Les origines de l’humanité

Culture
dimanche 21 février 2016

Deux livres, réédités aux éditions Flammarion en 2009, nous éclairent scientifiquement sur l’évolution de la vie et celle de l’homme, et ne laissent pas une chance à Dieu.

Les athées ont toujours beaucoup de mal à défendre leurs convictions quand il s’agit de l’évolution de la vie ou de l’homme. Car les religieux et les agnostiques placent pour les uns la main d’un dieu, pour les autres au minimum le doute dans les zones d’ombre que la science s’attache pourtant à expliquer.

Une théorie scientifique encore méconnue

L’auteur des deux livres, Josef Reichholf nous délivre des théories de l’évolution qui éclairent toutes ces zones d’ombre.

Chercheur, et méconnu des grands médias, il nous démontre pas et à pas et minutieusement, que tout est explicable dans ces deux évolutions l’une vers la vie, l’autre vers l’hominisation. Josef Reichholf a édité les deux livres dont il est question pour la première fois dans les années 1990. On peut d’ailleurs se demander très légitimement, vu l’importance de la chose, pourquoi ces théories sont méconnues de la sorte. Développées dans les deux livres, L’émancipation de la vie et L’émergence de l’homme (édition Champs sciences), elles s’appuient sur toutes les connaissances scientifiques d’aujourd’hui, jusqu’aux plus pointues (chimie, biologie, physique, géologie, anthropologie, astronomie,…), pour expliquer toutes les transitions complexes des évolutions dont il est question.

Faire reculer le poids des religions

Dans le contexte d’exacerbation religieuse, éclairer ces zones d’ombre est indispensable pour contrer la peur et l’incompréhension si adroitement instrumentalisées par tous les pouvoirs d’avant et d’aujourd’hui. Remplir les vides d’explications avec une volonté divine, pour les religieux, ou une possible éventualité d’une volonté divine pour les agnostiques, alimente religions et mysticismes. Josef Reichholf a élaboré des hypothèses tout à fait plausibles et peut tout expliquer : le passage du stade minéral au stade vivant en tenant compte entre autres des caractéristiques, aujourd’hui reconstituées, de notre planète à tel moment d’une ère géologique, mais aussi de l’évolution de celle-ci, et surtout du temps incroyablement long qui permet de rendre plausibles des transformations planétaires totales seules à même d’expliquer l’évolution de choses aussi complexes que la vie et l’évolution des espèces. Non content de questionner et relativiser le darwinisme, il parvient à développer de façon magistrale ses hypothèses d’évolution basées sur la symbiose des microorganismes, qui seraient la base de la construction des êtres vivants les plus complexes jusqu’à l’homme.

S’adapter à la planète et non la détruire

Comprendre relativise la place de l’homme dans la nature, et permet de comprendre que la détruire c’est se détruire.

On apprend que le phénomène d’hominisation, bien que tout récent par rapport à l’âge de notre planète, a déjà été victime dans l’histoire de l’humanité, de sa propre interaction avec la nature. D’abord, Reichholf nous explique pourquoi l’homme vient d’Afrique, pourquoi il a migré. On découvre dans son livre qu’il y a eu plusieurs vagues de migrations de diverses espèces humaines. Et donc qu’il y a eu plusieurs espèces d’hommes dignes de ce nom. Et certaines ont été peut-être, la cause de leur propre extinction. Ce qui, entre parenthèse, ne peut que nous alerter sur une extinction actuelle possible de l’homme. Problématique donc on ne peut plus actuelle avec le réchauffement inéluctable de la planète. D’où un intérêt renouvelé pour le travail de Josef Reichholf.

Développer la connaissance

Enfin, présenter ces deux ouvrages de vulgarisation scientifique, me semble important aujourd’hui pour tous ceux et celles qui se battent pour défendre un enseignement public de qualité et exigeant pour tous et toutes. Notre environnement se complexifie, à mesure que l’homme s’émancipe des contraintes matérielles liées à la nature dans laquelle il vit. Et pour comprendre notre évolution et celle de la vie, construire cette émancipation, et surtout ne pas “suicider” l’espèce humaine que nous sommes, nous avons besoin de plus de sciences, de plus de connaissances. Celles-ci deviennent de plus en plus pointues et requièrent plus de recherche, plus de désintéressement, donc plus de chose publique donc plus d’État. Or l’évolution de l’enseignement public au travers des lois Peillon, Fioraso etc., qui poursuivent le but d’imposer l’acquisition des compétences réductrices, au lieu des connaissances, va à l’opposé de ce qu’il est indispensable de faire. Pour sauver l’homme, il faut comprendre qu’il est indispensable de sauver la nature. Et pour cela les générations à venir et leurs services publics d’enseignement ont pour tâche d’amener tous les élèves au plus loin de leurs capacités cognitives. Il est donc fondamental de développer le disciplinaire au lieu de le diminuer, comme cela se passe actuellement avec toutes les mesures de “moins de tout” de la loi de Refondation qui s’abat sur nos écoles et établissements d’aujourd’hui.

Marie Contaux

L’émancipation de la vie , Josef H. Reichholf, Flammarion, collection champs Sciences, réédition 2009, 322 p., 8,20 €e.

L’émergence de l’homme , H. Reichholf, Flammarion, collection champs Sciences, réédition 2009, 356 p., 8,20 €e.€