Brèves féministes (février 2016)

dimanche 21 février 2016
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Sexisme contre militantisme

Zoé Konstantopoulou, élue présidente du Parlement grec en février 2015 avec un nombre record de voix a fait l’objet d’une vraie campagne sexiste ultra-violente. À partir du moment où elle est devenue la figure de proue de l’opposition à la soumission du gouvernement Tsipras aux diktats des créditeurs de la Grèce, elle fut vilipendée, calomniée, diabolisée par tous ceux qui se rangent derrière la Troïka. Durant des mois, les grands médias du pays se sont déchainés mêlant des titres, des phrases (“délires de Zoé”, “Orang-outan mal baisée”, etc.) et des caricatures souvent obscènes.

N’est-ce pas là l’expression d’une chasse aux sorcières contemporaine ?

Pour mémoire : une chasse aux sorcières toucha par exemple l’Europe fin XVe-début XVIe siècle, dans une période de crise. Elle frappa particulièrement les femmes qui exerçaient un métier et vivaient de manière indépendante. À notre époque un sexisme larvé ou des plus abjects cherche à briser les femmes qui prennent la tête des luttes contre les politiques d’austérité ou qui osent défendre les migrants, les réfugiés, les travailleurs (hommes et femmes) victimes des politiques réactionnaires et de ceux qui en soutiennent l’application. En Grèce, le Secrétariat Général pour l’Égalité des Genres du gouvernement Tsipras est resté totalement impassible devant ce véritable lynchage sexiste alors qu’il s’est empressé de condamner l’attaque menée par un quotidien sexiste contre la Roumaine Delia Velculescu. Mais… celle-ci était chef de la mission du FMI en Grèce !

Contre toutes les formes de réaction, le militantisme des femmes est plus que jamais d’actualité.

Hélène Bertrand

De la beauf’ attitude

Hier soir madame et monsieur ont fêté la naissance de leur premier petit-fils. Madame dit qu’elle en est très heureuse et qu’elle va se “bagarrer” avec l’autre grand-mère pour la garde du bébé. Monsieur déclare qu’il a donné en matière “d’élevage”, qu’il ne sait plus comment on change un petiot et autres fadaises du même style. De toute façon, les festou-noz et la fête avant tout ! Et puis ses capacités éducatives ne sont plus ce qu’elles étaient si tant est qu’il en ait jamais eu, cela n’étant pas de son ressort.

Une de mes amies vit avec le géniteur de sa fille depuis six ans. Mais celui-ci considère que sa vie de célibataire est plus importante que tout. Aucune aide de quelque ordre que ce soit, à lui la bamboche et les p’tites pépées. Monsieur va même surfer sur les sites de rencontre estimant que sa compagne n’est qu’une “pièce rapportée”.

J’ai eu une relation amoureuse avec un ange qui s’est avéré être beaucoup plus démon qu’ange. J’aurais dû savoir que “tout flatteur vit au dépens de celle qui l’écoute”. J’étais belle, bonne danseuse, intelligente etc. Mais : trop curieuse, trop impliquée politiquement, trop lectrice, trop disponible pour mes enfants, “con comme une bitte” (en français dans le texte !) parce que voulant préparer son café dans une cafetière à l’italienne et ayant des capacités limitées dans ce domaine !

Des exemples de ce genre, il y en a “à la pelle”. Mais comme le chante Anne Sylvestre : “C’est vraiment la faute à Eve si Adam rentrait crevé, elle avait une vie de rêve, elle s’occupait des bébés, défrichait un peu la terre, semait quelques grains de blé, pétrissait bols et soupières, faisait rien de la journée”.

Que des paresseuses et des emmerdeuses, occupées à des broutilles, et guidées par leurs utérus !

Isabelle