Combattre la politique du pouvoir, porter une perspective de rupture

SNES
samedi 16 avril 2016

Nous publions ci-dessous le texte d’orientation présenté par Émancipation tendance intersyndicale pour les prochaines élections internes au SNES.

Les dernières attaques contre le collège, le droit du travail et la jeunesse (loi El Khomri, mesures PPCR et loi déontologie, Compte Personnel d’Activité...), les libertés (état d’urgence et réforme pénale)... achèvent de montrer ce que veut ce gouvernement : s’en prendre aux salaires, à l’emploi et aux droits des travailleurEs.

La régression sociale se combat, elle ne se négocie pas !

Le syndicalisme, et particulièrement les directions du SNES et de la FSU, n’ont pour l’instant pas pu bloquer cette politique. En effet, sur presque chaque question (contre-réformes liées à la loi d’orientation dans l’école, mesures PPCR dans la Fonction publique pour favoriser les atteintes statutaires), elles ont choisi de s’enfermer dans le “dialogue social”. Plutôt que de caractériser cette politique et mobiliser les personnels pour la lutte, elles font pression pour en négocier l’application... et au final acceptent sa mise en œuvre. Et cela alors même que les personnels ont manifesté plusieurs fois leur volonté de résistance.

Cette démarche nous semble aussi valable sur d’autres sujets, c’est le sens de l’orientation présentée par Émancipation au vote des syndiquéEs, pour la CA nationale.

Porter une perspective de rupture, dans l’école et la société

Dans l’école, la contre-réforme du collège et plus largement toutes les mesures importantes découlent de la loi d’orientation de Peillon (2013) qui veut formater les jeunes aux besoins du patronat, via la logique des “compétences” et du “socle commun” de la maternelle à l’université. C’est pourquoi l’action sur tel ou tel sujet doit être reliée à la perspective de l’abrogation de toutes les mesures visant à soumettre l’école aux exigences du patronat et ses personnels à une logique managériale, et reprendre l’action sur la base des revendications (effectifs, dédoublements...).

Mais face à un système éducatif de plus en plus inégalitaire, il faut aussi porter la perspective d’une école laïque, émancipatrice, égalitaire et démocratique, sans hiérarchie entre les savoirs : une école formant des esprits libres et critiques, avec les moyens nécessaires ainsi qu’une liberté pédagogique permettant des pratiques fondées sur la coopération et la construction des savoirs. Cela nécessite des mesures immédiates (effectifs, dédoublements...). Et une perspective : l’unification entre les enseignements “généraux”, “technologiques” et “professionnels”, sans orientation précoce, donc la suppression des filières ségrégatives. Une telle école ne peut être que laïque : il faut donc abroger toutes les lois anti-laïques qui financent le privé, et nationaliser l’enseignement privé.

Mais une telle école ne peut prendre corps

que dans le cadre d’un changement de société.

Il faut faire aboutir les revendications, face aux attaques contre les droits sociaux et les libertés.

Dans l’immédiat des urgences s’imposent :

- défense des salaires : non à l’individualisation qui oppose les personnels, pour une grille nationale, fin du blocage et augmentations uniformes des salaires (300 euros pour toutEs, SMIC à 1700 euros net).

- défense des conditions de travail et de vie : retour à la retraite à 60 ans (après 37,5 annuités maximum, 75 ?% du dernier salaire). Dans l’enseignement, la “masterisation” catastrophique doit être abrogée, pour revenir à un recrutement au niveau licence suivi d’une formation payée en deux ans. Plus largement, le SNES doit porter des revendications unifiant les différentes catégories sur la base des statuts les plus favorables.

- combat contre la précarité, arme centrale pour le capitalisme qui veut en faire un mode de gestion dans les services publics, comme dans les entreprises. Tous les personnels doivent avoir un statut. Cela implique d’unir titulaires et précaires sur les revendications suivantes : aucun licenciement, titularisation immédiate de toutEs les précaires sans condition de concours ni de nationalité, arrêt du recrutement hors statut, refus du développement des CDI dans la Fonction publique.

Faire prendre corps à cette alternative, c’est engager la rupture avec le capitalisme et ses institutions, nationales, européennes et internationales.

Le syndicalisme PEUT et DOIT jouer un rôle important pour imposer ces ruptures mais, pour cela, il est nécessaire de choisir une autre voie que celle mise en œuvre par l’exécutif national de la FSU (UA comme ÉÉ) : bureaucratisation et immobilisme, syndicalisme de délégation de pouvoir, renoncements (signature des PPCR dans la Fonction publique)...

Les personnels doivent participer à la revitalisation de la vie syndicale, se syndiquer et se réapproprier leur syndicat :

- en construisant l’unité dans les luttes, non pas par des accords de sommet dans des intersyndicales qui mènent à l’impasse de “journées d’action” sans lendemain et sans réellement combattre les mesures gouvernementales… mais en favorisant la mise en place de cadres d’auto-organisation permettant aux personnels d’organiser la lutte à partir de la base et de la contrôler (AG intercatégorielles de déléguéEs se coordonnant). C’est le contraire de la cogestion, qui absorbe les militantEs dans des instances de représentation où il y a de moins en moins de choses à obtenir ;

- en renforçant l’internationalisme : tous les travailleurEs ont les mêmes intérêts au-delà des frontières, liberté de circulation et d’installation ! Le mouvement syndical doit organiser la solidarité entre les peuples : pour l’annulation de la dette des pays dominés. En France comme dans tous les pays, le racisme et le sexisme doivent être combattus, et l’égalité réelle de toutes et tous doit être obtenue dans tous les domaines. Toutes les personnes sans-papiers doivent être régularisées. Les accords honteux contre les migrantEs (dont le dernier en date, celui de l’union Européenne avec la Turquie) doivent être abrogés ;

- en s’impliquant pleinement dans la défense des libertés : dans l’immédiat, agir dans des cadres unitaires pour la levée immédiate de l’état d’urgence, l’arrêt de la répression des mouvements sociaux et notamment celui de la jeunesse.

Ce syndicalisme est indispensable, mais ne se construira pas sans vous : nous vous appelons à y participer, en commençant par voter et faire voter pour cette orientation et en la faisant connaître, afin qu’elle soit défendue dans les instances du SNES, comme sur le terrain.

Pour tout contact, pour adhérer à la tendance Emancipation intersyndicale ,

pour vous abonner à notre revue L’Émancipation syndicale et pédagogique  : er@emancipation.fr


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