Chômage d’Etat, statuts, services publics… : l’urgence d’une loi de titularisation sans condition !

jeudi 15 mars 2007

Chômage d’Etat, statuts, services publics… :
l’urgence d’une loi de titularisation sans condition !

En utilisant toujours davantage de non titulaires, assurant de plus en plus de fonctions, sur des emplois de plus en plus précaires, les gouvernements se sont forgé un puissant levier pour attaquer les salaires et les statuts (annualisation, alourdissement des horaires et des fonctions, remise en cause des corps…). Ils s’ingénient à prouver que c’est le statut qui doit être l’exception parmi les personnels.

Ce sont d’abord les non titulaires qui font les frais de cette évolution larvée de la fonction publique qui les condamne, au fur et à mesure de son avancée, en masse de manœuvre précipitée d’une précarité dans une autre : chômage long pour beaucoup, vacations, contrats d’un, de six, de dix mois… et, nouvelle trouvaille, le CDI avec licenciement économique garanti.

CDI public, pour éviter les recours devant les prud’hommes, beaucoup plus risqués pour l’administration que les tribunaux administratifs ! Mais aussi pour faire exister un contrat public concurrent à côté du statut et achever de démanteler celui-ci. Avec la généralisation du CDI (dont les précaires sont un public captif, comme moindre mal), on s’oriente graduellement et rapidement vers une évolution des services publics du type de celle de La Poste (fonctionnaires remplacéEs peu à peu par des précaires et des CDI, affaiblissement des luttes, privatisation).

Quand le SNES va-t-il enfin prendre la mesure de la situation et cesser de réclamer des mesures partielles qui légitiment de nouvelles formes de précarité ?

Si nous voulons que les services publics soient de puissants leviers de lutte contre les inégalités et la ségrégation, si nous pensons que pour garantir leur universalité et leur indépendance le statut des personnels est essentiel, alors soyons logiques et donnons-nous clairement comme mandat le réemploi et la titularisation sans conditions de concours ni de nationalité de touTEs les précaires déjà recrutéEs, y compris celles et ceux qui ont été licenciéEs, ainsi que l’arrêt de tout recrutement de personnel non titulaire.

En contribuant à mobiliser ensemble sur cette question titulaires et précaires, en liaison notamment avec la Coordination Nationale des Précaires de l’Education, le SNES retrouverait deux principes du syndicalisme : la solidarité inconditionnelle avec les personnels les plus attaquéEs, le renforcement de touTEs par la défense des plus fragiles.

Catherine DUMONT (Émancipation)


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