Face aux droites extrêmes, et aux politiques liberticides

L’urgence, c’est la lutte !
mardi 5 janvier 2016
par  Catherine

Au lendemain du premier tour des élections régionales, c’était le choc, face aux résultats du FN. Mais les stratégies politiciennes d’entre deux tours électoraux pouvait-elles suffir à enrayer la dynamique mortifère de l’extrême droite ?

Si l’on veut lutter efficacement contre les idéologies racistes et xénophobes, contre le FN, il ne suffit pas d’en brocarder le populisme et la démagogie. Cette posture déjà ancienne n’a pas empêché la progression constante du FN depuis 15 ans. Il faut aussi s’interroger sur les surenchères, les conditions et les responsabilités qui ont banalisé les thèses de l’extrême droite et permis cette ascension :

- Qui se fait l’avocat des politiques ultralibérales et se soumet aux grands patrons capitalistes en les laissant fermer les unes à la suite des autres des entreprises pour “optimiser” leurs profits ? Qui fait sans arrêt de somptueux cadeaux aux patrons ? Qui détricote tranquillement le droit du travail et la protection sociale ?
- Qui a légitimé l’idéologie sécuritaire en envoyant sauvagement ses forces de répression dans les “quartiers”, à Sivens et Notre-Dame-des-Landes ? Qui a décrété l’état d’urgence pour trois mois, qui propose la constitutionnalisation de l’état d’urgence  ? Qui a ordonné les perquisitions au domicile et les assignations à résidence sans justification, notamment pour la COP 21 ?
- Qui a légitimé le racisme et l’exclusion en se vantant de faire mieux que Guéant et Hortefeux en termes d’expulsions de Sans Papiers ou de chasse aux Rroms et aux migrantEs ? Qui, reprenant à son compte la vieille revendication du FN, veut inscrire dans la constitution des principes discriminatoires, rappelant les lois de Vichy, en voulant imposer la déchéance de nationalité pour les binationnaux nés en France ?
- Qui se fait le gendarme du monde (capitaliste) en envoyant partout ses soldats et en vendant des armes aux grands protecteurs des libertés que sont les régimes féodaux du Golfe ?
- Quand on en est arrivé à un tel point, peut-on encore parler de “dérives” ? Infamie, imposture, trahison, ignominie, les mots ne seront pas assez durs pour celles et ceux qui croyaient en 2012 avoir voté pour une alternance politique à gauche.

Et pour nos syndicats : le refus de mener la lutte jusqu’au bout en 1995, 2003 ou 2010, l’engluement dans un “dialogue social” qui consiste à faire accepter par le monde du travail la casse sociale, ne sont-ils pas responsables du fait que la seule politique de “rupture” à laquelle les gens s’accrochent soit celle de nos pires ennemis ?

Dans un contexte aussi lourd, les responsabilités syndicales sont énormes. Et une fois de plus, dans notre secteur, outre sa gestion scandaleuse de la signature des accords PPCR, la direction de la FSU passe dramatiquement à côté des enjeux. Comment comprendre qu’elle n’ait pas signé l’appel unitaire Sortir de l’état d’urgence qui pourtant regroupe 95 associations, syndicats et collectifs nationaux ? Comment comprendre cette obstination à privilégier les grèves sectorielles de 24 heures, sans suites, au point de refuser d’appeler, encore à ce jour, toute la Fonction publique à la grève le 26 janvier ? Les directions nationales du SNES et de la FSU croient-elles sérieusement pouvoir obtenir l’abrogation de la réforme du collège avec cette seule journée de grève ? Pensent-elles que la lutte contre cette réforme est incompatible avec les luttes de l’ensemble de la Fonction publique ?

Oui, nous pouvons briser cette spirale de la politique d’austérité, de la violence économique et sociale, du racisme, du sécuritaire, de la guerre et de la barbarie, produits d’un système qui ne profite qu’à une poignée de financiers internationaux et de dirigeants de grandes entreprises. Sur toutes ces questions, comme sur ces celles de l’état d’urgence et de la déchéance de nationalité, l’urgence de la grève de touTEs les salariéEs, du public et du privé, est posée.

Raymond Jousmet

L’Émancipation syndicale et pédagogique – 4/01/2016– page 2


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