Des exigences pour un service public le plus égalitaire possible

samedi 17 mars 2007

Des exigences pour un service public
le plus égalitaire possible

L’indépendance par rapport aux pouvoirs locaux conférée par le statut est une des exigences premières d’un service public offrant partout des possibilités équivalentes aux jeunes. Celle-ci s’entend aussi bien vis-à-vis des masses de pression patronales, confessionnelles ou sectaires, que des collectivités territoriales, des chefs d’établissement, des inspecteurs ou d’un ministre, tel Robien, cherchant à imposer, par la menace, la répression et l’incitation à la délation, la méthode de lecture ou de calcul « d’état ». L’indépendance pédagogique doit être garantie individuellement (ce que les attaques contre le statut et les pratiques de Robien remettent en cause) et collectivement par la possibilité offerte aux équipes d’organiser ensemble leur enseignement et leurs projets (heures de concertation, formation continue…). C’est le contraire de la division instituée par le "conseil pédagogique", ou de l’arbitraire du chef d’établissement (décharges statutaires, notation...)

L’amélioration des conditions de travail, pour les personnels comme pour les élèves, passe par la création de tous les postes nécessaires pour en finir avec les suppressions de classes, d’enseignements et d’options, pour disposer partout d’effectifs corrects, et pour répondre aux besoins de chaque élève (dédoublements, soutien, réponses adaptées aux difficultés et handicaps, classement ZEP des établissements qui le demandent, avec des moyens et suppression du dispositif Robien "ambition réussite").

Un service public le plus égalitaire possible : la limite de la scolarité obligatoire devrait être portée à 18 ans, fin des études secondaires, plutôt que d’orienter les enfants vers l’apprentissage à 14 ans et le travail de nuit à 15 ans. Et plutôt que de voir la séparation des lycées (et des bacs) généraux, technologiques et professionnels, trier les jeunes en fonction de leur origine sociale, il faut aller vers l’introduction d’un enseignement polyvalent et polytechnique pour tous, des le primaire, vers son renforcement au collège qui deviendrait ainsi vraiment unique et vers l’unification progressive des voies générale, technologique et professionnelle.

A tous les niveaux, l’approche des milieux professionnels doit rester sous le contrôle des enseignantEs, afin de donner aux jeunes le recul critique permettant y compris de comprendre que le monde du travail devient de plus en plus celui de l’exploitation et donc de la lutte revendicative.

Olivier Vinay, élu Emancipation à la CA nationale du SNES


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