Le projet éducatif de la FSU, brumeux avec peu d’éclaircies !

Congrès de la FSU : thème 1
dimanche 13 mars 2016

La métaphore météorologique caractérise bien les débats, le plus souvent confisqués, qui ont porté sur le thème 1, consacré au système éducatif et à la recherche.

Relever le défi de la démocratie ?

Le thème 1 avait pour titre “Relever le défi de la démocratisation”. On pourrait le retourner à la FSU et au congrès lui-même. Rarement, sur ce thème, la parole et la possibilité d’échanger auront été autant verrouillées. En commission, les prises de parole devaient se limiter strictement à la présentation succincte d’un amendement précis au texte des rapporteurs, toute argumentation de fond était systématiquement interrompue. L’objectif pour l’exécutif fédéral, auquel l’ÉÉ, en tribune, a contribué, était clairement d’empêcher le débat de s’installer au sein même de la délégation UA, sur le positionnement fédéral concernant les questions éducatives. Résultat : le débat a pris la forme d’une avalanche d’amendements, pas moins de 96 arrivés en plénière, dont 58 (soit 60%) déposés par les sections départementales, plus d’une centaine de demandes d’interventions en plénière, un temps d’expression réduit à peau de chagrin pour Émancipation. Au moment des votes, plus de deux tiers des amendements étaient retirés. Pour notre part, nous avons présenté et maintenu 15 amendements et trois motions, la seule autre tendance à avoir proposé des motions étant Front Unique.

Relever le défi de la clarté ?

Dans le texte final adopté par le congrès, le projet éducatif de la FSU est toujours aussi mince et illisible. Il faut le dénicher dans quelques phrases noyées au milieu des 21 pages consacrées au thème, pour découvrir qu’il se résume à quelques revendications à la marge.

Ainsi, le mot abrogation n’apparaît que deux fois, à propos de la réforme du collège et des lois Debré, Rocard et Carle.

Le texte final a certes “bougé”, comme dirait l’ÉÉ, mais avec le texte préparatoire la FSU est partie de loin, pour s’arrêter peu après.

Un seul exemple pour en juger : dans le texte préparatoire il était écrit, au début du paragraphe 1-c “Bilan critique des politiques éducatives 2012-2016” :: “La FSU a apprécié de façon nuancée la refondation. Elle y a retrouvé certains principes auxquels elle est attachée : formation initiale, éducation prioritaire, intégration de la dimension culturelle dans le nouveau socle, création d’emplois…"
Pour arriver dans le texte final à : “Pour la FSU, la loi de refondation n’opère pas de rupture avec les dynamiques de production des inégalités scolaires. Elle manque d’ambition et de moyens et a permis la mise en place de dispositifs contestables”.

Avec ça, l’exécutif fédéral considère que la FSU est armée pour les luttes !

Une intervention qui a compté malgré tout

Malgré des conditions difficiles, nos revendications contre les “réformes” qui se sont accumulées, et nos propositions pour une alternative scolaire ancrée dans une perspective anticapitaliste ont trouvé un écho largement au-delà de nos rangs, ce qui n’est pas habituel. Nos motions, “Porter un autre projet pour le système éducatif”, “Réforme du collège”, et “Pour une refonte de la formation des personnels”, ont obtenu 8 à 10 % des voix, avec une partie de celles de la délégation ÉÉ. Sur la formation, dès les interventions en commission, il est apparu que plusieurs sections départementales, et une partie du SNUIPP, reprennent à leur compte notre revendication d’un concours de recrutement au niveau Licence, suivi de deux ans de formation donnant droit au Master. Ainsi, l’amendement des SD (Sections Départementales) 44 et 07 allant dans ce sens, que nous avons donc soutenu, a recueilli 202 voix (37%).

De même notre amendement contre le Livret Scolaire Numérique a obtenu 18% des voix, celui contre l’école du socle 21,5%. Celui sur les nouveaux programmes, avec le soutien de la SD 77, a obtenu 18% des suffrages exprimés, et nous avons voté l’amendement de quatre SD contre le retour de tout livret personnel de compétences, qui a été adopté avec 87% des voix. Enfin, notre amendement concernant les effectifs par classe a obtenu 29% de pour, et celui pour l’abrogation de la loi Fioraso 20%.

Autant de signes qui doivent nous encourager dans notre intervention syndicale.

Raymond Jousmet


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