Le SNES et le syndicalisme international : ne pas se tromper d’enjeux !

samedi 10 mars 2007

(dans le cadre de la préparation de son congrès national, le SNES publie des cahiers de contributions au débat. Voici l’une d’entre elles par un camarade d’Emancipation, au sujet de la CSI ; l’ensemble de nos contributions se trouvent dans la rubrique consacrée au congrès du SNES)

LE SNES ET LE SYNDICALISME INTERNATIONAL :
NE PAS SE TROMPER D’ENJEUX !

Une nouvelle organisation syndicale internationale est apparue : la CSI (Confédération Syndicale Internationale), fusion de la CISL social-démocrate et de la CMT d’origine chrétienne. Le congrès de la FSU qui vient de s’achever a vu une tentative de passage en force, pour adhérer immédiatement à cette organisation.

Il importe au contraire de mener réellement le débat dans notre syndicat, sans se tromper d’enjeux : la CSI, ce n’est pas le syndicalisme dont les personnels ont besoin !

Quels sont les arguments avancés pour y faire adhérer la FSU (et donc le SNES) ?

Combattre la mondialisation capitaliste : tout le monde conviendra qu’il faut mettre fin à l’hégémonie du FMI, de la Banque Mondiale et des multinationales qui imposent privatisations, précarité la pauvreté, saccage de l’environnement... et pour cela impulser une action coordonnée des salariéEs de tous les pays. Or, la CSI n’est pas un bon instrument pour cela.

D’abord elle ne remet pas en cause les politiques libérales, mais veut plutôt les aménager : son Programme ne dit rien sur le soutien aux luttes populaires contre les plans d’ajustement structurel ou les accords de libéralisation, peu de choses sur la défense des services publics, etc... sauf quelques considérations vagues et consensuelles.

Ensuite, la CSI ne remet pas en cause le système international fondé sur la domination des capitalismes développés (américain notamment), se contentant de vouloir un « dialogue social » avec le FMI, l’ONU... dont on a vu l’absence de résultats ces dernières années.

Au total un syndicalisme proche de celui de la direction de la CFDT, plutôt un lobby qu’une force d’action.

Être concrets, développer la solidarité internationale : bien sûr il faut être pragmatiques, agir avec d’autres organisations même avec des désaccords... l’argument du réalisme, donc. Il se trouve que les syndicats pratiquent déjà la solidarité internationale et n’ont pas besoin de la CSI pour cela : c’est l’action des Fédérations Syndicales Internationales (des transports, par exemple). Et que d’autres forces agissent réellement sur le terrain, on peut par exemple les retrouver dans le mouvement altermondialiste (malgré ses limites).

Nous avons besoin d’un syndicalisme international qui soit solidaire des luttes des salariéEs les plus oppriméEs, soutenant les organisations en butte aux multinationales, s’opposant ouvertement aux gouvernements qui attaquent les droits sociaux... tout cela, la CSI ne veut et ne peut pas l’être !

Quentin Dauphiné (collège d’Aups, 83),

Émancipation


Brèves

2 février - Communiqué PPCR

Mise en œuvre du protocole PPCR : plus de risques que de bénéfices sur la feuille de paye (...)

1er octobre 2016 - L’évaluation en débat au CDFN de la FSU

Le projet de réforme de l’évaluation des personnels vient compléter l’ensemble des réformes qui ont (...)

2 septembre 2016 - Retrait du projet “d’évaluation” des personnels enseignants !

La mise en place de la loi de “refondation” de l’école (2013) impose la redéfinition du métier (...)