À l’article “Les limites d’un combat victorieux”

samedi 14 novembre 2015
par  Catherine

Nous tenons à faire connaître notre surprise et notre consternation à la lecture de cet article, paru dans le numéro d’octobre de la revue Émancipation. En conclusion d’une réflexion de quatre pages sur la lutte qu’ont mené les parents d’élèves, les enseignant-e-s et les élu-e-s de la commune rurale de Berrien dans le Finistère, les auteur-e-s affirment n’avoir jamais vu les membres de notre syndicat Sud éducation 29 “ni aux AG, ni aux actions”. Et les lecteurs et lectrices sont invité-e-s à en conclure implicitement que tout se serait fait sans le concours de Sud éducation.

Il est donc urgent de rétablir la vérité des faits. Tout d’abord, c’est Sud éducation qui a diffusé largement par mail et par voie médiatique le projet de la DASEN de fermer une classe de l’école Jean Caër. C’est notre ligne de conduite, et une de nos principales raisons d’avoir des élus en CTSD, de faire connaître dans toutes les écoles et les communes les projets de fermeture qui s’annoncent en instances départementales et académiques. C’est ce refus de toute rétention d’information qui nous distingue des autres OS siégeant, au grand dam de la DASEN qui nous en fait régulièrement et bruyamment le reproche depuis des années.

Dès que nous avons eu connaissance de la création du Collectif de Berrien, nous avons pris contact avec ses membres, personnels, habitant-e-s, élu-e-s et parents de la commune, nous avons échangé nos mails et informé de la lutte dans les colonnes de notre presse. Nous sommes également venu-e-s à plusieurs, un soir de semaine à au moins une heure de route de nos domiciles, quand le Collectif a fait venir le sociologue Ugo Palheta pour une soirée-débat très enrichissante. Nous avions appelé à la grève le jour du CTSD et nos élu-e-s avaient pris soin d’informer au plus tôt et régulièrement sur les dates et horaires de l’instance afin de permettre un déplacement de Berrien à Quimper sous les fenêtres de l’Inspection Académique, le 2 septembre. Plusieurs de nos représentant-e-s venu-e-s d’ailleurs ont participé à ce déplacement. Enfin, nous avons lu en début de séance une déclaration liminaire accordant une large place à la mobilisation de Berrien, dans une réflexion élargie à la problématique du maillage territorial de l’école et des services publics. Nous avons transmis cette déclaration aux interlocuteurs/trices du collectif à leur demande.

Au bout du compte, un résultat favorable pour l’école, les élèves, les collègues et la commune de Berrien. Et une expérience qui aurait valeur d’exemple, n’était ce mauvais compte-rendu qui tronque la réalité des faits pour conforter un parti-pris anti-syndical.

Nous comprenons d’autant moins cette mauvaise foi que toutes les parties agissantes à cette lutte auraient intérêt à faire vivre une solidarité combattante, au lieu de se commettre dans l’aigreur et la défiance.

Enfin, nous pouvons ajouter à cette mise au point notre inquiétude à l’annonce de ce que les signataires de l’article annoncent comme la parution d’un “Carnet de luttes” à paraître prochainement en commande à l’Association Parents d’Elèves de Berrien. Si cette interprétation des choses devait s’y retrouver, dans l’indifférence à notre intervention, la sortie de ce “Carnets de luttes” ne serait ni plus ni moins qu’un très mauvais coup porté à la construction potentielle d’un vrai mouvement populaire et solidaire en faveur des services publics sur le territoire.

SUD éducation 29

L’Émancipation syndicale et pédagogique – 2/11/2015– page 5