S’opposer au recentrage et aux reculs démocratiques

lundi 7 mars 2016
par  Catherine

Trente déléguéEs Émancipation ont participé au congrès de la FSU qui s’est tenu au Mans, du 1er au 5 février, dans un contexte d’aggravation de l’austérité gouvernementale, sur fond de politique guerrière, sécuritaire et de stigmatisation ; et aussi de mobilisations contestant cette politique (26 janvier réussi pour l’abrogation de la réforme du collège et le déblocage des salaires, 30 janvier massif contre l’état d’urgence et la déchéance de nationalité, luttes sur l’éduc. prioritaire, les DHG et les fermetures de classes…)

Sur tous ces sujets la FSU a été absente, en retard ou complètement coupée de l’intersyndicale des syndicats de lutte. D’où l’indigence du texte action du congrès.

Pourtant, dès le premier jour du congrès, sur l’ordre du jour et au niveau de l’intervention de tendance, nous avons combattu cette orientation, insisté pour que la FSU rejoigne enfin les collectifs contre l’état d’urgence et appelle dès le début du congrès au rassemblement sur cette question devant l’Assemblée nationale du vendredi 5. Et aussi pour qu’elle rejoigne l’appel CGT, FO, Solidaires à une journée d’action le jour du rendez-vous salarial. La direction a préféré appeler le jeudi pour le vendredi sur la déchéance de nationalité organisant dans les faits une absence de plus de la FSU pour cette initiative. Et au lieu de rejoindre sans délais l’intersyndicale des syndicats de lutte pour le RDV salarial, elle a choisi de se poser en intermédiaire entre cette intersyndicale et les syndicats d’accompagnement de la politique gouvernementale. Ce qui ne peut qu’aggraver les tensions avec les syndicats composant cette intersyndicale, après l’affaire du vrai faux accord des parcours professionnels, carrières, rémunérations (PPCR). Valls s’est prévalu de la signature de la FSU de cet accord (imposée par la direction de la FSU dans des conditions de démocratie inacceptables auxquelles les responsables de l’ÉÉ ont prêté la main) pour appliquer l’accord PPCR, pourtant minoritaire au niveau des syndicats. L’incompréhension et la contrariété des syndicats opposés au PPCR ont certainement joué dans le choix de placer la mobilisation Fonction publique salariale le 26 janvier, ce qui a compliqué la mobilisation sur la réforme du collège. La direction de la FSU, au lieu de corriger le tir, continue par ses choix à se rapprocher des syndicats CFDT, UNSA et théorise même ce rapprochement.

Pour être plus sûr d’imposer ce recentrage et les reculs revendicatifs, l’exécutif a ramené la démocratie et le pluralisme dans le congrès à leur plus simple expression : limitation du temps de parole des minoritaires, non acceptation du vote des congrès départementaux contre un amendement des statuts modifiant la majorité qualifiée de 70 % pour permettre à la direction de signer tous les accords qu’elle désirera. Qu’à cela ne tienne, la direction nationale passera par le règlement intérieur pour imposer cette possibilité refusée par le vote des syndiquéEs. Et ce sur une proposition du responsable national de l’École Émancipée qui a convaincu une grande partie des déléguéEs ÉÉ de voter cette régression démocratique. L’ÉÉ était, par son poids, garante d’un minimum de démocratie dans la FSU. Avec ce vote, elle vient de se priver volontairement de la possibilité d’exercer ce contrôle. Ce qui contraint une partie de l’ÉÉ et les autres tendances minoritaires à travailler ensemble, et cela s’est vu dans les votes. Quelques textes ont été présentés en commun, notamment sur les PPCR avec URIS, dans la suite de la pétition inter-tendance sur cette question. Ce qui doit nous conduire à réfléchir collectivement sur les conséquences de ces évolutions pour les congrès du SNES et du SNUipp qui vont se tenir au printemps. À suivre donc…

Dans les pages suivantes vous trouverez une synthèse des thèmes du congrès (1) par les responsables de ces thèmes. Pour plus de détails il est possible de consulter le site www.emancipation.fr ou de se procurer notre bulletin spécial congrès FSU en le demandant à er@emancipation.fr. L’interview du camarade du SNUITAM de Mayotte est de Leïla Elyaakabi, journaliste de notre Revue dans le congrès.

Olivier Vinay

Dans le prochain numéro de L’Émancipation, nous publierons d’autres éléments des congrès FSU et SNES.

(1) Thème 1 : “Éducation, formation, culture et recherche” : relever le défi de la démocratisation
Thème 2 : La Fonction publique, pour réaliser le service public, une idée moderne
Thème 3 : Transition écologique, droits humains et justice sociale : une même urgence démocratique
Thème 4 : Le syndicalisme, la FSU, le syndicalisme international de la FSU


Brèves

2 février - Communiqué PPCR

Mise en œuvre du protocole PPCR : plus de risques que de bénéfices sur la feuille de paye (...)

1er octobre 2016 - L’évaluation en débat au CDFN de la FSU

Le projet de réforme de l’évaluation des personnels vient compléter l’ensemble des réformes qui ont (...)

2 septembre 2016 - Retrait du projet “d’évaluation” des personnels enseignants !

La mise en place de la loi de “refondation” de l’école (2013) impose la redéfinition du métier (...)