Entretien avec Mansour Demou

du Syndicat National Unitaire Interministériel des Territoires de l’Agriculture et de la Mer
dimanche 13 mars 2016

Émancipation  : Quel est votre métier ?

Mansour Demou : Je suis technicien à la Direction de l’Alimentation de l’Agriculture et de la Forêt à Mayotte. Nous accompagnons les jeunes candidats à l’installation agricole. Nos activités vont de l’instruction des dossiers, à l’accompagnement dans la réalisation de leur projet.

Émancipation  : Pouvez-vous nous présenter votre syndicat ?

M. D. : Le SNUITAM a été créé au congrès de Dinar en 2010, de la fusion qui s’est opérée au sein du SIGMA FSU. De petits syndicats de la FSU des métiers dépendant du ministère de l’écologie ont voulu se rapprocher du SIGMA qui était le plus grand syndicat dans ce ministère et ça a donné le SNUITAM. Le siège du SNUITAM est à Rennes, le bureau national à Paris, et nous avons des délégations dans chaque département.

Émancipation : Quelles sont vos positions centrales, les questions prioritaires ?

M. D. : Vis-à-vis du ministère de l’agriculture, nos revendications concernent les carrières, la reconnaissance, l’égalité de traitement, les discriminations, les abus de la hiérarchie.

Émancipation : Vous venez de Mayotte, parlez-nous de la situation là-bas.

M. D. : Quand on sort du cadre national, la particularité pour Mayotte est la nécessité de reconnaître le fait qu’elle soit un jeune département. Mayotte a voulu devenir un département, mais elle n’était pas préparée en tant que collectivité. En 1975, Mayotte a demandé son rattachement à la France, les Comores demandent leur indépendance. Puis en 2011, elle est devenue département. Toutefois, il n’y a pas eu de processus pour parvenir à la départementalisation, donc les services publics sont arrivés avec la décentralisation en 2005, et depuis, la collectivité est en chantier, embryonnaire. Lorsque des réformes ont lieu au niveau national, leur application se fait directement à Mayotte. On revendique donc la prise en compte de nos spécificités et en particulier notre retard, parce qu’on est un département en construction.

Si on prend l’exemple de la réforme des rythmes scolaires, elle est appliquée sur une continuité de service sur la journée dans toutes les écoles. Au niveau de Mayotte la réforme n’est pas applicable car les écoles sont insuffisantes avec des classes qui tournent à mi-journée. Ça crée des soucis d’organisation des plannings des enseignants. Par ailleurs, Mayotte est une collectivité unique, département et région. Cela montre qu’on est en chantier, en plus d’être un tout petit territoire. Les infrastructures territoriales ne sont pas suffisamment construites pour s’adapter aux réformes qui s’appliquent en métropole.

Une autre revendication est celle portée par nos camarades du SNUIPP concernant l’indexation des salaires. Les fonctionnaires territoriaux de Mayotte, en comparaison à ceux des autres départements d’Outre-mer étaient mal lotis. Peu à peu on exige une indexation qui soit identique à tous les DOM. On est actuellement à une indexation des salaires de 30 ?% qui passera à 40 ?% en 2017. On demande encore à ce qu’on soit sur un pied d’égalité avec la Réunion (qui est à près de 50 ?%), sachant qu’on est un département plus modeste que la Réunion.

Émancipation  : Quelles revendications menez-vous sur le plan écologique ?

M. D. : Nous sommes simplement favorables à la transition énergétique, quand on voit les dégâts que cause le nucléaire.

Émancipation : Quelles revendications portez-vous sur les questions éducatives ?

M. D. : Il nous faut davantage d’écoles sur notre territoire. Nous tournons avec des classes de 31 élèves en moyenne alors qu’au niveau national, la moyenne est environ de 22. On manque toujours d’infrastructures.

Émancipation : Quel bilan tirez-vous de votre existence à la FSU ?

M. D. : Je me retrouve bien à la FSU, les camarades nous ont toujours soutenus. On peut certes avoir des divergences, mais la FSU comprend les particularités de Mayotte et nos doléances sont entendues et portées. Elle nous soutient face aux discriminations courantes dans les administrations. Dès qu’on prend la casquette syndicale, on devient un adversaire direct de la hiérarchie. Pour ne pas subir les intimidations de la hiérarchie, la FSU donne les outils et accompagne.

Entretien réalisé par Leïla Elyaakabi au congrès de la FSU, 3 février 2016


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