À bas la guerre, à bas l’armée

mercredi 17 février 2016

Depuis les attentats de janvier et novembre 2015, le discours militaro-sécuritaire ne cesse de se développer. L’école, avec les “protocoles Défense–Éducation nationale” qui existent depuis 1982, constitue une cible de choix.

En ce mois de janvier 2016, la fabrique du consentement est à l’œuvre : campagne publicitaire du Ministère pour inviter les jeunes à s’engager, battage médiatique au quotidien consacré à nos valeureux soldats et policiers.

Belle efficacité de cette propagande puisque plus de 70 % de la population française ferait confiance à ces deux institutions,alors que syndicats et partis recueillent moins de 30 % de “confiance”, selon l’enquête annuelle du Cevipov publiée récemment.

Les classes “défense et sécurité globale”

L’Éducation nationale apporte sa pierre à ce travail en ayant créé à ce jour, une centaine de “classes défenses et sécurité globale”(CDSG) en France.

Il s’agit d’un partenariat entre une unité militaire et une classe de collège. Né dans l’Académie de Nice à l’initiative d’une enseignante, le dispositif est intégré à la convention sur “l’égalité des chances” le 13/3/2011. Concrètement cette année, une classe de troisième du collège Léo Ferré (!) en Mayenne va correspondre toute l’année avec des militaires embarqués sur une frégate. Il s’agit de la sixième classe créée dans l’Académie de Nantes cette année ! “Il s’agit de faire un travail sur les thématiques de défense-sécurité, à raison de deux heures par semaine, pas de les préparer à entrer dans l’armée, cela s’inscrit dans la pédagogie du projet et il s’agit de proposer du neuf !” déclare l’I.A.

Quel avenir pour ces classes dans la réforme du collège ?

Ces classes – CDSG – dans une logique interdisciplinaire, seront portées par des EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires) et des heures hors grille, elles sont “des exemples remarquables s’inscrivant dans le parcours citoyen, permettant aux équipes pédagogiques de mener des projets dans le champ de la défense et de la sécurité nationale” précise une note de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire (DGESCO) datée de décembre 2015.

L’armement, une industrie florissante

Tout cela s’inscrit dans un contexte guerrier et militariste particulièrement ignoble, comme le montrent ces quelques éléments, parus dans le quotidien Ouest France (16.1.2016) qui indiquent à qui profitent les guerres en cours !

L’armement sera le premier créateur d’emploi : grâce aux exportations engrangées en 2015, le secteur va créer en France 40 000 emplois d’ici à 2018… faisant de Le Drian le ministre de l’année !

En 2015 16 milliards de vente d’armes, le double qu’en 2014, en 2012, on en était à 4,7 milliards...

48 Rafales vendus à l’Égypte et au Qatar ;frégates, hélicoptères, missiles vendus au Proche et Moyen-Orient...

Dans l’ordre des bénéficiaires : Dassault, MBDA (missiles), DCNS (arsenaux), Airbus.

Ces industriels et fournisseurs sont en train de recruter 40 000 salariéEs, très qualifiéEs ce qui porterait l’industrie de la “défense” à 200 000 emplois en 2018.

Ce n’est pas fini. Le 26 janvier, Hollande se rend en Inde pour vendre 36 Rafales, sans parler des sous-marins ; l’Arabie Saoudite, “petit client” en 2015, pour le compte du Liban (?) est intéressée par des satellites, des patrouilleurs, voire des chars Leclerc, sans oublier l’espoir de vendre des hélicoptères à la Pologne et au Koweit...

Bref, c’est la fête..!

À quand une campagne comme il y en a eu jusque dans les années 80, avec notamment, les excellents dessins de Cabu ?

Il y a urgence !

Emmanuelle Lefèvre


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