Brèves féministes (mai 2016)

dimanche 22 mai 2016
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

C’est une poupée qui fait non

Quel plaisir en lisant le Côtes d’Armor magazine que de tomber sur un article intitulé C’est une poupée qui fait non ! De retour de mon voyage, je viens de le lire et veux vous faire partager ma joie.

Marie-Jeanne Nouvellon est une jeune féministe de 83 ans qui a décidé de porter “haut et fort” son combat pour l’égalité homme/femme en confectionnant des poupées. Des poupées, quel paradoxe, quel jouet peut être plus sexiste que celui-là ? Oui, mais pas n’importe quelles poupées : ces poupées fabriquées avec les outils mis à sa disposition sont porteuses d’un message d’émancipation du style : « Non ! Non ! Pas d’études scientifiques, mais de la philo... comme Simone » Les parents : « Quelle Simone ? » La petite : «  de Beauvoir ! » La grand-mère : « Bravo, ma chérie ! ».

Quand on interroge cette artiste sur son inspiration, cette dernière rétorque : J’ai regardé les femmes vivre.

Pourtant, rien ne prédisposait Marie-Jeanne à devenir une féministe car elle a été élevée dans le culte des bonnes manières des pensionnats catholiques mais comme elle le dit : C’était des bourriques [parlant des religieuses] sur le plan de l’éducation, en revanche sur le plan de la technique, elles étaient parfaites.

Si les religieuses savaient ce que Marie-Jeanne a fait de cette technique, elles s’en retourneraient dans leurs tombes ! Technique qui a servi à l’artiste pour fabriquer 180 poupées dont une partie est exposée au musée de l’école de Bothoa à Saint-Nicolas du Pélem.

Forte des convictions que Marie-Jeanne défend et que je croyais ringardes, je me sens de nouveau prête à la lutte féministe pour notre émancipation en reprenant des propos de Rousseau que l’artiste s’est approprié et que je m’autorise à féminiser : Vous ne parviendrez jamais à faire des sages si vous ne faites d’abord des polissonnes.

Vive la polissonnerie et merci Marie-Jeanne de me redonner confiance en la juste cause de notre émancipation pour une égalité homme/femme.

Isabelle Quinton

Quelques données*

D’après le “focus LGBT” du 5e baromètre sur la perception des discriminations au travail, 51 ?% des agents de la fonction publique et 46 ?% des salarié-es du privé estiment que révéler son homosexualité à son entourage professionnel contribuerait à mettre mal à l’aise les collègues de travail. Plus d’un tiers des personnes interrogées déclarent que cela pourrait même avoir un impact négatif sur la carrière du/de la salarié-e.

Selon une étude publiée en 2014 par l’Agence pour les droits fondamentaux de l’Union européenne, 20 ?% des répondant-es LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Trans) français-es déclarent avoir été victimes de discrimination à l’embauche ou dans leur emploi au cours des 12 derniers mois.

Extrait de D genréEs D sexualités , bulletin numéro 3 de la commission Genres Sexualités de Solidaires

Transmis par Annick Champeau

*www.defenseurdesdroits.fr/fr/publications/fiches-thematiques/lhomophobie-au-travail