“Des solutions porteuses d’avenir”

Congrès de la FSU : thème 3
dimanche 13 mars 2016

C’est le titre un peu pompeux du thème 3, celui où on fait semblant de rêver à un autre monde. Tout changer pour que rien ne change.

“L’alternative, c’est pas malin

C’est dire oui à un désir

Ou d’un seul coup se voir vieillir

C’est piétiner sa propre image

Celle dont les autres vous encagent

Ou faire continuer le mirage”.

François Béranger (1975)

Soyons raisonnable, ne demandons pas l’impossible !

Il n’y a pas de (vrai) syndicalisme sans utopie. Le thème 3, c’est celui où on est censé refaire le monde. Pas trop quand même !

On y parle écologie, refus de l’austérité, droits et libertés, solidarité internationale, féminisme, extrême-droite, laïcité.

Dans quel cadre, imaginer une alternative ? Dans la FSU, tout résulte d’un compromis entre les deux tendances UA et ÉÉ. Donc, bien sûr, l’amendement d’Émancipation qui remettait en cause la constitution de la Ve République et les institutions européennes a été rejeté.

La FSU est en progrès ! Elle réussissait autrefois le tour de force de ne jamais parler de capitalisme. Les méchants étaient désignés : libéralisme, austérité, oligarchie financière, casse du Service public. En filigrane, on devinait un projet social de capitalisme soft contrôlé par un État protecteur.

Cette fois-ci, le mot “capitalisme” est cité mais toujours avec un sabot : à bas le capitalisme “globalisé et financiarisé” !

Sur la question écologique et climatique, on sent la FSU tiraillée entre un courant productiviste et l’attirance de certainEs pour des formes de décroissance. Les formules du coup sont feutrées. “La COP 21 ne permettra pas d’atteindre les objectifs nécessaires”. Belle litote.

Sur le nucléaire, comme il serait trop simple d’exiger la sortie au plus vite du nucléaire, on se tortille au maximum : “initier au plus vite un scénario de sortie de la production d’énergie électrique basée sur la fission de l’uranium”. Si ça se fait à la vitesse de la fermeture de Fessenheim, Areva n’a pas de souci à se faire. On aura quand même eu droit en congrès aux pathétiques déclarations du très scientiste Syndicat National de la Recherche Scientifique (SNCS) : “vous n’allez quand même pas faire interdire le nucléaire médical ?”

Sur les OGM, on doit au Syndicat National de l’Enseignement Agricole Public (SNETAP) un durcissement salutaire : “interdire les OGM”. Jusque-là, le SNCS avait obtenu des restrictions : “dans l’alimentation et l’agriculture au moins à l’échelle européenne”.

Peut-on lutter contre l’austérité dans le cadre actuel ?

La réponse est dans la question. Mais pour la FSU, l’essentiel est d’être reconnue comme interlocuteur incontournable dans le cadre du dialogue social. Alors le congrès a rejeté les amendements d’Émancipation sur l’annulation de la dette, la sortie des traités européens, le blocage des licenciements, la transformation des emplois précaires en emplois stables, la réduction du temps de travail …

Droits et libertés

En général, on est d’accord sur ce genre de sujet. Et pourtant, le congrès a rechigné à demander l’abrogation de tous les textes qui remettent en cause la liberté de circulation ou d’installation et le droit d’asile. Il a refusé un texte demandant la régularisation de tous les Sans PapierEs. Les rapporteurs avaient totalement oublié de parler des violences policières. Ils ont pourtant appelé à voter contre un texte qui abordait la question.

Sur Notre-Dame-des-Landes, il a fallu attendre le dernier jour pour qu’un texte soit voté. Mais il y a un bémol. Il s’oppose à l’expulsion des occupants “légitimes”. Il y en aurait donc des illégitimes expulsables ? Sur les Rroms, la FSU constate que leurs droits ne sont pas respectés mais elle se refuse à désigner les politicienNEs qui appellent à la haine et à la discrimination contre eux.

Sur l’état d’urgence ou la déchéance de nationalité, la direction de la FSU continue de cacher son très sérieux retard à l’allumage : quand (à l’exception de six courageux/ses députéEs), la Chambre a voté l’état d’urgence, la FSU a suivi. Elle a attendu deux mois, alors que plusieurs collectifs s’étaient constitués contre la politique sécuritaire à l’œuvre pour (enfin) prendre position. Elle continue de briller par son absence dans plusieurs appels sur ces questions. Quel courage !

International

Notre motion sur la Syrie était la seule à aborder tous les aspects du massacre en cours. Elle a été rejetée. Les différents textes abordant les interventions militaires françaises, la Françafrique ou les ventes d’armes aux dictatures féodales du Golfe n’ont pas eu plus de succès. Même le fait de ne plus considérer le PKK comme une organisation terroriste n’a pas été voté.

Sur la Palestine, la motion adoptée est correcte, mais elle reste compatible avec des attitudes “attentistes” : que les grandes puissances et l’ONU règlent le “conflit”. Il est symptomatique de constater qu’au week-end national des comités BDS qui s’est déroulé les 16 et 17 janvier à Marseille dans les locaux de la Bourse du Travail, prêtés et protégés par la CGT 13, la FSU était absente.

Pierre Stambul


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