Appel à renforcer les solidarités et les soutiens contre la répression et les violences policières

samedi 11 juin 2016

Le 26 mai, à Nation, à la fin de la manifestation contre la loi “travail”, Romain, journaliste indépendant de 28 ans, a été atteint à la tempe par un éclat de grenade de désencerclement lancée par un policier qui ne regardait même pas où il l’envoyait. Non seulement, la mort de Rémi Fraisse n’a rien appris à cette police assurée de sortir systématiquement blanchie de tels comportements, ni à ce pouvoir qui couvre et donc encourage cette répression aveugle, du moment qu’elle vise les opposantEs à sa politique. Émancipation, signataire de l’appel unitaire ci-dessous, participe sur les lieux de travail, dans les manifs, devant et dans les tribunaux, dans les syndicats et les AG, à la lutte contre la répression policière, judiciaire, patronale ou administrative, qu’elle vise les travailleurEs, les jeunes ou les habitantEs des quartiers populaires.

Le mouvement contre la loi Travail et les Nuit Debout continuent avec des blocus, des manifestations, des actions de grève et des occupations. Le gouvernement y oppose une répression systématique : manifestations empêchées, dispositifs policiers démesurés, provocations éhontées, humiliations et menaces dans les commissariats, assignations à résidence, contrôles judiciaires, perquisitions, gardes à vue, comparutions immédiates, peines de prison fermes, gazages et matraquages systématiques, évacuations violentes, tirs de flash ball et de grenades de désencerclement, drones et hélicoptères permanents, nassages et interpellations massifs, privations de liberté.

Ces politiques répressives et les violences policières sont à l’œuvre depuis longtemps dans les quartiers populaires et continuent de toucher particulièrement les jeunes, les Arabes, les NoirEs, les Rroms, les musulmanEs ou supposées telLEs, les migrants et les migrantes.

La même violence est à l’œuvre pour discréditer nos mobilisations et bâillonner nos revendications.

Ce gouvernement veut passer en force sa politique ultra-libérale. Il cherche à casser les pratiques de solidarité et de lutte collectives ainsi que les tentatives de réappropriation des espaces publics.

Nous dénonçons la criminalisation du mouvement social et la politique sécuritaire du gouvernement, amplifiées par l’État d’urgence. Ainsi que le traitement médiatique de celui-ci.

Nous condamnons fermement les arrestations, les gardes à vue, tout autant que les comparutions immédiates, symboles d’une justice expéditive.

Les signataires de l’appel considèrent qu’il est temps que cesse la répression et agit pour :
- l’abandon immédiat des poursuites judiciaires ;
- l’abandon des sanctions disciplinaires, administratives, pédagogiques contre les lycéenNEs et les étudiantEs, les salariéEs investiEs dans les mobilisations contre le projet de loi Travail ;
- l’appel à des rassemblements de soutiens devant les lycées, les tribunaux, les commissariats et les centres de rétention ;
- l’appel à coordonner les différentes initiatives (Avocats Debout, Legal team, Défense collective, comités de soutiens, collectifs de familles...) ;
- la collecte des soutiens financiers.

Premiers signataires : Association Amélior, CGA, CIP IDF, CNT RP, Collectif pour la Libération de Georges Abdallah, Comité du 18 mai, Emancipation Tendance Intersyndicale, Ensemble !, Femmes Egalité, FERC Sup CGT de Paris 8, NPA, PCOF, Sud Education 92, Sud Education 93, Urgence Notre Police Assassine....