyndicale à la consultation interne au SNUipp qui aura lieu du 14 septembre au 12 octobre.

Contre le travail empêché

La politique gouvernementale persiste : le “new management” public s’applique partout et les réformes vont toutes dans ce sens. La réforme des rythmes vise à contraindre le temps scolaire et vassaliser les enseignantEs aux municipalités. Le protocole PPCR — en créant un grade supplémentaire accessible seulement à certaines fonctions ou au mérite — vise à caporaliser les personnels. La réécriture des ORS organise et multiplie les missions hors temps d’enseignement, sous le contrôle tatillon de l’administration. La loi Peillon et ses déclinaisons successives aggravent la prolétarisation des enseignantEs, leur assignant un simple rôle d’exécutantEs soumisES à la hiérarchie.

Contre cela, le SNUipp doit revendiquer :

- l’abrogation de tous ces dispositifs (ORS, réforme Peillon des rythmes, évaluation carrière),
- un cadre national pour les programmes, l’organisation territoriale, le temps scolaire et l’organisation scolaire,
- la souveraineté du conseil des maîtres dans le fonctionnement de l’école et le refus d’un statut de directeur d’école.

Pour un SNUipp à l’offensive

Les actions syndicales ne peuvent se limiter à l’agenda ministériel, ni se restreindre aux réactions face aux attaques. Pour redonner confiance dans la vie syndicale, il ne faut pas renier les engagements historiques du syndicalisme enseignant, ni renoncer aux revendications unifiantes.

Pour Émancipation, le SNUipp doit porter un projet fort pour les travailleurEs de l’Éducation :

- ORS ramenées à 18h d’enseignement sur 36 semaines, soit trois enseignantEs pour deux classes, suppression des trois heures hebdomadaires globalisées,
- création d’une grille salariale unique avec avancement unique et augmentation uniforme de 500 € pour touTEs,
- titularisation immédiate et sans condition de touTEs les précaires, y compris par de nouveaux statuts,
- pré-recrutement à niveau bac sous statut d’élève-professeurE, concours à l’issue de la licence avec deux années de formation,
- retour à la retraite à taux plein (75 % du dernier traitement) à 55 ans,
- unification par le haut des statuts après la création d’un corps unique de la maternelle à l’université.

Cela passe par une école laïque, démocratique, égalitaire et émancipatrice :

- 20 élèves maximum par classe, moins là où c’est nécessaire,
- la restauration des RASED, des structures de l’enseignement adapté et IME,
- le refus du LSUN, outil de fichage des élèves,
- la fin du dualisme scolaire par la nationalisation sans indemnités ni rachat de l’enseignement privé, qui trie les élèves et cultive l’entre-soi social.

Une autre école pour une autre société

Pour obtenir l’école que nous voulons, cela passe par un projet social alternatif porté par un SNUipp offensif. Le “dialogue social”, pratique constante des gouvernements, ne sert qu’à faire avaliser les renoncements, reniements, régressions sociales par les syndicats. Pour rompre avec cette politique mortifère, le SNUipp doit refuser les groupes de travail, négociations, tables rondes (rythmes, statuts, ORS, grille salariale,…). Il s’agit de donner les moyens au SNUipp, à la FSU de faire aboutir nos revendications pour un projet éducatif solide, ce qui passe aussi par la défense de la laïcité.

Cet autre syndicalisme passe par :

- le lien des luttes de l’Éducation avec celles de l’ensemble du salariat,
- la refondation à terme du syndicat en regroupant l’ensemble des personnels dans un syndicat unique des travailleurEs de l’Éducation et non sur des bases catégorielles,
- le refus du dialogue social qui dessaisit les instances paritaires et qui vise à faire cautionner les reculs sociaux par le syndicat,
- la création de collectifs laïques unitaires locaux et national,
- la fin des hésitations à appeler franchement à la grève sur des revendications précises discutées à la base en AG.

Dans ces temps d’incertitudes, de remise en cause des droits conquis,
la victoire de nos revendications et de notre projet éducatif passe
par une orientation syndicale claire.
Votez Émancipation !