Non aux exécutifs hétérogènes

dimanche 18 mars 2007

Non aux exécutifs hétérogènes

L’École Emancipée demande à nouveau comme en 2005 d’inscrire dans les statuts le principe d’exécutifs hétérogènes. Depuis 2001 en effet cette tendance, qui représente un peu plus de 15 % des votes exprimés, participe aux exécutifs du SNES.

Il nous faut bien cerner tous les enjeux de cette proposition qui est souvent présentée comme une ouverture, une avancée.

Qu’une tendance majoritaire, pour des raisons tactiques, fasse la proposition d’un exécutif hétérogène, et qu’une tendance minoritaire, pour d’autres raisons tactiques, accepte la proposition, c’est une chose. L’inscrire dans les statuts en est une autre.

La structuration du débat et de la démocratie interne en tendances est une spécificité du SNES et des syndicats de la FSU. Elle répond à une cohérence historique de l’orientation et de la conception syndicale. Le SNES comme la FSU se sont toujours déclarés opposés à la division syndicale et favorables à un syndicalisme (ré)unifié.

Or il ne peut y avoir de syndicalisme unitaire sans l’organisation en tendances, qui permettent aux syndiquéEs d’exprimer collectivement leurs divergences, de les soumettre démocratiquement à touTEs les syndiquéEs, tout en se reconnaissant comme membres d’une seule et même organisation syndicale.

Avec des exécutifs hétérogènes, l’organisation en tendances perd son sens. Pour diriger le syndicat il n’est plus nécessaire d’être majoritaire, mais seulement d’accepter d’afficher une orientation prétendument consensuelle. Chacun voit bien les contorsions que l’École Emancipée doit accomplir pour co-gérer l’activité d’une direction et ensuite prendre la pose de "critiques" de cettemême activité.

Le principe de l’exécutif hétérogène est donc une fausse ouverture : il impose le consensus autour de la "ligne" de la direction, réduit les espaces de débat interne. Le débat de tendances devient illisible, le principe même du vote d’orientation perd son sens. La participation à la direction se fait alors sur la base de combinaisons d’appareils, le vote des syndiquéEs n’intervenant plus qu’à titre d’enregistrement, et non plus comme un choix entre des orientations alternatives.

C’est ainsi qu’on quitte le syndicalisme unitaire pour le syndicalisme d’orientation. Le choix du syndicalisme unitaire n’est confortable pour personne : ni pour la majorité qui doit accepter le libre débat et une remise en question régulière, ni pour les minorités qui doivent chercher à convaincre. C’est pourtant le seul qui semble pertinent, pour notre secteur professionnel comme pour l’ensemble du mouvement syndical et ouvrier.

Nicole Desautels (Var), Émancipation.


Commentaires  (fermé)

Logo de Stéphane
lundi 9 avril 2007 à 12h40 - par  Stéphane

Cet article mériterait d’être développé. Car si au niveau fédéral il existe, à côté des exécutifs, des instances délibératives pluralistes, dans plusieurs syndicats se pose la question de la participation ou pas des minoritaires aux bureaux nationaux (en des termes me semble-t-il assez différents).

Brèves

10 juillet -  Retrait des projets Macron, retrait du projet de réforme du code du travail

Motion votée le 28 juin au Conseil syndical du SNUipp 13
Les premiers projets ou annonces du (...)

26 juin - La rentrée ne peut pas se faire dans ces conditions !

Appel intersyndical IDF
Jeudi 29 juin se tient un CTSD ayant à l’ordre du jour les dotations en (...)

2 février - Communiqué PPCR

Mise en œuvre du protocole PPCR : plus de risques que de bénéfices sur la feuille de paye (...)

1er octobre 2016 - L’évaluation en débat au CDFN de la FSU

Le projet de réforme de l’évaluation des personnels vient compléter l’ensemble des réformes qui ont (...)

2 septembre 2016 - Retrait du projet “d’évaluation” des personnels enseignants !

La mise en place de la loi de “refondation” de l’école (2013) impose la redéfinition du métier (...)