Brèves féministes (mars 2016)

jeudi 17 mars 2016
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Un “ministère de la famille, de l’enfance et... des droits des femmes”

Voilà où on en est ! Dans ce domaine comme sur tous les autres, ce gouvernement “socialiste” ose aller plus loin que la droite : ambiance travail, famille patrie..! La ministre fraîchement nommée : Laurence Rossignol, titulaire d’un DEA de droit a fait ses classes avec Julien Dray à la LCR, entrée au PS en 1993 elle a été chargée d’études pendant dix huit ans à la MNEF puis à la LMDE, elle est devenue sénatrice de l’Oise en 1993, vice présidente de la commission du développement durable. Entre 2002 et 2005, elle s’est “distinguée” en optant pour le Non au traité européen, en portant à un congrès PS une tribune très féministe, et puis, elle devient porte parole du PS en 2013 ! Ces bons et loyaux services lui valent donc un maroquin en 2016, pour y faire quoi ? Ce parcours d’élue “féministe” à la tête de ce ministère aux contours patriarcaux, faisant partie d’un gouvernement qui fait reculer à marche forcée les droits et les libertés, notamment concernant les femmes, est-ce que cela n’interroge pas : à quoi bon davantage de femmes aux postes de “pouvoir” alors qu’elles ont toutes fait allégeance ? Autrement dit, la parité, pourquoi faire ? !

Emmanuelle

Il y a encore des vrais hommes

Parfois on croit qu’ils n’existent plus, ces vrais hommes qui dans les films des années cinquante et soixante, savent si bien manier les femmes, les orienter, les guider, les palper, les manipuler. Hier je regardais Domicile conjugal, le dernier opus de la série de Truffaut sur “Antoine Doinel”. Antoine n’a pas vraiment l’air d’un vrai homme ; il est plutôt embarrassé de son corps, mais il a quand même été bien éduqué. Une voisine vient chez eux (dans le domicile conjugal) et il s’agit de passer une porte qu’Antoine a défoncée mais dont la moitié inférieure est encore en vie ; et voilà-t’y pas que notre Antoine, il la prend par les épaules, puis la pousse par les hanches, et finalement, d’épaules en taille, et de taille en hanches, il la manipule magistralement et c’est ainsi que la voisine franchit l’obstacle qui mesure bien 30 centimètres.

Évidemment, ça ne vaut pas les films des années (voir plus haut) où dès qu’il se présente une porte, même grande ouverte, l’homme – enfin celui du plan – appuie sur le dos de la femme pour la faire passer dans la porte (et pas à côté). Avant ce plan, elle entrait seule dans les restaurants, portes ou pas portes, mais l’homme, qui ne le sait pas, a peur qu’elle se flanque le nez sur le chambranle. Eh bien, on a encore ce genre d’hommes. Dans notre gouvernement même. Le Valls, il a peur aussi : que Mme El Khomri, elle trébuche au milieu des fauteuils, ou qu’elle oublie un des trucs qu’il lui a dit, et répété, et fait répéter, sur la loi “travail” ; qu’elle gaffe quoi ; car il y a le trébuchement “au propre” et le trébuchement “au figuré”, et les femmes font les deux.

Et le voilà toute prévoyance, l’encerclant de bras virils, pour qu’elle ne tombe ni à droite ni surtout à gauche. Car la manipulation, comme le trébuchement, a un sens propre et un sens figuré, et les hommes font les deux. Et, parlant de mettre les femmes en place – ou à leur place – est-ce qu’il l’appelle chère collègue, Mme El Khomri, ou Myriam et parfois Meriem parce qu’il “ne retient pas bien les prénoms bretons” ?

Blog de Christine Delphy, 24/02/2016, transmis par Émilie