Une réflexion syndicale pour construire l’unité prolétarienne

jeudi 10 mars 2016

Le premier numéro de la revue Le chiendent, revue syndicale de réflexion et d’action vers le syndicalisme d’autonomie prolétarienne pour l’émancipation est paru en janvier 2016. Le comité de rédaction nous présente les grands axes de son projet.

D’où, de quoi est née la volonté de publier Le chiendent revue syndicale de réflexion et d’action  ?

L’origine, c’est le constat de l’hostilité au comprofessionnalisme que nous avons régulièrement rencontrée dans les milieux du syndicalisme institué, y compris celui qui se définit comme minoritaire ou radical. En gros, si tu en parles comme ça, beaucoup de militantes, de militants se disent d’accord mais dès qu’il s’agit de mettre, ne serait-ce qu’en perspective, un syndicalisme d’autonomie prolétarienne pour l’émancipation, les portes se ferment et les mêmes deviennent ouvertement hostiles, te traitant d’utopiste.

Le comprofessionnalisme, c’est-à-dire ?

Comprofessionnel, c’est-à-dire non pas réunion entre des professions et métiers gardant leurs intérêts propres – ça c’est l’interprofessionnel – , mais ce qui unit les professions et métiers par leurs intérêts communs. L’interprofessionnel, présent dans les confédérations et mis en avant dans des luttes des années 2000, ne remet pas en cause la hiérarchie et la division du travail. Le point de vue comprofessionnel, lui, veut abattre les hiérarchies et révolutionner, ainsi, les relations humaines qu’elles induisent. L’enjeu est, pour Le chiendent , de développer l’aspiration au syndicalisme comprofessionnel.

En rupture avec ce qui existe, donc ?

Oui, ou mieux, créer les conditions constructives d’une telle rupture. On ne se bat pas contre la hiérarchie avec des structures syndicales elles-mêmes hiérarchiques ! Comment concevoir un syndicalisme qui refuse, dans les faits, tout fonctionnement hiérarchique, hiérarchie bureaucratique, mais aussi toutes ces hiérarchies d’autorité qui font florès dans les structures syndicales dites radicales ? Mais aussi, comment ne pas voir que le syndicalisme est enferré dans un juridisme incapable, en général, de combattre l’individualisme, qu’il se fourvoie dans l’impasse d’actions morcelées, car dépendantes d’une structuration syndicale éclatée en secteurs, en branches professionnelles et en catégories ?

Et la revue Le chiendent  ?

Quelle que soit sa direction, un syndicalisme hiérarchiquement organisé reste un syndicalisme qui sécrète des chefs et crée une division du travail à l’intérieur même de l’organisation syndicale. Refuser les formes hiérarchiques, s’interroger sur comment le syndicalisme peut rassembler les secteurs professionnels divers tout en restant ancré dans la proximité des lieux de vie et de travail des prolétaires, réfléchir à une autre structuration du syndicalisme que celle existante, c’est ce qui porte la revue.

Le chiendent ne se réclame pas d’une structure syndicale particulière, mais d’une conception syndicale qu’il s’agit d’élaborer. C’est l’intérêt d’une revue ouverte aux interrogations, aux contributions qu’elle peut susciter, accueillir, dans un champ d’action qui reste le syndicalisme, c’est-à-dire ce qui a trait au contrat de travail, aux mécanismes d’exploitation, d’oppression et d’aliénation et aux relations humaines entre les travailleurs ; le syndicalisme, c’est-à-dire un cadre organisationnel des prolétaires en lutte frontale contre la division du travail et pour son abolition ; ce cadre creuset de l’élaboration comprofessionnelle d’une plateforme revendicative qui a pour perspective la construction de l’unité de la classe prolétaire.

C’est par volonté syndicale que nous avons lancé Le chiendent .

Le comité de rédaction Le chiendent

Le chiendent, revue syndicale de réflexion et d’action vers le syndicalisme d’autonomie prolétarienne pour l’émancipation , 20 p., format 25x16 cm.


Correspondance : Le chiendent c/o Philippe Geneste, 5 impasse Louis David 33740 Ares.

Abonnement pour trois numéros 15€, chèque à l’ordre de Catherine Fauthoux.


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